Nepuissent t'émouvoir, Qu'à cette tombe obscure où tu nous fais descendre Tu dises: « Garde-les, leurs cris sont superflus. Amèrement en vain l'on pleure sur leur cendre; Tu ne les rendras plus ! » Mais non ! Dieu qu'on dit bon, tu permets qu'on espère; Unir pour séparer, ce n'est point ton dessein. Tout ce qui s'est aimé, fût-ce un
Trier par catégorie Rien qu'un petit mot pour te dire que l'on ne t'oubliera pas, que l'on se souvient toujours de tes cheveux blonds, de tes yeux bleus, de ton sourire radieux. Rien qu'un petit mot pour te demander de nous aider à surmonter les rudes épreuves d'ici-bas. Pour te supplier de nous envoyer, du plus profond de ta victoire, ce petit morceau de bonheur, qui s'est perdu dans le labyrinthe de la haine. Rien qu'un petit mot pour t'implorer d'effacer les fissures, les injures, les obstacles, les incompréhensions. Pour te rappeler que l'on compte sur toi, que l'on a besoin de ta force, enfin, rien qu'un petit mot pour t'affirmer que l'on t'aime d'un amour si puissant que le plus grand palais, que le plus pur rubis, n'est, en comparaison, qu'éphémère beauté. Pierre Cocheteux Dans la forêt d'étoiles Il n'y a pas de vent, Pas de tempête noire, Ni d'orage grondant. Mais des branches qui tremblent, Des feuilles, des fruits d'or, Et des musiques d'anges Qu'on entend quand on dort. Dans la forêt d'étoiles, Où rêvent les enfants, Il n'y a que du sable Chaque nuit qui descend. Nous te cherchons partout Nous voici aujourd'hui au bord du vide Puisque nous cherchons partout Ton visage que nous avons perdu. Tu étais notre avenir Et nous avons perdu notre avenir. Tu étais des nôtres Et nous avons perdu cette part de nous-mêmes. Tu nous questionnais Et nous avons perdu ta question. Nous voici seuls Nos lèvres serrées sur nos pourquoi. Nous sommes venus ici chercher Chercher quelque chose Ou quelqu'un. Chercher... Chercher cet amour plus fort que tout. Nous te cherchons partout. Le temps qui passe Et les années qui s'effacent. Le temps qui passe Et nous laisse seuls devant la glace. Les rides au bord des yeux Et dans nos cœurs nos souvenirs. Le temps passe silencieux D'un avenir que l'on ne peut définir. Il passera le temps Il volera notre jeunesse Il volera notre vigueur d'antan A l'affût de la moindre faiblesse. Il passe et passera toujours Mais il ne volera point sa fraîcheur Ne rongera point de son cœur son amour, Ne volera point ni sa grâce ni sa douceur. Il passe et passera encore Mais ça nous est bien égal, Elle restera comme à l'aurore De sa beauté sans égal. Je me souviens de ces moments passés Quand nous parlions sans même nous soucier. Je me souviens de ces instants Qui me restent encore si présents. Des jours heureux et des heures partagées Où nous aimions la vie autant qu'on peut aimer. Je me souviens de mon passé Car ta présence, elle, est restée Dans mon cœur, dans ma vie, Dans ma douleur et dans mes cris. Je me souviens de toi De ta présence et de ta voix. Dans mon cœur, dans ma vie, Dans mes pensées, ton souvenir grandit. Je me souviens de t'avoir tant aimé Qu'à chaque instant, je ne peux t'oublier... Il y aura d'autres étés D'autres grillons feront leurs gammes dans d'autres blés On croisera sur la route d'autres dames Un autre merle inventera une chanson presque la même Un autre monsieur se trouvera là sous cet arbre où je t'aime Une petite fille qui n'est pas née encore fera une poupée en coquelicot à cet endroit précis où ton corps endormi se mêle au long bruit de l'eau On dira mais ce seront d'autres Il faudrait bien un bon coup de pluie ça ferait du bien aux récoltes Les mots feront le même bruit Mais plus personne plus personne ne se servira de mon cœur à moi ni de ta voix à toi qui résonne dans mon oreille et dans mon corps à moi. Claude Roy Pour toi, Prénom , mon épouxépouse et fidèle compagnoncompagne de nos joies et de nos épreuves en cette vie, je te redis tout mon amour. Pour nous, tes enfants, tu demeures à jamais avec nous et tu continues de nous accompagner sur nos routes. Pour toi, qui es notre grand-pèregrand-mère, nous gardons ton souvenir au plus profond de nos cœurs. Pour toi, Prénom, tes parents et amis te redisent en ce jour l'affection et l'amitié qu'ils te portent. Tous s'inspireront de l'esprit dans lequel tu as vécu, afin que leur vie sur la terre devienne plus fraternelle et plus juste. C'est dans le silence, Dans le vide, dans l'absence, Que je pense à toi, Que je te revois. J'erre sans dessein, Je cours, je fuis sans fin Notre rencontre, notre histoire, Notre amitié, ton départ. Ami, je t'aime... Vois mon cœur n'est plus le même... Penser à toi me fait souffrir, De la mémoire, je suis martyre. Mais je veux souffrir, crier, pleurer, Rêver de toi, t'imaginer. Tu es ma substance, ma nourriture. J'ai goûté une amitié si pure. Plus rien ne nous sépare... Même sans se revoir, Il y a une suite à notre histoire. On ne détruit pas une amitié si rare Par la pensée, les souvenirs, Je continuerai à la vivre. Ami, rien ne te remplacera Que tu sois beau, laid, esclave ou roi. Isabelle Jan La mort n’est rien Je suis simplement passé dans la pièce à côté. Je suis moi. Tu es toi. Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours. Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné. Parle-moi comme tu l’as toujours fait. N’emploie pas de ton différent. Ne prends pas un air solennel ou triste. Continue à rire de ce qui nous faisait vivre ensemble. Prie. Souris. Pense à moi. Prie pour moi. Que mon nom soit toujours prononcé à la maison comme il l’a toujours été. Sans emphase d’aucune sorte et sans trace d’ombre. La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié. Elle reste ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé. Pourquoi serais-je hors de ta pensée, Simplement parce que je suis hors de ta vue ? Je t’attends. Je ne suis pas loin. Juste de l’autre côté du chemin. Tu vois, tout est bien. Chanoine Henri Scott Holland 1847-1918 La mort n'est jamais complète, il y a toujours puisque je le dis puisque je l'affirme au bout du chagrin une fenêtre ouverte une fenêtre éclairée. Il y a toujours un rêve qui veille, désir à combler, faim à satisfaire, un cœur généreux une main tendue une main ouverte des yeux attentifs une vie, la vie à se partager. Paul Eluard Seigneur Jésus-Christ, ta Mère était présente au pied de ta croix, et c'était son unique enfant qu'elle perdait... Souviens-toi de sa souffrance et regarde la nôtre viens avec ta Mère nous donner du courage. Souviens-toi de son espérance et accueille la nôtre viens avec ta Mère à la rencontre de Prénom de l'enfant. Toute la joie que Prénom de l'enfant nous a donnée, découvre-la ! Tous les projets que nous avions formés, rends-les plus beaux ! Et toutes les peines que nous avons portées, qu'elles soient oubliées ! Car notre amour ne peut vouloir qu'une chose la vie que Prénom de l'enfant aura eue si courte, qu'elle continue en toi, en Dieu, près de ta Mère... Qu'à sa prière et par ta grâce nous trouvions la force de vivre, pour un jour nous retrouver tous en toi, avec Prénom de l'enfant en Dieu, près de ta Mère... Amen ! Souviens-toi, Seigneur de celle que Tu nous avais donnée et de tous ceux qu'elle a rejoints. Comme elle aimait le faire pour la rencontre, c'est elle qui nous rassemble ce matin pour célébrer son arrivée dans la Vie de Dieu. De nous tous ici rassemblés, souviens-toi, Seigneur ! De toute cette affection donnée et reçue, que Ton Amour a consacrée pour toujours, Seigneur, souviens-toi ! L'amour ne disparaît jamais L'amour ne disparaît jamais, la mort n'est rien. Je suis seulement passé dans la pièce à côté. Je suis moi, tu es toi. Ce que nous étions l'un pour l'autre nous le sommes toujours. Donne-moi le nom que tu m'as toujours donné. Parle-moi comme tu l'as toujours fait. N'emploie pas un ton différent, ne prends pas un air solennel ou triste. Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble. Prie, souris, pense à moi. Prie pour moi. Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre. La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié. Elle est ce qu'elle a toujours été. Le fil n'est pas coupé. Pourquoi serais-je hors de ta pensée simplement parce que je suis hors de ta vie... Je t'attends, je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin. Tu vois, tout est bien. Chanoine Henri Scott Holland 1847-1918 Souviens-toi, Seigneur de celle que Tu nous avais donnée et de tous ceux qu'elle a rejoints. Comme elle aimait le faire pour la rencontre, c'est elle qui nous rassemble ce matin pour célébrer son arrivée dans la Vie de Dieu. De nous tous ici rassemblés, souviens-toi, Seigneur ! De toute cette affection donnée et reçue, que Ton Amour a consacrée pour toujours, Seigneur, souviens-toi ! Pour les jours difficiles Cette nuit, j'ai eu un songe je cheminais sur la plage accompagné du Seigneur. Des traces sur le sable rappelaient le parcours de ma vie les pas du Seigneur et les miens. Ainsi nous avancions tous deux jusqu'à la fin du voyage. Parfois une empreinte unique était marquée, c'était la trace des jours les plus difficiles, des jours de plus grande angoisse, de plus grande peur de plus grande douleur... J'ai appelé " Seigneur, tu as dit que tu étais avec moi tous les jours de ma vie, j 'ai accepté de vivre avec toi. Pourquoi m'avoir laissé seul aux pires moments ? " Il m'a répondu " Mon fils, je te l'ai dit Je serai avec toi tout au long de la route. J'ai promis de ne pas te quitter. T'ai-je abandonné ? Quand tu ne vois qu'une trace sur le sable, c'est que ce jour-là c'est moi qui t'ai porté." Poème Brésilien. Une nuit, je fis un rêve Je marchais sur la plage avec mon Seigneur. Sur le ciel noir furent projetés des épisodes de ma vie, comme sur un immense écran. Et sur le sable je voyais à chaque fois deux traces de pas les miens, et ceux de mon Seigneur. Après la dernière scène de ma vie, je me retournai. Je fus surprise de voir par endroits Les traces d’une seule personne. Je me rendis compte que je traversais alors les moments les plus difficiles et les plus tristes de ma vie. Inquiète, je demandai au Seigneur Le jour où j’ai décidé de te suivre, tu m’as dit que tu marcherais toujours avec moi. Mais je découvre maintenant qu’aux pires moments de ma vie il n’y a les empreintes que d’une seule personne. Pourquoi m’as-tu abandonnée lorsque j’avais le plus besoin de toi ? » Il me répondit Mon enfant chérie, je t’aime et je ne t’abandonnerai jamais, jamais, jamais, surtout pas lorsque tu passes par l’épreuve. Là où une seule personne a marqué le sable de ses pas, c’était moi qui te portais. » Margaret Fishback Powers Canada, 10 octobre 1964 Avec pour titre original Je fis un rêve » Prière que peut dire un enfant Je ne les vois plus Quand je pense aux gens que j'ai aimés et qui sont morts, je suis triste, je suis triste de ne plus les voir... J'aimais beaucoup leur sourire et la couleur de leurs yeux. Je suis triste de ne plus jouer avec eux... On riait des heures et des heures. Je suis triste de ne plus aller dans leur maison... Elle était toujours pleine de soleil et de gaieté. Je suis triste car la mort me prive de leur présence. Et si par Toi, ils étaient toujours vivants, ces gens qui ont aimé la vie... Et si tu savais éterniser dans mon coeur la lumière de leur regard, le bonheur de leur amitié et la joie de leur accueil... Alors, avec eux, je te dirai merci, Dieu, Merci de nous faire vivre d'un amour qui ne meurt jamais. Agnès Auschitzk
Jecherche encore un poème d'amour que je ne trouve plus. Je t'aime je t'aime tant, te le dire vraiment . Nécessite du talent car je le dis souvent. J'ai un si grand besoin de te savoir heureux. Que moi je prends bien soin d'allumer tous nos feux. Dans l'eau bleue de tes yeux m'y perdre est délicieux. Toi mon bel amoureux tu éclaires nos cieux. Viennent les doux matins Si vous prenez la peine d'écouter dans le courant d'air de cette église, vous pourrez entendre ma voix qui vous dit Ne soyez pas triste, ne pleurez plus mon départ, où je me trouve maintenant, je suis bien ».Entouré de l'amour de ceux qui m'ont précédé, je ne souffre plus, mon corps me laisse enfin le repos tant demandé, fini le tourment, fini ces soins tellement désobligeants pour ma fierté. Je me repose sans douleur, sans contrainte, je n'ai pas de colère, je ne regrette vous quitte, mais je reste dans vos mémoires, pensez à moi souvent, mais ne soyez pas attristés par mon absence, je serais partout avec vous, dans les moments de peine, comme dans les moments de les villes, dans les forêts et dans les plaines, chaque fois que le vent des contraintes de la vie vous couvrira, tendez les bras vers le ciel, je vous envelopperai de mes ailes pour vous réchauffer de mon amour et chasser tous vos tracas. Date de publication ignorée. Posted on Friday, 04 November 2011 at 514 PM
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Цሄляφ βиհՕքоλዒֆи укунЕኅоዦанև врαግըСк и
Pourtoi mon que j'aime.tu souffres et je serai toujours là pour toiPour vous tous qui aimez un être en souffrance de dépression ce poème je l'ai dédié et offert à mon amije l'aime et je ne baisserai pas les bras face à cette horrible maladie qui le ronge depuis 8 ans.Pour toi mon amour et pour vous tous qui aimez et qui combattez.Il a aimé
Le deuxième témoin de la problématique du juste souffrant est un texte vraisemblablement de la période cassite et qu’on intitule diversement le Poème du Juste Souffrant ou Je veux louer le seigneur de sagesse ou même, chez les spécialistes, Ludlul bel nemeqi. Le texte est long près de 500 vers et on en a même retrouvé un commentaire à Ninive et peut-être des fragments complémentaires à toutes les tablettes retrouvées sont fragmentaires et qu’il n’existe pas de copie complète du texte, celui-ci est fort difficile à établir . Jacques Marchand a pris le parti de s’en tenir aux passages les plus sûrs de façon à éviter de prêter des intentions infondées à l’auteur. Cela paraît d’autant plus prudent que celui-ci pratique couramment une certaine inflation verbale parfois un peu confondante. Le texte est cité d’après l’édition de W. G. Lambert, Babylonian Wisdom Literature, p. 21-62, en m’aidant au besoin de la traduction de R. D. Biggs dans J. B. Pritchard, Ancient Near Eastern Texts, p. 596-600, et de la compilation française de J. Lévêque, Sagesses de Mésopotamie, p. 60-73. Je passe outre à l’introduction, une assez longue louange à Marduk n’ajoutant rien d’essentiel au texte, qui peut donc commencer au vers 43 de la première tablette. Toute cette tablette raconte dans un certain luxe de détails comment l’auteur a été abandonné, d’abord par les dieux, puis par le petit cercle de notables auquel il appartenait fièrement, et enfin par ses proches et sa famille. Il résume ainsi son sentiment profond, son déshonneur Moi qui me pavanais comme un noble, j’ai appris à passer inaperçu. De dignitaire que j’étais, me voilà devenu l’esclave. En dépit de mes nombreuses relations, je suis devenu un solitaire» I, 77-79. À cela s’ajoutent des calamités plus immédiates, telles la perte de ses biens et un malaise profond. Cette longue description prépare donc la lamentation qui suit et qui nous entraîne au cœur du problème. Dès le début de la deuxième tablette, l’auteur résume ainsi sa préoccupation centrale Où que je me tourne, c’est malheur sur malheur. Mon infortune ne fait que grandir et je ne peux obtenir justice. J’ai appelé mon dieu [le dieu personnel], mais il n’a pas montré son visage; j’ai prié ma déesse, mais elle n’a pas levé la tête» II, 2-5. Puis, après avoir reconnu l’inutilité de ses recours aux incantations, à la divination et à la magie, l’auteur entreprend d’élaborer la problématique qui va dominer tout le texte, celle du juste souffrant. Ce passage est évidemment crucial pour notre propos et j’en cite tous les extraits pertinents en écartant quelques redites et insistances superflues Comme un homme qui n’aurait pas apporté d’offrandes à son dieu ou qui n’aurait pas invoqué sa déesse à table, qui n’aurait pas incliné son visage et aurait ignoré les prosternations […], comme un homme qui serait devenu confus et aurait oublié son seigneur ou juré par son dieu à la légère en un serment solennel comme un tel homme je suis traité. Moi, pourtant, j’ai été fidèle à la supplication et à la prière; la prière était mon rempart et le sacrifice ma règle. […] Je croyais pourtant savoir que ces choses sont agréables au dieu! Mais ce qui semble correct pour soi-même peut être une offense pour le dieu, ce qui semble méprisable dans le cœur d’un homme peut sembler juste au dieu. Qui peut connaître la volonté des dieux dans le ciel? Qui peut comprendre les desseins des dieux du monde souterrain? Où les mortels ont-ils jamais appris la voie du dieu? Celui qui était vivant hier est mort aujourd’hui. Celui qui était abandonné à l’instant se retrouve soudain tout heureux. […] Dans la prospérité, ils songent à se hisser jusqu’aux cieux, dans l’adversité, ils redoutent la descente aux enfers. Je me suis inquiété de ces choses mais n’en saisis pas le sens» II, 12-48. L’argumentation de l’auteur se ramène à ceci je suis traité comme quelqu’un qui n’a pas honoré les dieux; or je les honore constamment; donc il y a un malentendu entre moi et les dieux et, par suite, je ne comprends pas bien ce qu’ils attendent de moi, ce qui de fait est le lot commun. Conclusion je ne comprends pas. Autrement dit il y a un problème grave, du moins qui entraîne des conséquences personnelles très graves, mais je ne détiens pas la réponse à ce problème car les attentes des dieux à mon endroit m’échappent et je n’ai aucun moyen de les connaître. Ainsi, l’auteur voit clairement sa situation les dieux l’abandonnent et il se retrouve dans l’infortune la plus totale, mais à aucun moment il ne se tourne contre les dieux pour se révolter contre leur traitement ou les accuser de quoi que ce soit; il reconnaît simplement que l’attitude religieuse habituelle ne donne pas les résultats attendus dans son cas, et cela l’amène à une seconde conclusion plus lourde mais tout à fait conséquente, à savoir que son attitude, bien que courante et même traditionnelle, ne correspond pas nécessairement aux exigences des dieux et qu’il n’a en fin de compte aucun moyen de s’assurer de ce que sont ces exigences. L’impasse est totale. Que faire? Quelle stratégie établir dans une situation où des vérités essentielles nous échappent? Suivons l’auteur pas à pas. Il semble bien acculé au fatalisme pur et simple et, de fait, il se contente, pendant toute la seconde moitié de la deuxième tablette, de reprendre le fil du récit de ses malheurs, rapportant à peu près tout ce qui lui arrive à des persécutions démoniaques et terminant sa longue tirade par un constat désespéré Mon mal dépasse les capacités de l’exorciste et les présages ont confondu le devin. L’exorciste n’a pu détecter la nature de mon malaise ni le devin pu fixer un terme à mon mal. Mon dieu n’est pas venu à mon secours en me prenant par la main et ma déesse ne m’a montré aucune pitié en marchant à mes côtés. La tombe est ouverte et le mobilier funéraire déjà prêt pour moi; avant même que je meure, ma lamentation s’achève. Tout le pays a dit de moi “Comme cet homme est brisé!”» II, 108-116. Jusqu’ici l’auteur n’ajoute rien à son argumentation, bien qu’il nous rende sa situation plus perceptible et ses malheurs plus présents. À mon sens, on franchit un pas décisif avec la troisième tablette. Dès le début, sans autre transition, il rapporte tout ce qui lui arrive à la colère de Marduk et avoue très clairement qu’il ne peut attendre de salut que de son dieu Sa main a pesé lourd sur moi, je ne peux la supporter. La terreur qu’il m’inspire est angoissante […]. Sa force […] porte une tornade [une inondation]. […] La maladie cruelle ne me quitte pas, […] égare mon esprit. Jour et nuit pareillement je gémis; dans les moments de veille et de sommeil, je me sens défait» III, 1-8. Mais, au moment où le juste semble toucher le fond du désespoir, une lueur apparaît par le biais de rêves prémonitoires; comme on le sait, ces rêves ont valeur divinatoire et sont envoyés par les dieux. Le premier est trop obscur pour être interprété et le second se réduit à une cérémonie de purification et d’incantation iii, 21-28. L’auteur qui semblait avoir renoncé aux pratiques magiques et exorcistiques reprend pied grâce à elles. On est ainsi prêt pour le troisième rêve qui, lui, me paraît parfaitement transparent d’abord, une sorte de déesse lui apporte des mots de consolation, puis, un prêtre vient pratiquer une cérémonie incantatoire devant le fidèle et conclut par ces mots Marduk m’a envoyé. À Subsi-mesre-sakkan [l’auteur], j’ai apporté la prospérité, des mains pures de Marduk, j’apporte la prospérité» III, 42-44. L’auteur ajoute aussitôt foi au message divin Ainsi Marduk m’a confié aux mains de ce ministre. Dès la levée du jour, il a envoyé son message et montré des présages favorables aux gens de mon entourage. Dans la maladie […]; ma maladie cessa brusquement et mes chaînes furent brisées» III, 45-49. Ces signes de délivrance opèrent comme par magie et le reste de la troisième tablette se passe à libérer progressivement le fidèle de tous les démons et de tous les maux qui l’affligeaient. On se retrouve donc dans des descriptions qui rappellent les rituels d’exorcisme et les prières qui les accompagnent. Il n’y a vraiment rien à chercher de ce côté pour nous. Quant à la quatrième tablette, qui est loin d’être établie de façon incontestable, elle peut se ramener à une action de grâces à Marduk qui n’ajoute rien non plus à l’argumentation de base de l’auteur. Il vaut sans doute mieux reporter tout commentaire général après l’examen de notre dernier texte. Il est toutefois évident que la réflexion du juste souffrant est demeurée dans des limites très restreintes et que cela devrait tout naturellement nous amener à nous demander ce qui rend si difficile, pour un juste souffrant de Mésopotamie, de concevoir une réflexion radicale sur la justice divine et le principe de rétribution. La Théodicée babylonienne. Ce texte, parfois intitulé le Dialogue acrostiche et plus souvent la Théodicée babylonienne, est notre troisième et dernier témoin de la problématique du juste souffrant. Il est habituellement daté un peu plus tardivement que les autres, quelque part entre -1000 et -750, mais il demeure indéniablement un des grands textes canoniques de la sagesse mésopotamienne, à l’égal de tous les autres. Il se composait originellement de 27 strophes de 11 vers chacune, mais il ne nous reste que les 8 premières et les 6 dernières strophes, ce qui nous condamne à une appréciation moins assurée de l’ensemble. Reste que le texte est sans surprise et assurément très homogène si l’on se fie à la rigueur de sa construction formelle et à la progression quasi systématique que laisse entrevoir son argumentation subsistante. Les éditions utilisées sont les mêmes que pour le texte précédent W. G. Lambert, R. D. Biggs dans J. B. Pritchard, et J. Lévêque — avec beaucoup de circonspection. Commençons par cerner le format général du texte. L’ensemble constitue un dialogue soutenu entre le juste souffrant et un de ses amis, chaque strophe représentant de façon alternée l’intervention de l’un des protagonistes. Tout au long du texte, les amis débattent de façon extrêmement attentive et respectueuse, ce qui donne une certaine impression de quête méthodique de la vérité et hausse ainsi le texte au plus haut niveau dans toute la littérature du genre. En outre, il est vite évident que le fait de proposer un dialogue entre deux amis permet à l’auteur, tout comme dans le Livre de Job, de proposer deux argumentations opposées et de les pousser au bout de leur logique d’un côté, il y a le juste souffrant, un prêtre incantateur affligé par toutes sortes de souffrances et de malheurs, qui est tenté par le pessimisme et même un certain scepticisme assez radical; de l’autre, son ami, un sage traditionnel, qui prétend se porter à la défense de la théologie» mésopotamienne établie que son compère met à mal. Mais comme on va le voir, le parallèle entre Job et notre serviteur souffrant ne s’arrête pas là, et les commentateurs s’entendent généralement pour déceler une filiation très nette entre le Dialogue acrostiche et le Livre de Job. Il vaut donc la peine de l’analyser de très près. À la première strophe, le juste souffrant commence par ancrer son plaidoyer dans sa situation personnelle. C’est un enfant tard venu qui par surcroît a perdu très vite ses parents et a dû vivre sans soutien ni protection. Il se confie donc à son très sage ami et en attend réconfort et conseil Où trouver le conseiller à qui confier ma souffrance? Je suis réduit à néant; l’angoisse m’a assailli» vers 6-8. À la deuxième strophe, le confident se contente de le ramener à la raison en lui enjoignant à ne pas s’appesantir sur ses malheurs vers 12-15 et en considérant que sa situation n’a rien d’exceptionnel ni de si défavorable vers 16-20. Naturellement, les strophes sont courtes et les arguments très condensés, parfois sans lien détectable entre eux; le genre utilisé contraint l’auteur à une approche parfois impressionniste. L’ami conclut ses remarques en faisant un saut important qui résume sans doute tout le débat à ses yeux Celui qui se tourne vers son dieu comme vers un ange protecteur, l’homme humble qui craint sa déesse atteindra la prospérité» vers 21-22. Bref, tout se ramène au principe de rétribution car les dieux peuvent tout pour leur fidèle. Mais l’affligé s’estime incompris et aspire à être entendu d’une autre oreille vers 25-26. La troisième strophe marque une surenchère importante dans la description de ses malheurs Mon corps est une ruine, la maigreur m’assombrit, mon succès s’est envolé, mon assurance est disparue. Ma force s’est affaiblie, ma prospérité n’est plus, mélancolie et plainte ont jeté un masque douloureux sur mon visage» vers 27-30. La plainte s’achève dans un constat amer Comment retrouver une vie heureuse? Je ne vois pas d’issue» vers 33. On peut sous-entendre ici que les dieux ne peuvent plus rien pour le juste souffrant mais, au stade actuel, ils ne sont même pas mentionnés; à mon sens, c’est ce silence même qui est significatif. À la quatrième strophe, le sage reprend à nouveau son ami et le semonce respectueusement; le texte est lacunaire mais le sens général apparaît tout de même assez clairement si tu es juste et pieux, ton dieu prendra pitié et t’accordera ce que tu souhaites. En fin de compte, les strophes 3 et 4 ne sont que la reprise amplifiée des strophes 1 et 2 alors que l’affligé semble ne plus rien attendre des dieux, son ami le reprend et lui signifie qu’il faut au contraire tout attendre d’eux. Les attitudes étant ainsi polarisées, il reste à en rendre compte. La véritable argumentation peut commencer. Le premier argument du juste souffrant, à la cinquième strophe, est déjà radical et de niveau très général le spectacle de la nature et de la société contredit cette croyance en la justice rétributive des dieux. La concision de l’auteur est admirable L’onagre, l’âne sauvage, qui se rassasie de […], a-t-il jamais prêté attention à celui qui rend les oracles infaillibles des dieux? Le lion féroce qui dévore toujours les meilleures parts de viande, a-t-il jamais apporté l’offrande de farine pour apaiser la colère de la déesse? […] Le nouveau riche qui a décuplé ses richesses, a-t-il jamais pesé de l’or précieux à la déesse Mami? [Ai-je] jamais refusé d’amener des offrandes? J’ai prié mon dieu et j’ai béni les sacrifices que j’apportais sans cesse à ma déesse» vers 48-55. L’ami essaie de réfuter cet argument par un contre-argument classique et de portée tout aussi générale on ne connaît pas les plans divins et on ne peut donc juger la manière dont les dieux rétribuent; mais le développement concret de cet argument fait problème, car on voit bien que le sage ne se situe pas sur le même plan que l’affligé du fait qu’il consent à ne pas comprendre ce qui se passe et à reporter les rétributions dans un avenir incertain. Le texte mérite d’être cité; il s’adresse d’abord au palmier, merveille de richesse et de résistance Tu es aussi stable que la terre, mais les plans des dieux sont lointains [inscrutables]. Regarde l’âne sauvage sur la steppe la flèche atteindra celui qui parcourt les champs. Considère, veux-tu, le lion que tu as mentionné, l’ennemi du bétail à cause du crime qu’il a commis, la fosse l’attend. Le nouveau riche qui empile les richesses, il sera brûlé au lieu désigné par le roi et finira prématurément. Désires-tu suivre le chemin que ceux-là ont suivi? Recherche plutôt la récompense durable de ton dieu» vers 58-66. La septième strophe complète l’argument avancé dans la cinquième et nous ramène au vrai problème du juste souffrant non seulement les méchants ne sont pas punis pour leurs crimes, mais même les bons sont châtiés en dépit de leur vertu. On arrive ici au cœur du problème Ceux qui négligent leur dieu connaissent la prospérité, tandis que ceux qui prient leur déesse sont appauvris et dépossédés. Dans ma jeunesse, j’ai cherché à suivre la volonté de mon dieu; dans la prière et les supplications j’ai recherché ma déesse. Mais j’ai porté comme un joug un service sans profit. Mon dieu a décrété pour moi le dénuement plutôt que la richesse. Un infirme me surclasse, un médiocre passe devant moi; la crapule obtient des promotions tandis que je suis abaissé» vers 70-77. Ainsi, pour la première fois, le principe de rétribution est contesté radicalement dans une argumentation condensée et complète. Les dieux sont sur la sellette. L’auteur ne dramatise pas, il ne se révolte pas, il ne se plaint même pas il analyse froidement la situation et se pose calmement en critique de l’absolutisme religieux. L’embarras du confident dans la huitième strophe me semble manifeste malgré les importantes lacunes du texte. Pour la première fois, il accuse son interlocuteur de méchanceté et de sacrilège et tombe dans l’argumentation ad hominem Mon ami juste et savant, tes pensées sont perverses. Tu es devenu injuste et tu blasphèmes contre les desseins divins. Dans ton esprit tu songes à rejeter les décrets des dieux» vers 78-80. Le reste de la strophe est très mutilé, mais on croit comprendre qu’alors que précédemment le traditionaliste avait joué sur l’inscrutabilité des plans divins, il les tient maintenant pour clairs et dominants. Les fragments les moins illisibles affirment Les plans divins […] comme au centre du monde. […] Saisir les intentions divines. […] Leurs raisons nous sont proches» vers 82-87. La discussion s’interrompt brutalement ici. Entre la neuvième et la vingt-deuxième strophe, il ne reste que des lambeaux de texte très difficiles à situer. Le peu qui reste donne de plus en plus l’impression d’un dialogue de sourds. À la douzième strophe, l’ami évoque les bienfaits d’une vie de piété, entre les mains d’un dieu, tandis que l’affligé rétorque, à la treizième, qu’il n’aspire plus qu’à une vie retirée et même errante Je vais quitter ma maison. […] Je renonce à toute propriété. […] Je vais délaisser le culte de mon dieu [le dieu personnel] et me libérer de tous ses rites. […] Je vais prendre la route et m’en aller errer au loin. […] Comme un voleur je vais rôder à travers le pays. J’irai de maison en maison et soulagerai ma faim; affamé, je chercherai partout et je courrai à travers les rues» vers 133-141. Ce qui s’achève sur ces simples mots Le bonheur est loin…» vers 143. Naturellement, une attitude aussi radicale et même désespérée est considérée comme déraisonnable par le traditionaliste strophe 14 et surtout 20, qui ne cède pas d’un pouce sur sa foi fondamentale en la rétribution divine. Lorsque la discussion suivie reprend à la vingt-deuxième strophe, l’ami semble en voie de nuancer sa position de départ. Il commence par affirmer que le méchant finit toujours par être puni mais semble plus circonspect en ce qui concerne la récompense du juste À moins de te conformer à la volonté de ton dieu, comment peux-tu atteindre le succès? Celui qui se soumet au joug de son dieu ne manque jamais de nourriture, même si elle n’est pas abondante. Recherche le souffle favorable de ton dieu et ce que tu as perdu sur un an te sera compensé en un instant» vers 239-242. Mais cette concession paraît bien mince et ne semble pas modifier le moins du monde le sombre cours des pensées du juste souffrant. Les déclarations de la strophe 23 semblent sans appel Je regarde partout autour de moi mais on nage dans le désordre et la confusion. Les dieux ne barrent même pas la route aux démons» vers 243-244. Et plus clairement encore Qu’ai-je gagné à me prosterner devant les dieux? Je dois encore m’humilier devant les gens de rien que je croise; les riches et opulents me traitent avec mépris, comme un homme de rien» vers 251-253. À la vingt-quatrième strophe, le traditionaliste revient avec insistance sur l’inscrutabilité des décrets divins et en tire une interprétation assez arbitraire qui le conforte dans sa position pourquoi, en effet, l’incompréhension des hommes donnerait-elle une plus-value aux rétributions divines, et comment, dès lors, peut-on prétendre juger dans une perspective humaine si elles seront justes ou non, avantageuses ou non? La strophe suivante est sans lien détectable avec la précédente. Le juste souffrant insiste cette fois sur un aspect négligé du débat peu importe que le riche et le puissant soient des gens de mérite ou soient même favorisés par les dieux, ce qui importe c’est leur statut et la considération qu’il leur confère. Le sens de l’argument est clair et montre bien que les choses de ce monde ne dépendent pas des dieux autant que le traditionaliste se plaît à le croire On fait grand cas des paroles d’un puissant qui est familier de la violence ou du meurtre, mais on rabaisse le faible qui n’est coupable de rien. On accrédite la position du méchant qui déteste la vérité, mais on écarte l’honnête homme qui se conforme à la volonté divine» vers 267-270. Devant cet argument somme toute bien connu et assez peu dérangeant pour un absolutiste convaincu, la réplique devrait être simple et sans équivoque même si nous ne saisissons pas toujours le cours du destin, il finit toujours par frapper les impies. Mais on a l’impression ici que l’auteur cherche une conclusion acceptable aux deux parties, devant un débat qui s’annonce sans issue. C’est peut-être ce qui explique le virage inattendu de la vingt-sixième strophe. On se rappelle qu’à la vingt-deuxième l’ami commençait à en rabattre sur la question de la rétribution positive, reconnaissant que les récompenses divines à l’endroit du juste ne sont pas toujours à la hauteur de sa vertu vers 239-240; or, cette fois, c’est sur la question de la rétribution négative qu’il en rabat, reconnaissant que les méchants ne subissent pas toujours le sort qu’on aimerait leur voir subir. À vrai dire, l’accord du traditionaliste face au juste souffrant est presque trop facile et sent un peu la connivence On se prononce solennellement en faveur d’un homme riche “C’est un roi, affirme-t-on, la richesse est de son côté!” Mais on maltraite un pauvre homme comme un voleur, on le calomnie et on complote pour le tuer, lui faisant subir tous les torts comme un criminel parce qu’il ne jouit d’aucune protection» vers 281-285. Mais il faut voir à quel prix une telle entente inespérée est acquise. Il suffit d’analyser la strophe pour se rendre compte que l’argument du traditionaliste repose sur une croyance bien ancrée chez les Mésopotamiens et que cette croyance est reprise par lui sans le moindre esprit critique [Les dieux] ont gratifié l’humanité d’un langage retors. Ils l’ont dotée pour toujours non de la vérité mais du mensonge» vers 279-280. À la suite de cette concession tout de même assez massive, peut-être le juste souffrant a-t-il enfin l’impression d’être compris et peut-être reprend-il quelque peu espoir. C’est ce qu’exprime en tout cas assez clairement la vingt-septième et dernière strophe Tu es bon, mon ami; supporte ma plainte. Aide-moi, vois ma détresse, reconnais mon accablement. Moi, bien que soumis, juste et suppliant, je n’ai reçu ni aide ni secours, à aucun moment» vers 287-290. Puis, à la fin Que le dieu qui m’a abandonné m’accorde son aide. Que la déesse qui m’a abandonné me prenne en pitié» vers 295-296. Il convient de bien montrer, pour terminer notre analyse, ce que cette conclusion a de surprenant et même de déconcertant. Il faut commencer par reconnaître que le juste souffrant, à la dernière strophe, ne donne pas explicitement son accord à son ami, mais qu’il se contente de trouver quelque motif de réconfort dans ses paroles et de reprendre quelque peu espoir face aux dieux qui l’ont délaissé. Faut-il comprendre qu’il se réjouit de l’entente commune sur la position qu’il a émise à la vingt-cinquième strophe et que l’ami corrobore à la suivante? Or cette position n’a rien de si réconfortant puisqu’elle revient à affirmer que la loi du plus fort l’emporte généralement et que les gens injustes et impies échappent au châtiment attendu dans la mesure où leur richesse et leur pouvoir les mettent à l’abri des lois et même de la rétribution divine. Ce qui achève de nous confondre, c’est l’argument que l’ami sert au juste souffrant pour fonder leur commun accord si les hommes sont méchants et retors, c’est que les dieux les ont ainsi faits. Au scepticisme du juste souffrant s’ajoute maintenant le fatalisme du traditionaliste. Mais dès lors, comment croire que des dieux qui ont permis et même mis en place la méchanceté humaine puissent ensuite la punir? À mon sens, le débat tourne ici à la confusion les dieux doivent assumer la double tâche de maintenir la justice et de créer des hommes en les destinant à être injustes. Ici, deux destins s’entrechoquent et les dieux sont menacés des pires incohérences par des humains qui ne savent plus comment rendre compte de leur condition de vie et de leur croyance religieuse. Ainsi, d’un côté, si le juste souffrant a persisté dans sa mise en question du principe de rétribution et dans son constat tragique de l’abandon des dieux en dépit de sa piété et de sa vertu, il reste qu’il ne trouve rien de mieux à faire, au bout du compte, que d’implorer l’aide divine qui semble bien représenter sa seule chance de salut; mais, de l’autre côté, celui qui avait cherché à maintenir le principe d’une justice rétributive des dieux contre vents et marées finit à son tour par mettre le doigt sur la difficulté la plus fondamentale de tout ce débat et par reconnaître bien malgré lui que l’être humain, tel qu’il a été créé par les dieux, n’a aucun droit à la justice divine mais doit au mieux se contenter de quêter la grâce qui le sauvera malgré sa nature de pécheur et son incompréhension des desseins divins. Évidemment, cette notion de grâce est à peine effleurée dans le texte et cela n’a rien pour nous surprendre, puisque nous savons que la relation fondamentale de l’homme mésopotamien à son dieu n’en est pas une de confiance aveugle ni d’amour inconditionnel. Mais j’estime tout de même que la logique de l’argumentation conduit bon gré mal gré dans cette direction en raison même de la problématique mise en place. Si l’homme est foncièrement un pécheur, par destination divine, et si les plans marqués par le destin ou par les dieux lui échappent sans recours, que lui reste-t-il sinon l’humble attente et la supplication? Car derrière ces deux admissions décisives, il s’en cache une troisième plus décisive encore et qui est à la racine de l’absolutisme religieux, à savoir que ce sont les dieux et les dieux seuls qui mènent le jeu et que, même s’il semble absurde de croire en leur sollicitude bienveillante, c’est la seule issue qui reste au croyant de par la construction même qu’il a mise en place. Si les dieux ont créé l’homme pécheur, pourquoi voudraient-ils le sauver? Par surcroît, si l’homme ne comprend rien à leur justice rétributive, pourquoi se condamnerait-il à une attente sans espoir? Et en dernière analyse, si le croyant est conscient de n’avoir aucune autre possibilité de salut et de bonheur que par l’aide gracieuse des dieux, pourquoi maintient-il une construction qu’il a lui-même mise en place et qui le condamne à l’impuissance du pécheur, à l’incompréhension du croyant et au pessimisme fataliste ou au scepticisme désespéré qui sont les deux seules positions théologiques» possibles selon le texte? Au bout de notre examen de l’Épopée de Gilgamesh*, nous avons été contraints de reconnaître que l’absolutisme héroïque constituait une possibilité bien réelle de l’expérience mésopotamienne même si ce choix nous est apparu comme inéluctablement voué à l’échec, par la construction même de la situation et la logique profonde de son développement; ce héros n’aboutissait pas à la gloire qu’il avait convoitée, sinon une gloire tragique, acquise au prix de la défaite et du malheur, et revendiquée au-delà de toute raison et par la seule volonté du héros d’être reconnu inconditionnellement et par-delà sa déchéance. Dans le cas du héros de l’absolutisme religieux, la construction est analogue et le dénouement tout à fait comparable. Le juste souffrant est ce sage qui conçoit le projet proprement héroïque de revendiquer sa vertu tout comme Gilgamesh revendique honneur et gloire et qui veut forcer les dieux à le reconnaître non pas gracieusement et arbitrairement mais bien pour son mérite inconditionnel. Tout se passe donc comme si la vertu devait porter sa récompense en elle-même et qu’il était possible de dépasser son statut de pécheur qui attend tout de la grâce divine, et d’humain qui ne comprend pas les plans divins sur son destin. Or, bien sûr, un tel projet est par principe voué à l’échec, puisque la vertu ne peut être récompensée que par les dieux dans le cadre de l’absolutisme religieux et que le jugement que le juste souffrant porte sur lui-même doit être entériné par les dieux pour avoir une valeur quelconque. À cet égard, le texte de la Théodicée babylonienne demeure d’une cohérence impeccable car, dans la dernière strophe, l’affligé persiste à clamer son innocence et sa vertu même s’il est forcé d’admettre qu’il attend une confirmation de tout cela de la part des dieux. Et tout comme il n’y a qu’un seul cas clair d’absolutisme héroïque Gilgamesh, il n’y a qu’un seul cas incontestable d’héroïsme dans l’absolutisme religieux le juste souffrant de la Théodicée babylonienne. Ces positions d’exception ne pourront être appréciées à leur juste valeur que dans le cadre de la vision du monde où elles ont pris naissance. Nous disposons maintenant de tous les éléments pour prendre une telle vue d’ensemble sur la sagesse ou le projet éthique mésopotamien, et c’est ce que je vais m’efforcer de faire en conclusion. Mais auparavant, je me propose, dans la courte section qui suit, de parachever mon enquête sur les sagesses du Proche-Orient asiatique et d’examiner de façon succincte ce que la civilisation syrienne en particulier est susceptible d’y apporter de nouveau. La conclusion pourra ensuite prendre valeur de bilan, puisqu’elle portera sur l’ensemble de la sagesse archaïque examinée dans ce livre et dans le livre précédent.
Mourirpour ne plus jamais souffrir Souffrir de ne pas t’avoir à mes côtés Toi qui disais tant m’aimer toi qui m’as quitté Essayer de sourire me fait souffrir Souffrir ne me donne pas envie de sourire Que faire pour revivre, moi qui aimait la vie ? J’aimais la vie seulement quand tu en faisais parti Maintenant je suis comme dans un long couloir
Nos derniers poèmes Poème de Paolarosa Guerre qui es-tu ? GUERRE! Tu m'as rendu orpheline Tu m'as arraché mes parents Ceux que j'aimais Et maintenant je suis seule dans cette vie GUERRE ! Tu m'as rendu perclus Et maintenant Me voici dans une chaise roulante Me voici avec des béquilles Me voici handicap Me voici privé de beaucoup de choses GUERRE ! Qui es tu ? Pour faire beaucoup de mal Pour faire autant souffrir GUERRE ! Je te détestais Je te déteste Je te détesterais toujours. pauledompey Poème de Kiss80700 Le matin où je t'ai vu J'ai tout de suite su Que je te voulais Mais toi Tu avait un copain Un jour lui et toi s'est tu Alors j'ai voulu Tenter ma chance auprès de toi Mais tu me repousse Je ne sais que faire Je suis perdu Je ne veut que ton bonheur Et toi tu fais perdre le miens Pourtant il y a en moi Cet amour qui jamais ne cessera Je t'aime pour l'éternité. Poème de Dipsy Je sais que tu m'es inaccessible Que notre amour est impossible J'ai essayé d'avoir ton coeur Mais tu l'avais déjà mis ailleurs Tu le lui as donné Sans même me regarder Et moi je suis rester là le souffle coupé Et les morceaux de mon coeur éparpiller Mais arrête de me torturer Et dis-moi la vérité M'aimes-tu vraiment M'aimes-tu autant Je sais que je n'ai aucune chance Que j'y gagne que des souffrance Que je pers mon temps avec toi Et que tu ne céderas jamais pour moi Mais il y a du bon car au moins Je peux te regarder de loin Même si parfois Elle se trouve dans tes bras Poème de Coriandre Nostalgie Humer l'odeur de pâtisserie Flottant dans la cuisine Est un régal pour les narines ! Ce petit gâteau moelleux Au chocolat fondant, Encore tiède dedans, Ravive mes papilles gustatives Si souvent brimées Par trop de mets déshydratés. Où est passé le savoir faire d'autrefois où l'on travaillait la pâte avec les doigts ? Nul besoin de robot ménager Pour pétrir à pleines mains La boule de pâte au levain ! Et en un tournemain, La délicieuse pâtisserie prenait corps Lovée dans un moule aux somptueux décors ! Aujourd'hui, les main sont en reste C'est l'appareil qui fait le geste. coriandre91 Poème de Jessyka Adieu Dominique je te vois même si tu n`est plus la tu est partie si vite que j'en suis encore triste mes pensées sont encore fragile quand je pense a toi je suis encore fébrile tu resteras dans mon coeur même si toi tu est ailleurs protège moi de là-haut et aide moi a avancée encore plus haut avec tout l'amour que tu avait pour moi je te tiens les bras et je rêve toujours a toi je prendrez soin de moi jusqu'a se qu'on se revois la bas pour mon chum qui est décédée le 15 avril 2007 je t'aime fort doum je ne t'oublierai jamais jessykaminguy Poème de Lapetitesolene Souffrances La première fois que je t'es vu Tu m'a tapé dans l'œil Et c'est la que j'ai su Oublié mon orgueil. Je suis allée vers toi J'ai appris à te connaître Et quand tu m'as pris dans tes bras Je me suis senti renaître. Puis tu m'as embrassé Tu me disais que tu m'aimais J'ai compris que j'allais galérer Lorsque tu as commencé a m'oublier. Aujourd'hui je souffre Depuis qu'on est venu me voir Oh mon Dieu quel désespoir Je suis tombé au fond d'un gouffre. J'en est marre de souffrir Qu'ais-je fait pour mériter Tout ce que toi Sounir Tu m'as fais endurer ? Poème de Leucosia Rouge sont mes ailes Depuis que je me sens mortel Rouge sont mes yeux Depuis que je suis malheureux Noir sont mes pensées Depuis que tu as cesse de m'aimer Noir sont mes souvenirs Depuis que je ne souhaite que mourir Rouge est le sang que mes veines ont déversé Depuis que tu m'as quitte Rouge est ma colère Depuis que je suis sous terre Noir est mon cour Depuis que tu m'as dit de partir Noir est ma vie Depuis que tu n'es plus mon bonheur leucosia Poème de Armelle23 Encore une nuit blanche qui se froisse, Les yeux brûlés de fatigue et d'angoisse, Tout est si calme dehors, passent les heures, Ma tête ressasse chacun de mes doutes et mes peurs. A quoi tout cela sert, à rien, je le sais bien, Mais cette illusion à arrêter je ne parviens, Ruminations intellectuelles, tenter vainement De trouver une place dans ce monde débilitant. Prisonnière de la triste incohérence de mes pensées, Violent mutisme qui me fait perdre l'envie même d'exister, Il me faudra bien trouver le chemin du courage pour détruire Le miroir de mon inconscient, sans fuir, ou s'enfuir... Les bleus au coeur jamais vraiment ne disparaissent, Au mieux espérer qu'au fil des jours ils ne s'estompent, Mais devant tant d'incompréhension, que de tristesse, Désemparée, j'aimerai tant croire que c'est mon âme qui se trompe apiacenti Poème de Anouchka Sur le répondeur , j'écoute encore ta voix Douce et sécurisante ,pleine de tendresse Elle me rend triste et me rassure à la fois J' ai besoin de l'entendre sans cesse Et je rage , pourquoi tu ne décroches pas Je sais tu n'es plus là J'ai envie de te parler Qu'on se dispute qu'on se raccroche au nez Qu'on se rappelle et qu'on regrette Que l'on se dise que l'on s' aime Un an tu es partie Aujourd'hui je suis mère Tu n'as pas su que j'attendais mon fils Tu n'as pas su que tu allais être grand mère Je sais tu t'es battue comme un lion Jusqu'au dernier soupir Nous avons eu cette seconde chance de te dire Combien nous avions besoin de toi et comme nous t'aimions Mais trop courte était ce temps De là où tu es Je sais que tu es là Je sais que tu sais Je t'aime maman Poème de Tim T'es partie Devant l'amour comme devant la mort il ne sert a rien d'être fort Il m'a fallut une seconde pour t'aimer Il me faudra une éternité pour t'oublier T'es rentré dans mon coeur comme lorsqu'une étoile apparaît dans le ciel par magie Et en un rien de temps,t'as illuminé ma vie de milles joies Tu m'as appris à aimer,a croire que dans ce monde de fous le bonheur existe. Mais t'as oublié de m'apprendre a ne plus t'aimer Le malheur de t'avoir perdue n'effacera jamais le bonheur de t'avoir connue Quand mon coeur ne battra plus Il cessera de t'aimer, mais âme,elle continuera a t'aimer au-delà des cieux fatimsount2002 Poème de Youma Ainsi soit-il Ses regards, ses mots et ses gestes M'ont envoûté comme le chant d'une sirène. Dans l'éclat de ses yeux j'ai vu l'amour Qu'elle me chantait et le désir d'être mienne. Alors, comme chargé de leste, Sombrant sans même songer au retour, Je me laissais submerger par mes émotions. Je laissais mon cour lui parler D'une passion attisée par ses mots. Je me suis épris d'elle sans faire attention Oubliant qu'à cause de tout mes maux, Comme une terre sellée Depuis dix années, l'amour m'était interdit. Oui je l'aime et sans crainte je le lui ai dit. Certains ne comprennent pas ma romance. Je m'implique beaucoup trop à leur sens. Mais ici bas la vie est courte, Je veux en jouir coûte que coûte. J'avoue m'être attaché bien vite Pourtant, même si coule le sang de mon âme, Le regret ne me touche nullement. Il est trop tard pour que j'évite De souffrir de l'amour que j'ai pour cette femme, La source de mes joies et mes tourments. Même si elle a dit ces trois mots merveilleux, Bientôt elle s'envolera Sans que ses sentiments ne la retiennent. Au-delà de l'océan, à mil lieux, Loin de moi, elle s'en ira Sans que mon cour en larme ne la freine. chat-astrof Poème de Ehpssiiit Ne jamais oublier Jamais je n'oublierai cette soirée, cette première soirée sans toi dans la maison. Jamais je n'oublierai ce coup de téléphone Jamais je n'oublierai le désespoir qui se promenait dans toutes les pièces. Jamais je n'oublierai les larmes de mes parents et de ma soeur Jamais je n'oublierai ces cris de pleurs de ma grand-mère quand j'allais dormir chez elle. Jamais je n'oublierai ces souvenirs heureux que j'ai passé avec toi Jamais je n'oublierai ces moments passés seul dans ma chambre à penser à toi Jamais je n'oublierai les jours après ton départ vers les cieux, les jours tristes. Jamais je n'oublierai cette blessure dans mon coeur Jamais je ne t'oublierai. JAMAIS roadsign27 Poème de Youma Maux d'un cour en larme Tant de choses à dire que les mots me manques Pour exprimer le mal qui me heurt. Ma souffrance Me flagelle comme une volée que me flanque Une main acharnée à remplir son office Au sein de mon esprit mon âme et ma chair. J'ai pleuré, crié et même dis des prières Pour ne pas perdre ces choses qui me réjouissent. Mais, la destiné se moque de moi je pense. J'ai été embrasé par une flamme intense Qui m'a ravagée d'une si belle manière Que mon cour ne cesse de pleurer son absence... Le regret me bouleverse car, à mon sens, Ma douce Amour méritait plus que cette esquisse Que je lui ai offerte un soir de lune claire... Ces dernier mois on été pareil à l'enfer Pour mon cour assassiné par cette distance. Sa voix, son regard et sa chaleur me manque. Je la désir jusqu'au plus profond de ma chair. Depuis que mes lèvres ont goûté les délices De cet amour, la vie sans elle est un supplice... chat-astrof Poème de Forever Suicide à la falaise Seuls devant la falaise Mon corps s'imprègne d'un malaise Mon âme est entrain de partir Dans un long soupir Je tombe vers le fond Dans ce gouffre si profond Je vois la lumière Mais quelque chose m'attire en arrière Je sombre dans les profondeurs Etrangement je n'ai pas peur Ai je réussi à me suicider? C'est donc ici que je vais sombrer Pour l'éternité ... Poème de Youma À mes bourreaux Futiles sont les mots et veines les prières S'ils ne s'abouchent à une âme qui puisse ouïr Les maux de la chair qui sortie de la poussière Et fut chassé de l'éden qui pouvait réjouir. Il n'est point utile de feindre le délice Quand l'amertume persiste et peine à choir. Si la rancœur est, qu'elle se face voir Sans retenue quitte à leur percer les iris. Je croyais être à l'abri mais je fus frappé Par une main vicieuse, fourbe et maligne. Je ne pourrais nier que j'eusse été ébranlé Mais face aux bourreaux, je ne puis courber l'échine. En hommage à ce jour ou je me fis damner Sans explication, bientôt sans faire de mine, Je soulagerai ma douleur en aparté. chat-astrof Poème de Laura 16 Tu es parti Le ciel t'a emporté, Sans moi tu es parti, Dans un autre monde, Dont je ne sais rien Tu es tellement loin de moi, Mais toujours là, Gravé dans mon coeur, Tu le seras Tu m'accompagneras, Partout où il faudra, Que je surmonte, Tant d'épreuves sans toi Tu me manque tellement, Que je ne cesserai jamais, De penser à toi, Car tu es toujours en moi Ce poème est fait pour toi, Ca ne sont que des mots, Mais c'est ce que je ressens, En ce moment, Et tout le temps... Tu me manque énormément... laurathebest16 Poème de Nympetamine Tout à l'heure je regardais une glace, Je l'ai scruté, comme un amoureux, Tous ces petits coins, tel un jeu. Et là, le doute est là, il m'enlace. Je me regardai, sans reflet, C'était frais, Tellement d'effet, Ce sentiment grandissait. Et une goutte se mit à couler, Sa route, continuer, Moi pleurer, Toujours assis, à la fixer, Où suis-je, me vint cette question, Qui suis-je, il y a-t-il une réponse ? Et je suis là, sur une chaise basse, En train de lécher une glace tel un con ! victoria0696

déc je te dis ces quelques mots, car je me suis perdue contre ta peau tu veux me quitte r, tu veux t'en aller mais on n'oublie pas comme ça je je veux te répéter. cette phrase qui t'a marquée « ma vie n'est rien sans toi. ne me quitte pas » mais tu es

Si vous souhaitez lire ou relire les poèmes français les plus célèbres et les plus beaux sur le thème de deuil, vous êtes au bon endroit. Un poème peut être un excellent moyen d'exprimer ses condoléances suite à un décès en l'écrivant sur une carte par exemple. Bien que l’art soit subjectif, j’ai tenté de sélectionner des poèmes incontournables en me basant sur mes préférences personnelles et leur présence dans plusieurs anthologies de la poésie française que j’ai pu lire. Demain, dès l’aube de Victor Hugo est possiblement le poème le plus célèbre sur le deuil. Publié dans le recueil Les Contemplations 1856, il se compose de trois quatrains d’alexandrins en rimes croisées. Ce poème autobiographique s’adresse à sa fille décédée à laquelle il rend visite annuellement. Voici le meilleur de la poésie sur le deuil. Nous avons également une page dédiée aux poèmes sur la mort si vous cherchez d'autres poèmes sur un thème similaire. 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Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombeUn bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. Amitié Fidèle - Nicolas Boileau Parmi les doux transports d'une amitié fidèle,Je voyais près d'Iris couler mes heureux jours Iris que j'aime encore, et que j'aimerai toujours,Brûlait des mêmes feux dont je brûlais pour elle Quand, par l'ordre du ciel, une fièvre cruelleM'enleva cet objet de mes tendres amours ;Et, de tous mes plaisirs interrompant le cours,Me laissa de regrets une suite éternelle. Ah ! qu'un si rude coup étonna mes esprits !Que je versais de pleurs ! que je poussais de cris !De combien de douleurs ma douleur fut suivie ! Iris, tu fus alors moins à plaindre que moi Et, bien qu'un triste sort t'ait fait perdre la vie,Hélas ! en te perdant j'ai perdu plus que toi. L'Adieu - Guillaume Apollinaire J’ai cueilli ce brin de bruyèreL’automne est morte souviens-t’enNous ne nous verrons plus sur terreOdeur du temps brin de bruyèreEt souviens-toi que je t’attends La nuit n'est jamais complète - Paul Éluard La nuit n’est jamais y a toujours puisque je le dis,Puisque je l’affirme,Au bout du chagrin,une fenêtre ouverte,une fenêtre y a toujours un rêve qui veille,désir à combler,faim à satisfaire,un cœur généreux,une main tendue,une main ouverte,des yeux attentifs,une vie la vie à se partager. La mort n’est rien - Charles Péguy La mort n’est rien,je suis seulement passé, dans la pièce à suis moi. Vous êtes que j’étais pour vous, je le suis toujours. Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné,parlez-moi comme vous l’avez toujours pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel ou à rire de ce qui nous faisait rire ensemble. Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi. Que mon nom soit prononcé à la maisoncomme il l’a toujours été,sans emphase d’aucune sorte,sans une trace d’ombre. La vie signifie tout ce qu’elle a toujours fil n’est pas serais-je hors de vos pensées,simplement parce que je suis hors de votre vue ?Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin. Vous voyez, tout est bien. Ce que c'est que la mort - Victor Hugo Ne dites pas mourir ; dites naître. voit ce que je vois et ce que vous voyez ;On est l'homme mauvais que je suis, que vous êtes ;On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ;On tâche d'oublier le bas, la fin, l'écueil,La sombre égalité du mal et du cercueil ;Quoique le plus petit vaille le plus prospère ;Car tous les hommes sont les fils du même père ;Ils sont la même larme et sortent du même vit, usant ses jours à se remplir d'orgueil ;On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe,On monte. Quelle est donc cette aube ? C'est la suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnuVous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu,Impur, hideux, noué des mille nœuds funèbresDe ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres ;Et soudain on entend quelqu'un dans l'infiniQui chante, et par quelqu'un on sent qu'on est béni,Sans voir la main d'où tombe à notre âme méchanteL'amour, et sans savoir quelle est la voix qui arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sentFondre et vivre ; et, d'extase et d'azur s'emplissant,Tout notre être frémit de la défaite étrangeDu monstre qui devient dans la lumière un ange. Tristesse - Alfred de Musset J'ai perdu ma force et ma vie,Et mes amis et ma gaieté ;J'ai perdu jusqu'à la fiertéQui faisait croire à mon génie. Quand j'ai connu la Vérité,J'ai cru que c'était une amie ;Quand je l'ai comprise et sentie,J'en étais déjà dégoûté. Et pourtant elle est éternelle,Et ceux qui se sont passés d'elleIci-bas ont tout ignoré. Dieu parle, il faut qu'on lui seul bien qui me reste au mondeEst d'avoir quelquefois pleuré. Consolation à Idalie sur la mort d'un parent - Tristan L’Hermite Puisque votre Parent ne s'est peu dispenséDe servir de victime au Démon de la guerre C'est, ô belle Idalie, une erreur de penserQue les plus beaux Lauriers soient exempts du tonnerre. Si la Mort connaissait le prix de la valeurOu se laissait surprendre aux plus aimables charmes,Sans doute que Daphnis garanti du malheur,En conservant sa vie, eût épargné vos larmes. Mais la Parque sujette à la Fatalité,Ayant les yeux bandés et l'oreille fermée,Ne sait pas discerner les traits de la Beauté,Et n'entend point le bruit que fait la Renommée. Alexandre n'est plus, lui dont Mars fut jaloux,César est dans la tombe aussi bien qu'un infâme Et la noble Camille aimable comme vous,Est au fond du cercueil ainsi qu'une autre femme. Bien que vous méritiez des devoirs si constants,Et que vous paraissiez si charmante et si sage,On ne vous verra plus avant qu'il soit cent ans,Si ce n'est dans mes vers qui vivront davantage. Par un ordre éternel qu'on voit en l'universLes plus dignes objets sont frêles comme verre,Et le Ciel embelli de tant d'Astres diversDérobe tous les jours des Astres à la Terre. Sitôt que notre esprit raisonne tant soit peuEn l'Avril de nos ans, en l'âge le plus tendre,Nous rencontrons l'Amour qui met nos cœurs en feu,Puis nous trouvons la Mort qui met nos corps en cendre. Le Temps qui, sans repos, va d'un pas si léger,Emporte avecque lui toutes les belles choses C'est pour nous avertir de le bien ménagerEt faire des bouquets en la saison des roses. Epitaphe - Mathurin Regnier J'ai vécu sans nul pensement,Me laissant aller doucementA la bonne loi naturelle,Et si m'étonne fort pourquoiLa mort daigna songer à moi,Qui n'ai daigné penser à elle. Épitaphe - Paul Scarron Celui qui ci maintenant dortFit plus de pitié que d’envie,Et souffrit mille fois la mortAvant que de perdre la vie. Passant, ne fais ici de bruit,Prends garde qu’aucun ne l’éveille Car voici la première nuitQue le pauvre Scarron sommeille. Ballade sur le trépas de Bertrand Du Guesclin - Eustache Deschamps Souche d'honneur et arbre de vaillance,Coeur de lion plein de hardiesse,La fleur des preux et la gloire de France,Victorieux et hardi combattant,Sage en vos actions et bien entrepenant,Souverain homme de guerre,Vainqueur de gens et conquérant de terre,Le plus vaillant qui jamais fût en vie,Chacun pour vous doit se vêtir de noirPleurez, pleurez, fleur de chevalerie O Bretagne, pleure ton espérance,Normandie, fais son enterrement,Guyenne aussi et Auvergne avance-toi maintenantEt Languedoc, recherche ses Champagne, et OccidentDoivent pour pleurer aller chercherLes Tragédiens, ou la nymphe AréthuseQui fut convertie en eau par ses pleursAfin qu`à tous de sa mort le coeur se serre;Pleurez, pleurez, fleur de chevalerie Hé! homme d'armes, gardez le souvenirDe votre père, dont vous êtiez l'enfant;Le bon Bertrand qui tant eut de puissance,Qui vous aimait si amoureusementGuesclin est mort, priez dévotementQu'il puisse gagner le paradis;Celui qui n'en fait dueil ni ne prie se du monde une limière est partieDe tout honneur il était la source directePleurez, pleurez, fleur de chevalerie. Comme on voit sur la branche Comme on voit sur la branche est un poème de Pierre de Ronsard du recueil Sur la mort de Marie 1578. Ce sonnet en alexandrins est écrit à la demande du roi Henri III après le décès de sa maitresse Marie de Clèves en 1574 mais rendrait aussi hommage à Marie Dupin dont le poète était épris et qui mourut en 1573. Comme on voit sur la branche au mois de Mai la roseEn sa belle jeunesse, en sa première fleurRendre le ciel jaloux de sa vive couleur,Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,Embaumant les jardins et les arbres d’odeur Mais battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur,Languissante elle meurt feuille à feuille déclose Ainsi en ta première et jeune nouveauté,Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes. Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses. Las ! Mort, qui t'a fait si hardie - Charles d'Orléans Las ! Mort, qui t'a fait si hardieDe prendre la noble PrincesseQui était mon confort, ma vie,Mon bien, mon plaisir, ma richesse !Puisque tu as pris ma maîtresse,Prends-moi aussi son serviteur,Car j'aime mieux prochainementMourir que languir en tourment,En peine, souci et douleur ! Las ! de tous biens était garnieEt en droite fleur de jeunesse !Je prie à Dieu qu'il te maudie,Fausse Mort, pleine de rudesse !Si prise l'eusses en vieillesse,Ce ne fût pas si grand rigueur ;Mais prise l'as hâtivement,Et m'as laissé piteusementEn peine, souci et douleur ! Las ! je suis seul, sans compagnie !Adieu ma Dame, ma liesse !Or est notre amour departie,Non pourtant, je vous fais promesseQue de prières, à largesse,Morte vous servirai de cœur,Sans oublier aucunement ;Et vous regretterai souventEn peine, souci et douleur. Dieu, sur tout souverain Seigneur,Ordonnez, par grâce et douceur,De l'âme d'elle, tellementQu'elle ne soit pas longuementEn peine, souci et douleur ! J’ai écrit ton nom - Paul Eluard J’ai écrit ton nom sur le sable,Mais la vague l’a gravé ton nom sur un arbre,Mais l’écorce est incrusté ton nom dans le marbre,Mais la pierre a enfoui ton nom dans mon cœur,Et le temps l’a gardé. Tu peux partir - Anonyme Tu peux partir……Tu resteras toujours présent dans ma vieavec tout ce que tu m'as donné, enseigné, témoigné….. L'avenir a le pouvoir de nous éloigner physiquement,mais il n'a pas la force de me priver de ce que j'ai reçu de toi. Peut-être m'obligera-t-il à t'apprivoiser dans une nouvelle présence,mais jamais il ne m'interdira de me réjouir de ce que je conserve de nous. Rien, non rien ne peut altérer ce que nous avons vécu de beau ensemble. Les relations sont comme des rêves Elles meurent seulement le jour où on les abandonne. Tu es parti, mais tu habites ce que je suis devenue…. Et je garde au fond de mon cœur l'espérance de tes bras dans notre ultime rencontre. Quand je ne serai plus là - Anonyme Quand je ne serai plus là, lâchez-moi !Laissez-moi partirCar j’ai tellement de choses à faire et à voir !Ne pleurez pas en pensant à moi ! Soyez reconnaissants pour les belles annéesPendant lesquelles je vous ai donné mon amour !Vous ne pouvez que devinerLe bonheur que vous m’avez apporté ! Je vous remercie pour l’amour que chacun m’a démontré !Maintenant, il est temps pour moi de voyager un court moment vous pouvez avoir de la confiance vous apportera réconfort et consolation. Nous ne serons séparés que pour quelques temps !Laissez les souvenirs apaiser votre douleur !Je ne suis pas loin et et la vie continue !Si vous en avez besoin, appelez-moi et je viendrai ! Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là,Et si vous écoutez votre cœur, vous sentirez clairementLa douceur de l’amour que j’apporterai ! Quand il sera temps pour vous de partir,Je serai là pour vous accueillir,Absent de mon corps, présent avec Dieu ! N’allez pas sur ma tombe pour pleurer !Je ne suis pas là, je ne dors pas ! Je suis les mille vents qui soufflent,Je suis le scintillement des cristaux de neige,Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,Je suis la douce pluie d’automne,Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,Je suis l’étoile qui brille dans la nuit ! N’allez pas sur ma tombe pour pleurerJe ne suis pas là, je ne suis pas mort. Les yeux - René-François Sully Prudhomme Les yeux est un poème célèbre de René-François Sully Prudhomme paru dans le recueil Stances et poèmes 1865. Il se compose de cinq quatrains en octosyllabes aux rimes croisées. Le poète y fait un lien entre les yeux et la mort. La vie est brève et la mort est un passage vers une autre existence. Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;Ils dorment au fond des tombeaux,Et le soleil se lève encore. Les nuits, plus douces que les jours,Ont enchanté des yeux sans nombre ;Les étoiles brillent toujours,Et les yeux se sont remplis d'ombre. Oh ! qu'ils aient perdu leur regard,Non, non, cela n'est pas possible !Ils se sont tournés quelque partVers ce qu'on nomme l'invisible ; Et comme les astres penchantsNous quittent, mais au ciel demeurent,Les prunelles ont leurs couchants,Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent. Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,Ouverts à quelque immense aurore,De l'autre côté des tombeauxLes yeux qu'on ferme voient encore. Plainte - Philippe Desportes Depuis six mois entiers que ta main courroucéeSe retira, Seigneur, de mon âme oppressée,Et me laissa débile au pouvoir des malheurs,J'ai tant souffert d'ennuis, qu'hélas ! je ne puis direComment mes tristes yeux aux pleurs ont pu suffire,Aux complaintes ma bouche et mon cœur aux douleurs. Je n'y vois point de cesse, et ma peine cruelle,Que le temps dût vieillir, sans fin se renouvelle,Poussant maint rejeton épineux et tranchant;Une nuit de fureurs rend horrible ma vie,Le déconfort me suit, encor que je le fuie,Et la raison me fuit, plus je la vais cherchant. O Dieu ! mon seul refuge et ma guide assurée,Peux-tu voir sans pitié la brebis égarée,Etonnée, abattue, à la merci des sens,Qui, comme loups cruels, tâchent de s'en repaître?Presque le désespoir s'en est rendu le maître,L'effrayant de regards et de cris menaçants. N'abandonne ton œuvre, ô Dieu plein de clémence!Si je t'ai courroucé par trop d'impatience,Plaignant de mes plus chers l'infortuné trépas;Si je me suis maté d'excessive tristesse,Excuse des mortels l'ordinaire faiblesse Seigneur, tu es parfait et l'homme ne l'est pas. Toi-même, ô souverain, notre unique exemplaire,Quand tu vis ton ami dans le drap mortuaire,L'œil clos, les membres froids, pâle et défiguré,Ne te pus garantir de ces piteux alarmes;Les soleils de tes yeux furent baignés de larmes,Et du Dieu de la vie un corps mort fut pleuré. Moi donc qui ne suis rien qu'un songe et qu'un ombrageSe faut-il étonner en ce terrible orage,Si ce qui t'a touché m'a du tout emporté?Si pour un de tes pleurs, j'ai versé des rivières?Toi, soleil flamboyant, seul père des lumières,Moi, nuage épaissi, moite d'obscurité? Quand de marbre ou d'acier mon âme eût été faite,Las! eussé-je pu voir tant d'amitié défaite,Sans me dissoudre en pleurs, sans me déconforterVoir de mon seul espoir les racines séchéesEt les plus vives parts de moi-même arrachées,Mon cœur sans se douloir l'eût-il pu supporter? Je n'y pense jamais et j'y pense à toute heureSans maudire la mort, dont la longue demeureAprès vous, chers esprits, me retient tant premier entré dans ce val misérable Il me semble, ô Seigneur ! qu'il était raisonnableQue, le premier de tous, j'en délogeasse aussi. Mais en tous ces discours vainement je me fonde;Tu les avais prêtés et non donnés au monde,Et as pu comme tiens à toi les ! je le sais bien, mais ma faible natureTrouve pourtant, Seigneur, cette ordonnance dure,Et ne peut sur son mal d'appareil endurer. Plaise-toi l'augmenter de force et de courage;Sers de guide à mes pas, fends l'ombre et le nuage,Qui m'a fait égarer si longtemps de mon bien,Et surtout, ô bon Dieu, donne à mon impuissanceOu moins de passion, ou plus de patience,Afin que mon vouloir ne s'éloigne du tien. Donne que les esprits de ceux que je soupireN'éprouvent point, Seigneur, ta justice et ton ire;Rends-les purifiés par ton sang précieux,Cancelle leurs péchés et leurs folles jeunesses,Fais-leur part de ta grâce, et, suivant tes promesses,Ressuscite leurs corps et les mets dans les cieux. Tu peux pleurer son départ - Anonyme Tu peux pleurer son départOu tu peux sourire parce qu’elle a vécuTu peux fermer les yeux et prier pour qu’elle revienneOu ouvrir les yeux et voir qu’elle est partieTon cœur peut être vide de ne plus la voirOu il peut être rempli de l’amour qu’elle a partagéTu peux tourner le dos à demain et vivre le passéOu tu peux être heureux pour demain à cause du passéTu peux te souvenir d’elle et seulement qu’elle n’est plusOu tu peux chérir sa mémoire et la laisser vivreTu peux pleurer et te renfermer, être vide et tourner le dosOu tu peux faire ce qu’elle aurait voulu, sourire, ouvrir les yeux, aimer et aller de l’avant. Quand je partirai - Anonyme Maintenant que je suis parti, laissez-moi allerMême s’il me restait encore des choses à voir et à route ne s’arrête pas vous attachez pas à moi à travers vos heureux de toutes les années passées ensemble. Je vous ai donné mon amour,Et vous pouvez seulement deviner combien de bonheur vous m’avez vous remercie pour l’amour que vous m’avez témoignéMais il est temps maintenant que je poursuite ma route. Pleurez-moi quelques temps, si pleurer il vous ensuite, laissez votre peine se transformer en joieCar c’est pour un moment seulement que nous nous séparonsBénissez donc les souvenirs qui sont dans votre cœur. Je ne serai pas très loin, car la vie se poursuitSi vous avez besoin de moi, appelez-moi, je viendraiMême si vous ne pouvez me voir ou me serai près de si vous écoutez avec votre cœur,Vous percevrez tout mon amour autour de vous dans sa douceur et sa clarté. Et puis, quand vous viendrez à votre tour par ici,Je vous accueillerai avec le sourireEt je vous dirai bienvenue chez nous». Je n’ai plus que les os - Pierre de Ronsard Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,Décharné, dénervé, démusclé, dépulpé,Que le trait de la mort sans pardon a frappé,Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble. Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé ;Adieu, plaisant Soleil, mon œil est étoupé,Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble. Quel ami me voyant en ce point dépouilléNe remporte au logis un œil triste et mouillé,Me consolant au lit et me baisant la face, En essuyant mes yeux par la mort endormis ?Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,Je m’en vais le premier vous préparer la place. La tombe dit à la rose - Victor Hugo La tombe dit à la rose - Des pleurs dont l'aube t'arroseQue fais-tu, fleur des amours ?La rose dit à la tombe - Que fais-tu de ce qui tombeDans ton gouffre ouvert toujours ? La rose dit - Tombeau sombre,De ces pleurs je fais dans l'ombreUn parfum d'ambre et de tombe dit - Fleur plaintive,De chaque âme qui m'arriveJe fais un ange du ciel ! L'aube est moins claire - Victor Hugo L'aube est moins claire, l'air moins chaud, le ciel moins pur ;Le soir brumeux ternit les astres de l' longs jours sont passés ; les mois charmants ! voici déjà les arbres qui jaunissent !Comme le temps s'en va d'un pas précipité !Il semble que nos yeux, qu'éblouissait l'été,Ont à peine eu le temps de voir les feuilles vertes. Pour qui vit comme moi les fenêtres ouvertes,L'automne est triste avec sa bise et son brouillard,Et l'été qui s'enfuit est un ami qui dit cette voix qui dans notre âme pleure,Adieu, ciel bleu ! beau ciel qu'un souffle tiède effleure !Voluptés du grand air, bruit d'ailes dans les bois,Promenades, ravins pleins de lointaines voix,Fleurs, bonheur innocent des âmes apaisées,Adieu, rayonnements ! aubes ! chansons ! rosées ! Puis tout bas on ajoute ô jours bénis et doux !Hélas ! vous reviendrez ! me retrouverez-vous ? À Théophile Gautier - Victor Hugo Ami, poète, esprit, tu fuis notre nuit sors de nos rumeurs pour entrer dans la gloire ;Et désormais ton nom rayonne aux purs qui t’ai connu jeune et beau, moi qui t’aimais,Moi qui, plus d’une fois, dans nos altiers coups d’aile,Éperdu, m’appuyais sur ton âme fidèle,Moi, blanchi par les jours sur ma tête neigeant,Je me souviens des temps écoulés, et songeantA ce jeune passé qui vit nos deux aurores,A la lutte, à l’orage, aux arènes sonores,A l’art nouveau qui s’offre, au peuple criant oui,J’écoute ce grand vent sublime évanoui. Fils de la Grèce antique et de la jeune France,Ton fier respect des morts fut rempli d’espérance ;Jamais tu ne fermas les yeux à l’ à Thèbes, druide au pied du noir menhir,Flamine aux bords du Tibre et brahme aux bords du Gange,Mettant sur l’arc du dieu la flèche de l’archange,D’Achille et de Roland hantant les deux chevets,Forgeur mystérieux et puissant, tu savaisTordre tous les rayons dans une seule flamme ;Le couchant rencontrait l’aurore dans ton âme ;Hier croisait demain dans ton fécond cerveau ;Tu sacrais le vieil art aïeul de l’art nouveau ;Tu comprenais qu’il faut, lorsqu’une âme inconnueParle au peuple, envolée en éclairs dans la nue,L’écouter, l’accepter ; l’aimer, ouvrir les cœurs ;Calme, tu dédaignais l’effort vil des moqueursÉcumant sur Eschyle et bavant sur Shakespeare ;Tu savais que ce siècle a son air qu’il respire,Et que, l’art ne marchant qu’en se transfigurant,C’est embellir le beau que d’y joindre le l’on t’a vu pousser d’illustres cris de joieQuand le Drame a saisi Paris comme une proie,Quand l’antique hiver fut chassé par Floréal,Quand l’astre inattendu du moderne idéalEst venu tout à coup, dans le ciel qui s’embraseLuire, et quand l’Hippogriffe a relayé Pégase ! Je te salue au seuil sévère du chercher le vrai, toi qui sus trouver le l’âpre escalier. Du haut des sombres marches,Du noir pont de l’abîme on entrevoit les arches ;Va ! meurs ! la dernière heure est le dernier aigle, tu vas voir des gouffres à ton gré ;Tu vas voir l’absolu, le réel, le vas sentir le vent sinistre de la cimeEt l’éblouissement du prodige olympe, tu vas le voir du haut du ciel,Tu vas du haut du vrai voir l’humaine chimère,Même celle de Job, même celle d’Homère,Âme, et du haut de Dieu tu vas voir esprit ! Grandis, plane, ouvre tes ailes, va ! Lorsqu’un vivant nous quitte, ému, je le contemple ;Car entrer dans la mort, c’est entrer dans le templeEt quand un homme meurt, je vois distinctementDans son ascension mon propre je sens du sort la sombre plénitude ;J’ai commencé la mort par de la solitude,Je vois mon profond soir vaguement s’étoiler ;Voici l’heure où je vais, aussi moi, m’en fil trop long frissonne et touche presque au glaive ;Le vent qui t’emporta doucement me soulève,Et je vais suivre ceux qui m’aimaient, moi, œil fixe m’attire au fond de l’ cours. Ne fermez pas la porte funéraire. Passons ; car c’est la loi ; nul ne peut s’y soustraire ;Tout penche ; et ce grand siècle avec tous ses rayonsEntre en cette ombre immense où pâles nous ! quel farouche bruit font dans le crépusculeLes chênes qu’on abat pour le bûcher d’Hercule !Les chevaux de la mort se mettent à hennir,Et sont joyeux, car l’âge éclatant va finir ;Ce siècle altier qui sut dompter le vent contraire,Expire ô Gautier ! toi, leur égal et leur frère,Tu pars après Dumas, Lamartine et antique est tarie où l’on rajeunissait ;Comme il n’est plus de Styx il n’est plus de dur faucheur avec sa large lame avancePensif et pas à pas vers le reste du blé ;C’est mon tour ; et la nuit emplit mon œil troubléQui, devinant, hélas, l’avenir des colombes,Pleure sur des berceaux et sourit à des tombes. Trois ans après - Victor Hugo Il est temps que je me repose ;Je suis terrassé par le me parlez pas d'autre choseQue des ténèbres où l'on dort ! Que veut-on que je recommence ?Je ne demande désormaisA la création immenseQu'un peu de silence et de paix ! Pourquoi m'appelez-vous encore ?J'ai fait ma tâche et mon travaillait avant l'aurore,Peut s'en aller avant le soir. A vingt ans, deuil et solitude !Mes yeux, baissés vers le gazon,Perdirent la douce habitudeDe voir ma mère à la maison. Elle nous quitta pour la tombe ;Et vous savez bien qu'aujourd'huiJe cherche, en cette nuit qui tombe,Un autre ange qui s'est enfui ! Vous savez que je désespère,Que ma force en vain se défend,Et que je souffre comme père,Moi qui souffris tant comme enfant ! Mon œuvre n'est pas terminée,Dites-vous. Comme Adam banni,Je regarde ma destinée,Et je vois bien que j'ai fini. L'humble enfant que Dieu m'a ravieRien qu'en m'aimant savait m'aider ;C'était le bonheur de ma vieDe voir ses yeux me regarder. Si ce Dieu n'a pas voulu cloreL'œuvre qu'il me fit commencer,S'il veut que je travaille encore,Il n'avait qu'à me la laisser ! Il n'avait qu'à me laisser vivreAvec ma fille à mes côtés,Dans cette extase où je m'enivreDe mystérieuses clartés ! Ces clartés, jour d'une autre sphère,Ô Dieu jaloux, tu nous les vends !Pourquoi m'as-tu pris la lumièreQue j'avais parmi les vivants ? As-tu donc pensé, fatal maître,Qu'à force de te contempler,Je ne voyais plus ce doux être,Et qu'il pouvait bien s'en aller ? T'es-tu dit que l'homme, vaine ombre,Hélas ! perd son humanitéA trop voir cette splendeur sombreQu'on appelle la vérité ? Qu'on peut le frapper sans qu'il souffre,Que son cœur est mort dans l'ennui,Et qu'à force de voir le gouffre,Il n'a plus qu'un abîme en lui ? Qu'il va, stoïque, où tu l'envoies,Et que désormais, endurci,N'ayant plus ici-bas de joies,Il n'a plus de douleurs aussi ? As-tu pensé qu'une âme tendreS'ouvre à toi pour se mieux fermer,Et que ceux qui veulent comprendreFinissent par ne plus aimer ? Ô Dieu ! vraiment, as-tu pu croireQue je préférais, sous les cieux,L'effrayant rayon de ta gloireAux douces lueurs de ses yeux ? Si j'avais su tes lois moroses,Et qu'au même esprit enchantéTu ne donnes point ces deux choses,Le bonheur et la vérité, Plutôt que de lever tes voiles,Et de chercher, cœur triste et pur,A te voir au fond des étoiles,Ô Dieu sombre d'un monde obscur, J'eusse aimé mieux, loin de ta face,Suivre, heureux, un étroit chemin,Et n'être qu'un homme qui passeTenant son enfant par la main ! Maintenant, je veux qu'on me laisse !J'ai fini ! le sort est vient-on rallumer sans cesseDans l'ombre qui m'emplit le cœur ? Vous qui me parlez, vous me ditesQu'il faut, rappelant ma raison,Guider les foules décrépitesVers les lueurs de l'horizon ; Qu'à l'heure où les peuples se lèventTout penseur suit un but profond ;Qu'il se doit à tous ceux qui rêvent,Qu'il se doit à tous ceux qui vont ! Qu'une âme, qu'un feu pur anime,Doit hâter, avec sa clarté,L'épanouissement sublimeDe la future humanité ; Qu'il faut prendre part, cœurs fidèles,Sans redouter les océans,Aux fêtes des choses nouvelles,Aux combats des esprits géants ! Vous voyez des pleurs sur ma joue,Et vous m'abordez mécontents,Comme par le bras on secoueUn homme qui dort trop longtemps. Mais songez à ce que vous faites !Hélas ! cet ange au front si beau,Quand vous m'appelez à vos fêtes,Peut-être a froid dans son tombeau. Peut-être, livide et pâlie,Dit-elle dans son lit étroit "Est-ce que mon père m'oublieEt n'est plus là, que j'ai si froid ?" Quoi ! lorsqu'à peine je résisteAux choses dont je me souviens,Quand je suis brisé, las et triste,Quand je l'entends qui me dit "Viens !" Quoi ! vous voulez que je souhaite,Moi, plié par un coup soudain,La rumeur qui suit le poète,Le bruit que fait le paladin ! Vous voulez que j'aspire encoreAux triomphes doux et dorés !Que j'annonce aux dormeurs l'aurore !Que je crie "Allez ! espérez !" Vous voulez que, dans la mêlée,Je rentre ardent parmi les forts,Les yeux à la voûte étoilée...- Oh ! l'herbe épaisse où sont les morts ! À Villequier - Victor Hugo Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres,Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux ;Maintenant que je suis sous les branches des arbres,Et que je puis songer à la beauté des cieux ; Maintenant que du deuil qui m'a fait l'âme obscureJe sors, pâle et vainqueur,Et que je sens la paix de la grande natureQui m'entre dans le cœur ; Maintenant que je puis, assis au bord des ondes,Emu par ce superbe et tranquille horizon,Examiner en moi les vérités profondesEt regarder les fleurs qui sont dans le gazon ; Maintenant, ô mon Dieu ! que j'ai ce calme sombreDe pouvoir désormaisVoir de mes yeux la pierre où je sais que dans l'ombreElle dort pour jamais ; Maintenant qu'attendri par ces divins spectacles,Plaines, forêts, rochers, vallons, fleuve argenté,Voyant ma petitesse et voyant vos miracles,Je reprends ma raison devant l'immensité ; Je viens à vous, Seigneur, père auquel il faut croire ;Je vous porte, apaisé,Les morceaux de ce cœur tout plein de votre gloireQue vous avez brisé ; Je viens à vous, Seigneur ! confessant que vous êtesBon, clément, indulgent et doux, ô Dieu vivant !Je conviens que vous seul savez ce que vous faites,Et que l'homme n'est rien qu'un jonc qui tremble au vent ; Je dis que le tombeau qui sur les morts se fermeOuvre le firmament ;Et que ce qu'ici-bas nous prenons pour le termeEst le commencement ; Je conviens à genoux que vous seul, père auguste,Possédez l'infini, le réel, l'absolu ;Je conviens qu'il est bon, je conviens qu'il est justeQue mon cœur ait saigné, puisque Dieu l'a voulu ! Je ne résiste plus à tout ce qui m'arrivePar votre de deuils en deuils, l'homme de rive en rive,Roule à l'éternité. Nous ne voyons jamais qu'un seul côté des choses ;L'autre plonge en la nuit d'un mystère subit le joug sans connaître les ce qu'il voit est court, inutile et fuyant. Vous faites revenir toujours la solitudeAutour de tous ses n'avez pas voulu qu'il eût la certitudeNi la joie ici-bas ! Dès qu'il possède un bien, le sort le lui ne lui fut donné, dans ses rapides jours,Pour qu'il s'en puisse faire une demeure, et dire C'est ici ma maison, mon champ et mes amours ! Il doit voir peu de temps tout ce que ses yeux voient ;Il vieillit sans ces choses sont, c'est qu'il faut qu'elles soient ;J'en conviens, j'en conviens ! Le monde est sombre, ô Dieu ! l'immuable harmonieSe compose des pleurs aussi bien que des chants ;L'homme n'est qu'un atome en cette ombre infinie,Nuit où montent les bons, où tombent les méchants. Je sais que vous avez bien autre chose à faireQue de nous plaindre tous,Et qu'un enfant qui meurt, désespoir de sa mère,Ne vous fait rien, à vous ! Je sais que le fruit tombe au vent qui le secoue,Que l'oiseau perd sa plume et la fleur son parfum ;Que la création est une grande roueQui ne peut se mouvoir sans écraser quelqu'un ; Les mois, les jours, les flots des mers, les yeux qui pleurent,Passent sous le ciel bleu ;Il faut que l'herbe pousse et que les enfants meurent ;Je le sais, ô mon Dieu ! Dans vos cieux, au-delà de la sphère des nues,Au fond de cet azur immobile et dormant,Peut-être faites-vous des choses inconnuesOù la douleur de l'homme entre comme élément. Peut-être est-il utile à vos desseins sans nombreQue des êtres charmantsS'en aillent, emportés par le tourbillon sombreDes noirs événements. Nos destins ténébreux vont sous des lois immensesQue rien ne déconcerte et que rien n' ne pouvez avoir de subites clémencesQui dérangent le monde, ô Dieu, tranquille esprit ! Je vous supplie, ô Dieu ! de regarder mon âme,Et de considérerQu'humble comme un enfant et doux comme une femme,Je viens vous adorer ! Considérez encor que j'avais, dès l'aurore,Travaillé, combattu, pensé, marché, lutté,Expliquant la nature à l'homme qui l'ignore,Eclairant toute chose avec votre clarté ; Que j'avais, affrontant la haine et la colère,Fait ma tâche ici-bas,Que je ne pouvais pas m'attendre à ce salaire,Que je ne pouvais pas Prévoir que, vous aussi, sur ma tête qui ploieVous appesantiriez votre bras triomphant,Et que, vous qui voyiez comme j'ai peu de joie,Vous me reprendriez si vite mon enfant ! Qu'une âme ainsi frappée à se plaindre est sujette,Que j'ai pu blasphémer,Et vous jeter mes cris comme un enfant qui jetteUne pierre à la mer ! Considérez qu'on doute, ô mon Dieu ! quand on souffre,Que l'œil qui pleure trop finit par s'aveugler,Qu'un être que son deuil plonge au plus noir du gouffre,Quand il ne vous voit plus, ne peut vous contempler, Et qu'il ne se peut pas que l'homme, lorsqu'il sombreDans les afflictions,Ait présente à l'esprit la sérénité sombreDes constellations ! Aujourd'hui, moi qui fus faible comme une mère,Je me courbe à vos pieds devant vos cieux me sens éclairé dans ma douleur amèrePar un meilleur regard jeté sur l'univers. Seigneur, je reconnais que l'homme est en délireS'il ose murmurer ;Je cesse d'accuser, je cesse de maudire,Mais laissez-moi pleurer ! Hélas ! laissez les pleurs couler de ma paupière,Puisque vous avez fait les hommes pour cela !Laissez-moi me pencher sur cette froide pierreEt dire à mon enfant Sens-tu que je suis là ? Laissez-moi lui parler, incliné sur ses restes,Le soir, quand tout se tait,Comme si, dans sa nuit rouvrant ses yeux célestes,Cet ange m'écoutait ! Hélas ! vers le passé tournant un œil d'envie,Sans que rien ici-bas puisse m'en consoler,Je regarde toujours ce moment de ma vieOù je l'ai vue ouvrir son aile et s'envoler ! Je verrai cet instant jusqu'à ce que je meure,L'instant, pleurs superflus !Où je criai L'enfant que j'avais tout à l'heure,Quoi donc ! je ne l'ai plus ! Ne vous irritez pas que je sois de la sorte,Ô mon Dieu ! cette plaie a si longtemps saigné !L'angoisse dans mon âme est toujours la plus forte,Et mon cœur est soumis, mais n'est pas résigné. Ne vous irritez pas ! fronts que le deuil réclame,Mortels sujets aux pleurs,Il nous est malaisé de retirer notre âmeDe ces grandes douleurs. Voyez-vous, nos enfants nous sont bien nécessaires,Seigneur ; quand on a vu dans sa vie, un matin,Au milieu des ennuis, des peines, des misères,Et de l'ombre que fait sur nous notre destin, Apparaître un enfant, tête chère et sacrée,Petit être joyeux,Si beau, qu'on a cru voir s'ouvrir à son entréeUne porte des cieux ; Quand on a vu, seize ans, de cet autre soi-mêmeCroître la grâce aimable et la douce raison,Lorsqu'on a reconnu que cet enfant qu'on aimeFait le jour dans notre âme et dans notre maison, Que c'est la seule joie ici-bas qui persisteDe tout ce qu'on rêva,Considérez que c'est une chose bien tristeDe le voir qui s'en va ! Dernier madrigal - Germain Nouveau Quand je mourrai, ce soir peut-être,Je n'ai pas de jour préféré,Si je voulais, je suis le maître,Mais… ce serait mal me connaître,N'importe, enfin, quand je mourrai. Mes chers amis, qu'on me prometteDe laisser le bois… au lapin,Et, s'il vous plaît, qu'on ne me mettePas, comme une simple allumette,Dans une boîte de sapin ; Ni, comme un hareng, dans sa tonne ;Ne me couchez pas tout du long,Pour le coup de fusil qui tonne,Dans la bière qu'on capitonneSous sa couverture de plomb. Car, je ne veux rien, je vous jure ;Pas de cercueil ; quant au tombeau,J'y ferais mauvaise figure,Je suis peu fait pour la sculpture,Je le refuse, fût-il beau. Mon vœu jusque-là ne se hausse ;Ça me laisserait des remords,Je vous dis ma voix n'est pas fausse Je ne veux pas même la fosse,Où sont les lions et les morts. Je ne suis ni puissant ni riche,Je ne suis rien que le toutou,Que le toutou de ma Niniche ;Je ne suis que le vieux canicheDe tous les gens de n'importe où. Je ne veux pas que l'on m'enferreNi qu'on m'enmarbre, non, je veuxTout simplement que l'on m'enterre,En faisant un trou… dans ma Mère,C'est le plus ardent de mes vœux. Moi, l'enterrement qui m'enlève,C'est un enterrement d'un sou,Je trouve ça chic ! Oui, mon rêve,C'est de pourrir, comme une fève ;Et, maintenant, je vais dire où. Eh ! pardieu ! c'est au cimetièrePrès d'un ruisseau prononcez l'Ar,Du beau village de PourrièreDe qui j'implore une prière,Oui, c'est bien à Pourrières, Var. Croisez-moi les mains sous la tête,Qu'on laisse mon œil gauche ouvert ;Alors ma paix sera complète,Vraiment je me fais une fêteD'être enfoui comme un pois vert. Creusez-moi mon trou dans la terre,Sous la bière, au fond du caveau,Où tout à côté de son père,Dort déjà ma petite mère,Madame Augustine Nouveau. Puis… comblez-moi de terre… fine,Sur moi, replacez le cercueil ;Que comme avant dorme Augustine !Nous dormirons bien, j'imagine,Fût-ce en ne dormant… que d'un œil. Et… retournez-la sur le ventre,Car, il ne faut oublier rien,Pour qu'en son regard le mien entre,Nous serons deux tigres dans l'antreMais deux tigres qui s'aiment bien. Je serai donc avec les FemmesQui m'ont fait et qui m'ont reçu,Bonnes et respectables Dames,Dont l'une sans cœur et sans flammesPour le fruit qu'elles ont conçu. Ah ! comme je vais bien m'étendre,Avec ma mère sur mon je vais pouvoir lui rendreLes baisers qu'en mon âge tendreElle ne m'a jamais donnés. Paix au caveau ! Murez la porte !Je ressuscite, au dernier mes bras je prends la Morte,Je m'élève d'une aile forte,Nous montons au ciel dans l'Amour. Un point… important… qui m'importe,Pour vous ça doit vous être égal,Je ne veux pas que l'on m'emporteDans des habits d'aucune sorte,Fût-ce un habit de carnaval. Pas de suaire en toile bise…Tiens ! c'est presque un vers de Gautier ;Pas de linceul, pas de chemise ;Puisqu'il faut que je vous le dise,Nu, tout nu, mais nu tout entier. Comme sans fourreau la rapière,Comme sans gant du tout la main,Nu comme un ver sous ma paupière,Et qu'on ne grave sur leur pierre,Qu'un nom, un mot, un seul, GERMAIN. Fou de corps, fou d'esprit, fou d'âme,De cœur, si l'on veut de cerveau,J'ai fait mon testament, Madame ;Qu'il reste entre vos mains de femme,Dûment signé GERMAIN NOUVEAU. Fantaisie triste - Aristide Bruant I’ bruinait… L’temps était gris,On n’voyait pus l’ciel… L’atmosphère,Semblant suer au d’ssus d’Paris,Tombait en bué’ su’ la terre. I’ soufflait quéqu’chose… on n’sait d’où,C’était ni du vent ni d’la bise,Ça glissait entre l’col et l’couEt ça glaçait sous not’ chemise. Nous marchions d’vant nous, dans l’brouillard,On distinguait des gens maussades,Nous, nous suivions un corbillardEmportant l’un d’nos camarades. Bon Dieu ! qu’ça faisait froid dans l’dos !Et pis c’est qu’on n’allait pas vite ;La moell’ se figeait dans les os,Ça puait l’rhume et la bronchite. Dans l’air y avait pas un moineau,Pas un pinson, pas un’ colombe,Le long des pierr’ i’ coulait d’l’eau,Et ces pierr’s-là… c’était sa tombe. Et je m’disais, pensant à luiQu’j’avais vu rire au mois d’septembreBon Dieu ! qu’il aura froid c’tte nuit !C’est triste d’mourir en décembre. J’ai toujours aimé l’bourguignon,I’ m’sourit chaqu’ fois qu’i’ s’allume ;J’voudrais pas avoir le guignonD’m’en aller par un jour de brume. Quand on s’est connu l’teint vermeil,Riant, chantant, vidant son verre,On aim’ ben un rayon d’soleil…Le jour ousqu’on vous porte en terre. Pensée des morts - Alphonse de Lamartine Voilà les feuilles sans sèveQui tombent sur le gazon,Voilà le vent qui s'élèveEt gémit dans le vallon,Voilà l'errante rase du bout de l'aile L'eau dormante des marais,Voilà l'enfant des chaumièresQui glane sur les bruyèresLe bois tombé des forêts. L'onde n'a plus le murmure,Dont elle enchantait les bois ;Sous des rameaux sans oiseaux n'ont plus de voix ;Le soir est près de l'aurore,L'astre à peine vient d'écloreQu'il va terminer son tour,Il jette par intervalleUne heure de clarté pâleQu'on appelle encore un jour. L'aube n'a plus de zéphireSous ses nuages dorés,La pourpre du soir expireSur les flots décolorés,La mer solitaire et videN'est plus qu'un désert arideOù l'œil cherche en vain l'esquif,Et sur la grève plus sourdeLa vague orageuse et lourdeN'a qu'un murmure plaintif. La brebis sur les collinesNe trouve plus le gazon,Son agneau laisse aux épinesLes débris de sa toison,La flûte aux accords champêtresNe réjouit plus les hêtresDes airs de joie ou d'amour,Toute herbe aux champs est glanée Ainsi finit une année,Ainsi finissent nos jours ! C'est la saison où tout tombeAux coups redoublés des vents ;Un vent qui vient de la tombeMoissonne aussi les vivants Ils tombent alors par mille,Comme la plume inutileQue l'aigle abandonne aux airs,Lorsque des plumes nouvellesViennent réchauffer ses ailesA l'approche des hivers. C'est alors que ma paupièreVous vit pâlir et mourir,Tendres fruits qu'à la lumièreDieu n'a pas laissé mûrir !Quoique jeune sur la terre,Je suis déjà solitaireParmi ceux de ma saison,Et quand je dis en moi-même Où sont ceux que ton cœur aime ?Je regarde le gazon. Leur tombe est sur la colline,Mon pied la sait ; la voilà !Mais leur essence divine,Mais eux, Seigneur, sont-ils là ?Jusqu'à l'indien rivageLe ramier porte un messageQu'il rapporte à nos climats ;La voile passe et repasse,Mais de son étroit espaceLeur âme ne revient pas. Ah ! quand les vents de l'automneSifflent dans les rameaux morts,Quand le brin d'herbe frissonne,Quand le pin rend ses accords,Quand la cloche des ténèbresBalance ses glas funèbres,La nuit, à travers les bois,A chaque vent qui s'élève,A chaque flot sur la grève,Je dis N'es-tu pas leur voix ? Du moins si leur voix si pureEst trop vague pour nos sens,Leur âme en secret murmureDe plus intimes accents ;Au fond des cœurs qui sommeillent,Leurs souvenirs qui s'éveillentSe pressent de tous côtés,Comme d'arides feuillagesQue rapportent les oragesAu tronc qui les a portés ! C'est une mère ravieA ses enfants dispersés,Qui leur tend de l'autre vieCes bras qui les ont bercés ;Des baisers sont sur sa bouche,Sur ce sein qui fut leur coucheSon cœur les rappelle à soi ;Des pleurs voilent son sourire,Et son regard semble dire Vous aime-t-on comme moi ? C'est une jeune fiancéeQui, le front ceint du bandeau,N'emporta qu'une penséeDe sa jeunesse au tombeau ;Triste, hélas ! dans le ciel même,Pour revoir celui qu'elle aimeElle revient sur ses pas,Et lui dit Ma tombe est verte !Sur cette terre déserteQu'attends-tu ? Je n'y suis pas ! C'est un ami de l'enfance,Qu'aux jours sombres du malheurNous prêta la ProvidencePour appuyer notre cœur ;Il n'est plus ; notre âme est veuve,Il nous suit dans notre épreuveEt nous dit avec pitié Ami, si ton âme est pleine,De ta joie ou de ta peineQui portera la moitié ? C'est l'ombre pâle d'un pèreQui mourut en nous nommant ;C'est une sœur, c'est un frère,Qui nous devance un moment ;Sous notre heureuse demeure,Avec celui qui les pleure,Hélas ! ils dormaient hier !Et notre cœur doute encore,Que le ver déjà dévoreCette chair de notre chair ! L'enfant dont la mort cruelleVient de vider le berceau,Qui tomba de la mamelleAu lit glacé du tombeau ;Tous ceux enfin dont la vieUn jour ou l'autre ravie,Emporte une part de nous,Murmurent sous la poussière Vous qui voyez la lumière,Vous souvenez-vous de nous ? Ah ! vous pleurer est le bonheur suprêmeMânes chéris de quiconque a des pleurs !Vous oublier c'est s'oublier soi-même N'êtes-vous pas un débris de nos cœurs ? En avançant dans notre obscur voyage,Du doux passé l'horizon est plus beau,En deux moitiés notre âme se partage,Et la meilleure appartient au tombeau ! Dieu du pardon ! leur Dieu ! Dieu de leurs pères !Toi que leur bouche a si souvent nommé !Entends pour eux les larmes de leurs frères !Prions pour eux, nous qu'ils ont tant aimé ! Ils t'ont prié pendant leur courte vie,Ils ont souri quand tu les as frappés !Ils ont crié Que ta main soit bénie !Dieu, tout espoir ! les aurais-tu trompés ? Et cependant pourquoi ce long silence ?Nous auraient-ils oubliés sans retour ?N'aiment-ils plus ? Ah ! ce doute t'offense !Et toi, mon Dieu, n'es-tu pas tout amour ? Mais, s'ils parlaient à l'ami qui les pleure,S'ils nous disaient comment ils sont heureux,De tes desseins nous devancerions l'heure,Avant ton jour nous volerions vers eux. Où vivent-ils ? Quel astre, à leur paupièreRépand un jour plus durable et plus doux ?Vont-ils peupler ces îles de lumière ?Ou planent-ils entre le ciel et nous ? Sont-ils noyés dans l'éternelle flamme ?Ont-ils perdu ces doux noms d'ici-bas,Ces noms de sœur et d'amante et de femme ?A ces appels ne répondront-ils pas ? Non, non, mon Dieu, si la céleste gloireLeur eût ravi tout souvenir humain,Tu nous aurais enlevé leur mémoire ;Nos pleurs sur eux couleraient-ils en vain ? Ah ! dans ton sein que leur âme se noie !Mais garde-nous nos places dans leur cœur ;Eux qui jadis ont goûté notre joie,Pouvons-nous être heureux sans leur bonheur ? Étends sur eux la main de ta clémence,Ils ont péché ; mais le ciel est un don !Ils ont souffert ; c'est une autre innocence !Ils ont aimé ; c'est le sceau du pardon ! Ils furent ce que nous sommes,Poussière, jouet du vent !Fragiles comme des hommes,Faibles comme le néant !Si leurs pieds souvent glissèrent,Si leurs lèvres transgressèrentQuelque lettre de ta loi,Ô Père ! ô juge suprême !Ah ! ne les vois pas eux-mêmes,Ne regarde en eux que toi ! Si tu scrutes la poussière,Elle s'enfuit à ta voix !Si tu touches la lumière,Elle ternira tes doigts !Si ton œil divin les sonde,Les colonnes de ce mondeEt des cieux chancelleront Si tu dis à l'innocence Monte et plaide en ma présence !Tes vertus se voileront. Mais toi, Seigneur, tu possèdesTa propre immortalité !Tout le bonheur que tu cèdesAccroît ta félicité !Tu dis au soleil d'éclore,Et le jour ruisselle encore !Tu dis au temps d'enfanter,Et l'éternité docile,Jetant les siècles par mille,Les répand sans les compter ! Les mondes que tu réparesDevant toi vont rajeunir,Et jamais tu ne séparesLe passé de l'avenir ;Tu vis ! et tu vis ! les âges,Inégaux pour tes ouvrages,Sont tous égaux sous ta main ;Et jamais ta voix ne nomme,Hélas ! ces trois mots de l'homme Hier, aujourd'hui, demain ! Ô Père de la nature,Source, abîme de tout bien,Rien à toi ne se mesure,Ah ! ne te mesure à rien !Mets, à divine clémence,Mets ton poids dans la balance,Si tu pèses le néant !Triomphe, à vertu suprême !En te contemplant toi-même,Triomphe en nous pardonnant ! J’espère de cette sélection des poèmes les plus beaux et les plus connus sur le deuil vous a plu. Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème sélectionné au hasard. Message aux membres de Poetica Mundi ! Chers membres de la communauté Poetica Mundi, n'oubliez pas D'aller consulter les publications de la communauté poèmes, quiz, messages ;De télécharger vos nouveaux avantages livres, activités, poèmes à imprimer, etc. ;Et de m'envoyer vos demandes spéciales. Cliquez sur le lien suivant pour vous connecter ou devenir membre. Merci de me soutenir et de me permettre de vous offrir plus de 16 000 poèmes sur ce site sans publicité et de la poésie sur YouTube !Johann adieu je te quitte ! Oasis des artistes: Poésie en ligne, Concours de poèmes en ligne - 9742 membres ! S'inscrire. S'inscrire; Contact; Navigation; Règles & usages; Accueil poème 1Je ne veux pas souffrir du doute, Ni que tu m'épargnes, ni même Que, concevant combien je t'aime, Tu m'accompagnes sur ma route. Quels efforts pourraient comprimer Ton ennui, ton désir, tes voeux ? Si quelqu'un te plaît, va l'aimer ! Aborde ces yeux, ces cheveux, Dévaste ce nouveau visage, Goûte ce coeur riant ou sage, Cours vers ton allègre espérance ! Tu connaîtras la différence De la feinte et de la paresse D'avec mon incessante ivresse ! - Un jour j'aurai ta préférence. Il n'est pour moi d'autre rivale Qu'une ardeur à la mienne égale ! Qu'importe à mon coeur qui t'imprègne De sa tendre et secrète rage Qu'une femme que je dédaigne Puisse te plaire davantage !Poème de l'amour Poèmes de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Citations de Anna de Brancovan, comtesse de NoaillesPlus sur ce poème Commenter le poème Imprimer le poème Envoyer à un ami Voter pour ce poème 339 votesLes poèmes A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y ZLes poètes A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
ons'aime et on s'déchire comme si rien n'avais existé. je t'aime et tu me fais souffrir. à croire que tu ne m'a jamais aimé. moi je t'aime et tu me blesses. je te hais de jour en jour. moi je t'aime et tu me laisses. seul avec mon amour. mon coeur s'éteint encore. plus
Cœur détruit L’amour ma quitté Dans les profondeurs de mon cœur Une brèche c'est crée Tu en à profité pour t'échapper sans peur Doucement tu as filé dans le vent Emportant avec toi tout mon bonheur d'aimer Sans état d'âme ni regret tu t'éloigne lentement Dans l'espace tu te disperse sans te retourner Tu ne m’as pas laissé le choix. J'ai laissé échapper mon cœur Il part à la dérive il à peur Normal il souffre il à mal Il voudrait ne plus ressentir cette douleur. Cette chose là est impossible je le sais bien Car il contient tout l'amour que j'ai pour toi Je ne sais plus quoi faire car il est partagé en deux Mon cœur à deux faces Il voudrait le rassurer Lui dire que ça vie n'est pas fini Mais le cœur malheureux ne veut rien entendre Il c'est que pour lui ça vie est terminer. J’ai juste besoin d’un peu d’attention Te parler seul à seul quelques instants Te dire ce que je pense, prononcer ton nom… M’ouvrir à toi, t’avouer mes sentiments Te dire à quel point tu comptes pour moi Mon besoin de te protéger, de rester à tes côtés Je ne veux que ton bonheur, resté avec toi Dans ces bons moments et dans les pires, pour l’éternité… Toi mon ange, ma douce, ma reine… Si envoutante, hypnotique, si sereine… Belle comme le coucher de soleil Si belle, parfaite, tu n’as pas ta pareille. Aujourd'hui je suis pensive Tout aller bien puis d'un coup tout c'est fini A notre relation tu à mis fin je ne comprend pas se qui m'arrive Sans aucune explication je n'avais plus de vie Tu es parti sans un mot Alors comment comprendre à qui la faute Depuis se jour j'ai n'ai plus une minute de repos Je me pose mille et une questions sans avoir de réponse Pourtant tout aller pour le mieux enfin je le pensé Hier encore tu me disais je t'aime Mais aujourd'hui de toi je n'ai plus rien comme si j'avais jamais existé Tu ne me donne aucun nouvelle tu ne me réponds plus au téléphone M'a tu déjà rayer de ta vie comme un vieux jouer qui ne t'amusé plus La j'avoue que je sus un peut perdu. Vivre sans toi au départ était trop dur à supporter Mes larmes coulées sans cesse sans que je ne puisse les arrêter Aujourd'hui ton absence me coute encore beaucoup Le temps passe et je ne t'oubli pas et je ne t'oublierais jamais Mes larmes coulent moins mais mon coeur saigne toujours autant. Le temps passe mais ne guéri pas les blessures de mon coeur Cela vas faire un an que tu à disparut de ma vie Mais tu reste toujours présent dans mon coeur. Toi, mon éternel absent, Toi mon ami, mon frère. Mon âme s'envole loin de cette terre Pour s'enrouler autour de ton souvenir. Toi, mon printemps Qui est venu mourir. Il n'y a plus de mots Pour habiter le vide de mes silences. Il ne reste que de vagues échos Pour habiller mon existence. Et pourtant, tu es là, Toujours là et à jamais, Toi, le seul, l'unique, Mon ange de lumière... Depuis cette date je suis devenu un clown triste. Je souris juste pour faire plaisir mais ça ne reste Qu'une façade. J'avance en douceur je pense que c'est par peur . Peur de faire souffrir ceux qui m’entoure. Bon j'arrive à rire parfois Je ne le cache pas je ne suis pas toujours entrain de pleurer je rassure. Mais je reste avec cette étrange sensation celle de ressentir Que je ne suis qu’une coquille vide. En une journée je perdu Tous mes repères, toutes mes envies, en une journée j'ai vue ma vie changé, elle c'est envolé en fumée. J'ai pas comprit ce qui m’arrivé. Tout s'écroule en fait c'est simple c'est comme si j’étais à l'abri Dans ma maison et que d'un seul coup les murs tomber et que Je me retrouve là planté sans comprendre ce qui m’arrivé. Quand sera venu le jour de mon grand départ Je deviendrais ton ange céleste Pour t'aider à ne pas pleurer, mais à sourire Pour te rappeler les bons moments que nous aurions passé De là-haut je surveillerais que tu continue d'aimais Que tes moments de doutes ne sois qu'éphémère Que dans le cœur d'une autre tu retrouve joie de vivre Car mon plus grand bonheur sera de continuer à te voir heureux Et si un jour tu ressens de la tristesse en pensant à moi Lève tes yeux vers le ciel et regarde les étoiles Parmi une d'entre elle une sera la plus belle Ce sera moi qui te sourira et qui te diras combien je t’aime. Mais j'avoue que je ne t'ai pas retenu non plus Maintenant mon cœur restera sans joie Il battra normalement sans superflu. Un jour elle à rencontré son bel ange. Qui par la suite est devenu son bel amour. Aujourd'hui il se trouve parmi mes chers nuages. C'est souvent en silence que je pense à lui et cela durera toujours. Chaque jour sont absence se fait ressentir mais je ne le dit pas. Je fais croire que je l'ai oublié. Mais non il reste là à guider mes pas. Comment pourrais-je ne plus pensée à cet être merveilleux Que j'ai rencontré. C'est vrai que je ne parle plus De lui par choix du sourire des miens. Mais en secret je rêve au jour ou enfin je pourrais lui prendre la main. Souvent je voudrais que tout ceci ne soit qu'un mauvais cauchemar. Mais chaque matin la réalité me rattrape.
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Poèmemoments+une - 5 Poèmes sur moments+une. Poésie française. Liens; A Propos ; Poésie; Rechercher un poème; Poèmes; Poètes; Nouveaux poèmes; Poème moments+une - 5 Poèmes sur moments+une 5 poèmes 1 3 Phonétique (Cliquez pour la liste complète): émanâtes éminçâtes éminente éminentes éminents maçonnâtes mainate mainates mainte maintes maints manants

Souffrir, Mourir, SourireJe ne vais pas bienJ’ai envie de me faire malJ’ai envie d’aller bienEst-ce vraiment un mal ?Je n’ai plus envie de souffrirMais pour cela je pense mourirMourir pour ne plus souffrirSouffrir de vous voir sourireVous qui souriezA longueur de journéeVoyez-vous a quel point j’ai malMal de ne pas etre normalNormal de ne vouloir que mourirPour enfin être libre, ne plus souffrirSouffrir d’être toujours rabaisséeSouffrir de ne pouvoir remonterRemonter cette pente raideQui chaque jour me rend plus laideLaide de n’avoir jamais appris à sourireSourire, pour vous c’est si facileFacile de ne pas paraître tant fragileFragile, moi je le suis trop je le saisJ’ai mal depuis que tu m’as quittéQuitté pour dieu sait quelle raisonMais dieu existe-t-il vraiment ?La bible a-t-elle tout à fait raison ?Ais-je le droit de souffrir autant ?Autant de ne plus t’avoir auprès de moiMoi qui avait vraiment besoin de toiMoi qui ne vivait qu’à travers toiMais depuis que tu es parti sans moiPlus rien ne vas, j’ai mal, je pleureEt petit à petit, je sais que je meursTout le monde me promet le bonheurMais pour moi, tout ça n’est qu’un leurreJ’ai besoin de ta présence à mes côtésToi qui disais tant m’aimer tu m’as quittéTu es mort un soir de pluieDepuis, jamais plus je n’ai sourisToi qui me manque tellementTu étais mon esperanceL’esperance d’aller mieux, vraimentMais aujourd’hui je n’ai plus aucune chanceTu m’as quitté pour la voix des angesParti ou personne ne te dérangeEst-ce que tu penses encore à moi ?Est-ce que tu rêves encore de moi ?Tu es toujours là, tu me hantes à jamaisJ’aimerais tellement envie de venir vers toiMais je n’aurais jamais, au grand jamaisLe courage de faire un geste comme çaMais je me fais mal, je sais que je ne devrais pasMais c’est plus fort que moi, je n’y arrive pasJe n’arrive pas à m’arrêter mon sang couleJe sens la souffrance me traverser le brasEt je sens le chemin de mon sang qui couleJe mets une bande pour que ça s’arrêteJe me sens vraiment très bêteMais je ne sais plus me contrôlerMais je ne sais plus m’arrêterJ’ai tellement de peine à vivre sans toiPourquoi es-tu parti sans moi ?J’ai besoin d’aide, je le saisIl faut que j’appelle quelqu’unJe ne veux plus souffrir maisJe ne trouve personne, pas unJe vous en supplie aidez-moiJe crie mais personne ne me répondMon amour, mon cœur, j’ai besoin de toiJe crie mais de ma gorge ne sors aucun sonJe n’ai plus envie de vivre, je veux mourirMourir pour ne plus jamais souffrirSouffrir de ne pas t’avoir à mes côtésToi qui disais tant m’aimer toi qui m’as quittéEssayer de sourire me fait souffrirSouffrir ne me donne pas envie de sourireQue faire pour revivre, moi qui aimait la vie ?J’aimais la vie seulement quand tu en faisais partiMaintenant je suis comme dans un long couloirEt dans ce couloir je ne vois rien, il fait noirJe n’en vois pas le bout, je ne vois plus rienSeulement mon désespoir et mon chagrinJe ne veux plus souffrir, je veux juste mourirMourir pour réapprendre à sourire…Syllabation De L'ÉcritSyllabes Hyphénique Souffrir, Mourir, Sourireje=ne=vais=pas=bien 5jai=en=vie=de=me=fai=re=mal 8jai=en=vie=dal=ler=bien 6est=ce=vrai=ment=un=mal 6je=nai=plus=en=vie=de=souf=frir 8mais=pour=ce=la=je=pen=se=mou=rir 9mou=rir=pour=ne=plus=souf=frir 7souf=frir=de=vous=voir=sou=ri=re 8vous=qui=sou=riez 4a=lon=gueur=de=jour=née 6voyez=vous=a=quel=point=jai=mal 7mal=de=ne=pas=e=tre=nor=mal 8nor=mal=de=ne=vou=loir=que=mou=rir 9pour=en=fin=ê=tre=li=bre=ne=plus=souf=frir 11souf=frir=dê=tre=tou=jours=ra=bais=sée 9souf=frir=de=ne=pou=voir=re=mon=ter 9re=mon=ter=cet=te=pen=te=rai=de 9qui=cha=que=jour=me=rend=plus=lai=de 9lai=de=de=na=voir=ja=mais=ap=pris=à=sou=rire 12sou=ri=re=pour=vous=cest=si=fa=ci=le 10fa=ci=le=de=ne=pas=pa=raî=tre=tant=fra=gile 12fra=gi=le=moi=je=le=suis=trop=je=le=sais 11jai=mal=de=puis=que=tu=mas=quit=té 9quit=té=pour=dieu=sait=quel=le=rai=son 9mais=dieu=exis=te=til=vrai=ment 7la=bi=ble=a=tel=le=tout=à=fait=rai=son 11ais=je=le=droit=de=souf=frir=au=tant 9au=tant=de=ne=plus=ta=voir=au=près=de=moi 11moi=qui=a=vait=vrai=ment=be=soin=de=toi 10moi=qui=ne=vi=vait=quà=tra=vers=toi 9mais=de=puis=que=tu=es=par=ti=sans=moi 10plus=rien=ne=vas=jai=mal=je=pleu=re 9et=pe=tit=à=pe=tit=je=sais=que=je=meurs 11tout=le=mon=de=me=pro=met=le=bon=heur 10mais=pour=moi=tout=ça=nest=quun=leu=rre 9jai=be=soin=de=ta=pré=sen=ce=à=mes=cô=tés 12toi=qui=di=sais=tant=mai=mer=tu=mas=quit=té 11tu=es=mort=un=soir=de=pluie 7de=puis=ja=mais=plus=je=nai=sou=ris 9toi=qui=me=man=que=tel=le=ment 8tu=é=tais=mon=es=pe=ran=ce 8les=pe=ran=ce=dal=ler=mieux=vrai=ment 9mais=au=jourd=hui=je=nai=plus=au=cu=ne=chan=ce 12tu=mas=quit=té=pour=la=voix=des=an=ges 10par=ti=ou=per=son=ne=ne=te=dé=ran=ge 11est=ce=que=tu=pen=ses=en=co=re=à=moi 11est=ce=que=tu=rê=ves=en=co=re=de=moi 11tu=es=tou=jours=là=tu=me=han=tes=à=ja=mais 12jaime=rais=tel=le=ment=en=vie=de=ve=nir=vers=toi 12mais=je=nau=rais=ja=mais=au=grand=ja=mais 10le=cou=ra=ge=de=faire=un=ges=te=com=me=ça 12mais=je=me=fais=mal=je=sais=que=je=ne=de=vrais=pas 13mais=cest=plus=fort=que=moi=je=ny=ar=ri=ve=pas 12je=nar=ri=ve=pas=à=mar=rê=ter=mon=sang=coule 12je=sens=la=souf=fran=ce=me=tra=ver=ser=le=bras 12et=je=sens=le=che=min=de=mon=sang=qui=cou=le 12je=mets=u=ne=ban=de=pour=que=ça=sar=rê=te 12je=me=sens=vrai=ment=très=bê=te 8mais=je=ne=sais=plus=me=con=trô=ler 9mais=je=ne=sais=plus=mar=rê=ter 8jai=tel=le=ment=de=pei=ne=à=vi=vre=sans=toi 12pour=quoi=es=tu=par=ti=sans=moi 8jai=be=soin=dai=de=je=le=sais 8il=faut=que=jap=pel=le=quel=quun 8je=ne=veux=plus=souf=frir=mais 7je=ne=trou=ve=per=son=ne=pas=un 9je=vous=en=sup=plie=ai=dez=moi 8je=crie=mais=per=son=ne=ne=me=ré=pond 10mon=a=mour=mon=cœur=jai=be=soin=de=toi 10je=crie=mais=de=ma=gor=ge=ne=sors=au=cun=son 12je=nai=plus=en=vie=de=vi=vre=je=veux=mou=rir 12mou=rir=pour=ne=plus=ja=mais=souf=frir 9souf=frir=de=ne=pas=ta=voir=à=mes=cô=tés 11toi=qui=di=sais=tant=mai=mer=toi=qui=mas=quit=té 12es=say=er=de=sou=ri=re=me=fait=souf=frir 11souf=frir=ne=me=don=ne=pas=en=vie=de=sou=rire 12que=faire=pour=re=vi=vre=moi=qui=ai=mait=la=vie 12jai=mais=la=vie=seule=ment=quand=tu=en=fai=sais=par=ti 13main=te=nant=je=suis=com=me=dans=un=long=cou=loir 12et=dans=ce=cou=loir=je=ne=vois=rien=il=fait=noir 12je=nen=vois=pas=le=bout=je=ne=vois=plus=rien 11seu=le=ment=mon=dé=ses=poir=et=mon=cha=grin 11je=ne=veux=plus=souf=frir=je=veux=jus=te=mou=rir 12mou=rir=pour=ré=ap=pren=dre=à=sou=ri=re 11Phonétique Souffrir, Mourir, Sourireʒə nə vε pa bjɛ̃ʒε ɑ̃vi də mə fεʁə malʒε ɑ̃vi dale bjɛ̃ε sə vʁεmɑ̃ œ̃ mal ?ʒə nε plysz- ɑ̃vi də sufʁiʁmε puʁ səla ʒə pɑ̃sə muʁiʁmuʁiʁ puʁ nə plys sufʁiʁsufʁiʁ də vu vwaʁ suʁiʁəvu ki suʁjea lɔ̃ɡœʁ də ʒuʁnevwaje vuz- a kεl pwɛ̃ ʒε malmal də nə pa εtʁə nɔʁmalnɔʁmal də nə vulwaʁ kə muʁiʁpuʁ ɑ̃fɛ̃ εtʁə libʁə, nə plys sufʁiʁsufʁiʁ dεtʁə tuʒuʁ ʁabεsesufʁiʁ də nə puvwaʁ ʁəmɔ̃teʁəmɔ̃te sεtə pɑ̃tə ʁεdəki ʃakə ʒuʁ mə ʁɑ̃ plys lεdəlεdə də navwaʁ ʒamεz- apʁiz- a suʁiʁəsuʁiʁə, puʁ vu sε si fasiləfasilə də nə pa paʁεtʁə tɑ̃ fʁaʒiləfʁaʒilə, mwa ʒə lə sɥi tʁo ʒə lə sεʒε mal dəpɥi kə ty ma kitekite puʁ djø sε kεllə ʁεzɔ̃mε djø εɡzistə til vʁεmɑ̃ ?la biblə a tεllə tut- a fε ʁεzɔ̃ ?εs ʒə lə dʁwa də sufʁiʁ otɑ̃ ?otɑ̃ də nə plys tavwaʁ opʁε də mwamwa ki avε vʁεmɑ̃ bəzwɛ̃ də twamwa ki nə vivε ka tʁavεʁ twamε dəpɥi kə ty ε paʁti sɑ̃ mwaplys ʁjɛ̃ nə va, ʒε mal, ʒə plœʁəe pəti a pəti, ʒə sε kə ʒə mœʁtu lə mɔ̃də mə pʁɔmε lə bɔnœʁmε puʁ mwa, tu sa nε kœ̃ ləʁəʒε bəzwɛ̃ də ta pʁezɑ̃sə a mε kotetwa ki dizε tɑ̃ mεme ty ma kitety ε mɔʁ œ̃ swaʁ də plɥidəpɥi, ʒamε plys ʒə nε suʁitwa ki mə mɑ̃kə tεllmɑ̃ty etε mɔ̃n- εspəʁɑ̃səlεspəʁɑ̃sə dale mjø, vʁεmɑ̃mεz- oʒuʁdɥi ʒə nε plysz- okynə ʃɑ̃səty ma kite puʁ la vwa dεz- ɑ̃ʒəpaʁti u pεʁsɔnə nə tə deʁɑ̃ʒəε sə kə ty pɑ̃səz- ɑ̃kɔʁə a mwa ?ε sə kə ty ʁεvəz- ɑ̃kɔʁə də mwa ?ty ε tuʒuʁ la, ty mə-ɑ̃təz- a ʒamεʒεməʁε tεllmɑ̃ ɑ̃vi də vəniʁ vεʁ twamε ʒə noʁε ʒamε, o ɡʁɑ̃ ʒamεlə kuʁaʒə də fεʁə œ̃ ʒεstə kɔmə samε ʒə mə fε mal, ʒə sε kə ʒə nə dəvʁε pamε sε plys fɔʁ kə mwa, ʒə ni aʁivə paʒə naʁivə pa a maʁεte mɔ̃ sɑ̃ kuləʒə sɑ̃s la sufʁɑ̃sə mə tʁavεʁse lə bʁae ʒə sɑ̃s lə ʃəmɛ̃ də mɔ̃ sɑ̃ ki kuləʒə mεtz- ynə bɑ̃də puʁ kə sa saʁεtəʒə mə sɑ̃s vʁεmɑ̃ tʁε bεtəmε ʒə nə sε plys mə kɔ̃tʁolemε ʒə nə sε plys maʁεteʒε tεllmɑ̃ də pεnə a vivʁə sɑ̃ twapuʁkwa ε ty paʁti sɑ̃ mwa ?ʒε bəzwɛ̃ dεdə, ʒə lə sεil fo kə ʒapεllə kεlkœ̃ʒə nə vø plys sufʁiʁ mεʒə nə tʁuvə pεʁsɔnə, pa œ̃ʒə vuz- ɑ̃ sypli εde mwaʒə kʁi mε pεʁsɔnə nə mə ʁepɔ̃mɔ̃n- amuʁ, mɔ̃ kœʁ, ʒε bəzwɛ̃ də twaʒə kʁi mε də ma ɡɔʁʒə nə sɔʁz- okœ̃ sɔ̃ʒə nε plysz- ɑ̃vi də vivʁə, ʒə vø muʁiʁmuʁiʁ puʁ nə plys ʒamε sufʁiʁsufʁiʁ də nə pa tavwaʁ a mε kotetwa ki dizε tɑ̃ mεme twa ki ma kiteesεje də suʁiʁə mə fε sufʁiʁsufʁiʁ nə mə dɔnə pa ɑ̃vi də suʁiʁəkə fεʁə puʁ ʁəvivʁə, mwa ki εmε la vi ?ʒεmε la vi sələmɑ̃ kɑ̃ ty ɑ̃ fəzε paʁtimɛ̃tənɑ̃ ʒə sɥi kɔmə dɑ̃z- œ̃ lɔ̃ kulwaʁe dɑ̃ sə kulwaʁ ʒə nə vwa ʁjɛ̃, il fε nwaʁʒə nɑ̃ vwa pa lə bu, ʒə nə vwa plys ʁjɛ̃sələmɑ̃ mɔ̃ dezεspwaʁ e mɔ̃ ʃaɡʁɛ̃ʒə nə vø plys sufʁiʁ, ʒə vø ʒystə muʁiʁmuʁiʁ puʁ ʁeapʁɑ̃dʁə a suʁiʁə…Syllabes Phonétique Souffrir, Mourir, Sourireʒə=nə=vε=pa=bj=ɛ̃ 6ʒε=ɑ̃=vi=də=mə=fε=ʁə=mal 8ʒε=ɑ̃=vi=da=le=bj=ɛ̃ 7ε=sə=vʁε=mɑ̃=œ̃=mal 6ʒə=nε=plys=zɑ̃=vi=də=su=fʁiʁ 8mε=puʁ=sə=laʒə=pɑ̃=sə=mu=ʁiʁ 8mu=ʁiʁ=puʁ=nə=plys=su=fʁiʁ 7su=fʁiʁ=də=vu=vwaʁ=su=ʁi=ʁə 8vu=ki=su=ʁj=e 5a=lɔ̃=ɡœ=ʁə=də=ʒuʁ=ne 7vwa=je=vu=za=kεl=pwɛ̃=ʒε=mal 8mal=də=nə=pa=ε=tʁə=nɔʁ=mal 8nɔʁ=mal=də=nə=vu=lwaʁkə=mu=ʁiʁ 8puʁ=ɑ̃=fɛ̃εtʁə=li=bʁə=nə=plys=su=fʁiʁ 9su=fʁiʁ=dε=tʁə=tu=ʒuʁ=ʁa=bεse 8su=fʁiʁ=də=nə=pu=vwaʁʁə=mɔ̃=te 8ʁə=mɔ̃=te=sε=tə=pɑ̃=tə=ʁεdə 8ki=ʃa=kə=ʒuʁ=mə=ʁɑ̃=plys=lεdə 8lεdə=də=na=vwaʁ=ʒa=mε=za=pʁi=za=suʁiʁə 10su=ʁiʁə=puʁ=vu=sε=si=fa=silə 8fa=silə=də=nə=pa=pa=ʁε=tʁə=tɑ̃=fʁaʒilə 10fʁa=ʒilə=mwaʒə=lə=sɥi=tʁo=ʒə=lə=sε 9ʒε=mal=dəp=ɥikə=ty=ma=ki=te 8ki=te=puʁ=djø=sε=kεllə=ʁε=zɔ̃ 8mε=djø=εɡ=zis=tə=til=vʁε=mɑ̃ 8la=bibləa=tεllə=tu=ta=fε=ʁε=zɔ̃ 8εsə=ʒə=lə=dʁwa=də=su=fʁiʁ=o=tɑ̃ 9o=tɑ̃də=nə=plys=ta=vwaʁ=o=pʁε=də=mwa 10mwa=ki=a=vε=vʁε=mɑ̃bə=zwɛ̃=də=twa 9mwa=kinə=vi=vε=ka=tʁa=vεʁ=twa 8mε=dəp=ɥikə=ty=ε=paʁ=ti=sɑ̃=mwa 9plys=ʁjɛ̃nə=va=ʒε=mal=ʒə=plœ=ʁə 8e=pə=tiapə=ti=ʒə=sε=kə=ʒə=mœʁ 9tulə=mɔ̃=də=mə=pʁɔ=mε=lə=bɔ=nœʁ 9mε=puʁ=mwa=tu=sa=nε=kœ̃=ləʁə 8ʒεbə=zwɛ̃=də=ta=pʁe=zɑ̃=səa=mε=ko=te 10twa=ki=di=zε=tɑ̃=mε=me=ty=ma=ki=te 11ty=ε=mɔʁ=œ̃=swaʁ=də=plɥi 7dəp=ɥi=ʒa=mε=plys=ʒə=nε=su=ʁi 9twa=ki=mə=mɑ̃=kə=tεl=lmɑ̃ 7ty=e=tε=mɔ̃=nεs=pə=ʁɑ̃=sə 8lεspə=ʁɑ̃=sə=da=le=mjø=vʁε=mɑ̃ 8mε=zo=ʒuʁ=dɥiʒə=nε=plys=zo=ky=nə=ʃɑ̃sə 10ty=ma=ki=te=puʁ=la=vwa=dε=zɑ̃ʒə 9paʁ=ti=u=pεʁ=sɔnə=nə=tə=de=ʁɑ̃ʒə 9εsə=kə=ty=pɑ̃sə=zɑ̃=kɔ=ʁəa=mwa 8εsə=kə=ty=ʁεvə=zɑ̃=kɔ=ʁə=də=mwa 9ty=ε=tu=ʒuʁ=la=ty=mə-ɑ̃tə=za=ʒa=mε 11ʒεmə=ʁε=tεl=lmɑ̃=ɑ̃=vi=də=və=niʁ=vεʁ=twa 11mεʒə=no=ʁε=ʒa=mε=o=ɡʁɑ̃=ʒa=mε 9lə=ku=ʁaʒə=də=fεʁəœ̃=ʒεs=tə=kɔ=mə=sa 10mεʒə=mə=fε=mal=ʒə=sε=kə=ʒə=nə=də=vʁε=pa 12mε=sε=plys=fɔʁkə=mwa=ʒə=ni=a=ʁi=və=pa 11ʒə=na=ʁivə=pa=a=ma=ʁε=te=mɔ̃=sɑ̃kulə 10ʒə=sɑ̃s=la=su=fʁɑ̃sə=mə=tʁa=vεʁ=se=lə=bʁa 11e=ʒə=sɑ̃s=lə=ʃə=mɛ̃də=mɔ̃=sɑ̃=ki=kulə 10ʒə=mεt=zynə=bɑ̃də=puʁ=kə=sa=saʁεtə 8ʒə=mə=sɑ̃s=vʁε=mɑ̃=tʁε=bε=tə 8mεʒə=nə=sε=plys=mə=kɔ̃=tʁo=le 8mε=ʒə=nə=sε=plys=ma=ʁε=te 8ʒε=tεl=lmɑ̃də=pεnəa=vi=vʁə=sɑ̃=twa 8puʁ=kwa=ε=ty=paʁ=ti=sɑ̃=mwa 8ʒε=bə=zwɛ̃=dε=də=ʒə=lə=sε 8il=fo=kə=ʒa=pεl=lə=kεl=kœ̃ 8ʒə=nə=vø=plys=su=fʁiʁ=mε 7ʒə=nə=tʁuvə=pεʁ=sɔ=nə=pa=œ̃ 8ʒə=vu=zɑ̃=sy=pli=ε=de=mwa 8ʒə=kʁi=mε=pεʁ=sɔnə=nə=mə=ʁe=pɔ̃ 9mɔ̃=na=muʁ=mɔ̃=kœʁ=ʒεbə=zwɛ̃=də=twa 9ʒə=kʁi=mεdə=ma=ɡɔʁ=ʒə=nə=sɔʁ=zo=kœ̃=sɔ̃ 11ʒə=nε=plys=zɑ̃=vidə=vi=vʁə=ʒə=vø=mu=ʁiʁ 11mu=ʁiʁ=puʁnə=plys=ʒa=mε=su=fʁiʁ 8su=fʁiʁ=də=nə=pa=ta=vwaʁ=a=mε=ko=te 11twa=ki=di=zε=tɑ̃=mε=me=twa=ki=ma=ki=te 12e=sε=je=də=suʁiʁə=mə=fε=su=fʁiʁ 9su=fʁiʁ=nə=mə=dɔnə=pa=ɑ̃=vi=də=suʁiʁə 10kə=fεʁə=puʁ=ʁə=vivʁə=mwa=ki=ε=mε=la=vi 11ʒε=mε=la=visə=lə=mɑ̃=kɑ̃=ty=ɑ̃=fə=zε=paʁ=ti 13mɛ̃tə=nɑ̃=ʒə=sɥi=kɔ=mə=dɑ̃=zœ̃=lɔ̃=ku=lwaʁ 11e=dɑ̃sə=ku=lwaʁ=ʒə=nə=vwa=ʁjɛ̃=il=fε=nwaʁ 11ʒə=nɑ̃=vwapalə=bu=ʒə=nə=vwa=plys=ʁjɛ̃ 9sə=lə=mɑ̃=mɔ̃=de=zεs=pwaʁ=e=mɔ̃=ʃa=ɡʁɛ̃ 11ʒə=nə=vø=plys=su=fʁiʁ=ʒə=vø=ʒys=tə=mu=ʁiʁ 12mu=ʁiʁ=puʁ=ʁe=a=pʁɑ̃dʁə=a=suʁiʁə 8 Commentaires Sur La Poesie14/10/2004 0000Carpe Diemil est magnifique ce poème, s’il raconte un boiut de ta vie jen suis sincerement desolé, sinceres amities15/10/2004 0000Angel-Of-The-DarkOn peut presque dire ca comme ca Poème EspoirPublié le 14/10/2004 1333 L'écrit contient 632 mots qui sont répartis dans 1 strophes. Poete Angel-Of-The-Dark Récompense Texte des commentateurs
Jene croyais pas trouver là Des raisons de souffrir encor! -Un jardin, son humble décor, - (Lequel de nous deux a donc tort?) Mais ton oeil ressemble aux lilas! Tu sais, je n'anticipais pas, Je ne m'étais pas dit, vraiment, Moi qui te combats prudemment, Qu'à chaque instant, à chaque pas, Je heurterais mon coeur qui songe À quelque chose
Qu'est-ce que l'amour ? L'échange de deux fantaisies Et le contact de deux épidermes Chamfort I Eh bien ! en vérité, les sots auront beau dire, Quand on n'a pas d'argent, c'est amusant d'écrire. Si c'est un passe-temps pour se désennuyer, Il vaut bien la bouillotte ; et, si c'est un métier, Peut-être qu'après tout ce n'en est pas un pire Que fille entretenue, avocat ou portier II J'aime surtout les vers, cette langue immortelle. C'est peut-être un blasphème, et je le dis tout bas Mais je l'aime à la rage. Elle a cela pour elle Que les sots d'aucun temps n'en ont pu faire cas, Qu'elle nous vient de Dieu, — qu'elle est limpide et belle, Que le monde l'entend, et ne la parle pas. III Eh bien ! Sachez-le donc, vous qui voulez sans cesse Mettre votre scalpel dans un couteau de bois Vous qui cherchez l'auteur à de certains endroits, Comme un amant heureux cherche, dans son ivresse Sur un billet d'amour les pleurs de sa maîtresse, Et rêve, en le lisant, au doux son de sa voix. IV Sachez-le, — c'est le cœur qui parle et qui soupire Lorsque la main écrit, — c'est le cœur qui se fond ; C'est le cœur qui s'étend, se découvre et respire Comme un gai pèlerin sur le sommet d'un mont Et puissiez-vous trouver, quand vous en voudrez rire À dépecer nos vers le plaisir qu'ils nous font ! V Qu'importe leur valeur ? La muse est toujours belle, Même pour l'insensé, même pour l'impuissant ; Car sa beauté pour nous, c'est notre amour pour elle. Mordez et croassez, corbeaux, battez de l'aile ; Le poète est au ciel, et lorsqu'en vous poussant Il vous y fait monter, c'est qu'il en redescend VI Allez, — exercez-vous, — débrouillez la quenouille, Essoufflez-vous à faire un bœuf d'une grenouille Avant de lire un livre, et de dire J'y crois ! Analysez la plaie, et fourrez-y les doigts ; Il faudra de tout temps que l'incrédule y fouille, Pour savoir si son Christ est monté sur la croix VII Eh, depuis quand un livre est-il donc autre chose Que le rêve d'un jour qu'on raconte un instant ; Un Oiseau qui gazouille et s'envole ; — une rose Qu'on respire et qu'on jette, et qui meurt en tombant ; — Un ami qu'on aborde, avec lequel on cause, Moitié lui répondant, et moitié l'écoutant ? VIII Aujourd'hui' par exemple, il plait à ma cervelle De rimer en sixains le conte que voici, Va-t-on le maltraiter et lui chercher querelle ? Est-ce sa faute, à lui, si je l'écris ainsi ? Byron, me direz-vous, m'a servi de modèle. Vous ne savez donc pas qu'il imitait Pulci ? IX Lisez les Italiens, vous verrez s'il les vole. Rien n'appartient à rien, tout appartient à tous. Il faut être ignorant comme un maître d'école Pour se flatter de dire une seule parole Que personne ici-bas n'ait pu dire avant vous. C'est imiter quelqu'un que de planter des choux. X Ah ! pauvre Laforêt, qui ne savais pas lire, Quels vigoureux soufflets ton nom seul a donnés Au peuple travailleur des discuteurs damnés ! Molière t'écoutait lorsqu'il venait d'écrire Quel mépris des humains dans le simple et gros rire Dont tu lui baptisais ses hardis nouveau-nés ! XI Il ne te lisait pas, dit-on, les vers d'Alceste ; Si je les avais faits, je te les aurais lus. L'esprit et les bons mots auraient été perdus ; Mais les meilleurs accords de l'instrument céleste Seraient allés au cœur comme ils en sont venus. J'aurais dit aux bavards du siècle A vous le reste XII Pourquoi donc les amants veillent-ils nuit et jour ? Pourquoi donc le poète aime-t-il sa souffrance ? Que demandent-ils donc tous les deux en retour ? Une larme, ô mon Dieu, voilà leur récompense ; Voilà pour eux le ciel ; la gloire et l'éloquence, Et par là le génie est semblable à l'amour. XIII Mon premier chant est fait. — Je viens de le relire. J'ai bien mal expliqué ce que je voulais dire ; Je n'ai pas dit un mot de ce que j'aurais dit Si j'avais fait un plan une heure avant d'écrire ; Je crève de dégoût, de rage et de dépit Je crois en vérité que j'ai fait de l'esprit XIV Deux sortes de roués existent sur la terre L'an, beau comme Satan, froid comme la vipère, Hautain, audacieux, plein d'imitation, Ne laissant palpiter sur son cœur solitaire Que l'écorce d'un homme et de la passion ; Faisant un manteau d'or à son ambition ; XV Corrompant sans plaisir, amoureux de lui-même, Et, pour s'aimer toujours, voulant toujours qu'on l'aime ; Regardant au soleil son ombre se mouvoir ; Dès qu'une source est pure, et que l'on peut s'y voir, Venant comme Narcisse y pencher son front blême, Et chercher la douleur pour s'en faire un miroir. XVI Son idéal, c'est lui -Quoi qu'il dise ou qu'il fasse, Il se regarde vivre, et s'écoute parler. Car il faut que demain on dise, quand il passe Cet homme que voilà, c'est Robert Lovelace Autour de ce mot-là le monde peut rouler ; Il est l'axe du monde, et lui permet d'aller. XV Avec lui ni procès, ni crainte, ni scandale. Il jette un drap mouillé sur son père qui râle ; Il rôde, en chuchotant, sur la pointe du pied. Un amant plus sincère, à la main plus loyale, Peut serrer une main trop fort, et l'effrayer ; Mais lui, n'ayez pas peur de lui, c'est son métier. XVIII Qui pourrait se vanter d'avoir surpris son âme ? L'étude de sa vie est d'en cacher le fond... On en parle, — on en pleure, — on en rit, qu'en voit on Quelques duels oubliés, quelques soupirs de femme, Quelque joyau de prix sur une épaule infâme, Quelque croix de bois noir sur un tombeau sans nom. XIX Mais comme tout se tait dès qu'il vient à paraître ! Clarisse l'aperçoit, et commence à souffrir. Comme il est beau ! brillants comme il s'annonce en maître ! Si Clarisse s'indigne et tarde à consentir, Il dira qu'il se tue-il se tuera peut-être ; — Mais Clarisse aime mieux le sauver, et mourir. XX C'est le roué sans cœur, le spectre à double face, A la patte de tigre, aux serres de vautour, Le roué sérieux qui n'eut jamais d'amour ; Méprisant la douleur comme la populace ; Disant au genre humain de lui laisser son jour- Et qui serait César, s'il n'était Lovelace XXI Ne lui demandez pas s'il est heureux ou non ; Il n'en sait rien lui-même, il est ce qu'il doit être. Il meurt silencieux, tel que Dieu l'a fait naître L'antilope aux yeux bleus est plus tendre peut-être Que le roi des forêts ; mais le lion répond Qu'il n'est pas antilope, et qu'il a nom lion. XXII Voilà l'homme d'un siècle, et l'étoile polaire Sur qui les écoliers fixent leurs yeux ardents, L'homme dont Robertson fera le commentaire, Qui donnera sa vie à lire à nos enfants Ses crimes noirciront un large bréviaire, Qui brûlera les mains et les cœurs de vingt ans. XXIII Quant au roué Français, au don Juan ordinaire, Ivre, riche, joyeux, raillant l'homme de pierre, Ne demandant partout qu'à trouver le vin bon, Bernant monsieur Dimanche, et disant à son père Qu'il serait mieux assis pour lui faire un sermon, C'est l'ombre d'un roué qui ne vaut pas Valmont. XXIV Il en est un plus grand, plus beau, plus poétique, Que personne n'a fait, que Mozart a rêvé, Qu'Hoffmann a vu passer, au son de la musique, Sous un éclair divin de sa nuit fantastique, Admirable portrait qu'il n'a point achevé, Et que de notre temps Shakspeare aurait trouvé. XXV Un jeune homme est assis au bord d'une prairie, Pensif comme l'amour, beau comme le génie ; Sa maîtresse enivrée est prête à s'endormir. Il vient d'avoir vingt ans, son cœur vient de s'ouvrir. Rameau tremblant encor de l'arbre de la vie, Tombé, comme le Christ, pour aimer et souffrir XXVI Le voilà se noyant dans des larmes de femme, Devant cette nature aussi belle que lui ; Pressant le monde entier sur son cœur qui se pâme, Faible, et, comme le lierre, ayant besoin d'autrui ; Et ne le cachant pas, et suspendant son âme, Comme un luth éolien, aux lèvres de la Nuit. XXVII Le voilà demandant pourquoi son cœur soupire, Jurant, les yeux en pleurs, qu'il ne désire rien ; Caressant sa maîtresse, et des sons de sa lyre Egayant son sommeil comme un ange gardien ; Tendant sa coupe d'or à ceux qu'il voit sourire, Voulant voir leur bonheur pour y chercher le sien. XXVIII Le voilà, jeune et beau, sous le ciel de la France, Déjà riche à vingt ans comme un enfouisseur ; Portant sur la nature un cœur plein d'espérance, Aimant, aimé de tous, ouvert comme une fleur ; Si candide et si frais que l'ange d'innocence Baiserait sur son front la beauté de son cœur XXIX Le voilà, regardez, devinez-lui sa vie. Quel sort peut-on prédire à cet enfant du ciel ? L'amour en l'approchant jure d'être éternel ; Le hasard pense à lui, — la sainte poésie Retourne en souriant sa coupe d'ambroisie Sur ses cheveux plus doux et plus blonds que le miel. XXX Ce palais, c'est le sien ; — le serf et la campagne Sont à lui ; — la forêt, le fleuve et la montagne Ont retenu son nom en écoutant l'écho. C'est à lui le village, et le pâle troupeau Des moines. — Quand il passe et traverse un hameau, Le bon ange du lieu se lève et l'accompagne. XXXI Quatre filles de prince ont demandé sa main. Sachez que s'il voulait la reine pour maîtresse, Et trois palais de plus, il les aurait demain ! Qu'un juif deviendrait chauve à compter sa richesse, Et qu'il pourrait jeter, sans que rien en paraisse Les blés de ses moissons aux oiseaux du chemin. XXXII Eh bien ! cet homme-là vivra dans les tavernes Entre deux charbonniers autour d'un poêle assis ; La poudre noircira sa barbe et ses sourcils ; Vous le verrez un jour, tremblant et les yeux ternes Venir dans son manteau dormir sous les lanternes, La face ensanglantée et les coudes noircis. XXXIII Vous le verrez sauter sur l'échelle dorée, Pour courir dans un bouge au sortir d'un boudoir, Portant sa lèvre ardente à la prostituée, Avant qu'à son balcon done Elvire éplorée, Dans la profonde nuit croyant encor le voir, Ait cessé d'agiter sa lampe et son mouchoir. XXXIV Vous le verrez, laquais pour une chambrière, Cachant sous ses habits son valet grelottant ; Vous le verrez, tranquille et froid comme une pierre, Pousser dans les ruisseaux le cadavre d'un père, Et laisser le vieillard traîner ses mains de sang Sur des murs chauds encor du viol de son enfant. XXXV Que direz-vous alors ? Ah ! vous croirez peut-être Que le monde a blessé ce cœur vaste et hautain, Que c'est quelque Lara qui se sent méconnaître, Que l'homme a mal jugé, qui sait ce qu'il peut être, Et qui, s'apercevant qu'il le serait en vain, Rend haine contre haine et dédain pour dédain. XXXVI Eh bien ! vous vous trompez. — Jamais personne au monde N'a pensé moins que lui qu'il c'`ait oublié. Jamais il n'a frappé sans qu'on ne lui réponde ; Jamais il n'a senti l'inconstance de l'onde, Et jamais il n'a vu se dresser sous son pié Le vivace serpent de la fausse amitié. XXXVII Que dis-je ? tel qu'il est, le monde l'aime encore ; Il n'a perdu chez lui ni ses biens ni son rang. Devant Dieu, devant tous, il s'assoit à son banc. Ce qu'il a fait de mal, personne ne l'ignore ; On connaît son génie, on l'admire, on l'honore. — Seulement, voyez-vous, cet homme, c'est don Juan. XXXVIII Oui, don Juan. Le voilà, ce nom que tout répète, Ce nom mystérieux que tout l'univers prend, Dont chacun vient parler, et que nul ne comprend ; Si vaste et si puissant qu'il n'est pas de poète Qui ne l'ait soulevé dans son cœur et sa tête, Et pour l'avoir tenté ne soit resté plus grand. XXXIX Insensé que je suis ! que fais-je ici moi-même ? Était-ce donc mon tour de leur parler de toi, Grande ombre, et d'où viens-tu pour tomber jusqu'à moi ? C'est qu'avec leurs horreurs, leur doute et leur blasphème Pas un d'eux ne t'aimait, don Juan ; et moi, je t'aime Comme le vieux Blondel aimait son pauvre roi. XL Oh ! qui me jettera sur ton coursier rapide ! Oh ! qui me prêtera le manteau voyageur, Pour te suivre en pleurant, candide corrupteur ! Qui me déroulera cette liste homicide, Cette liste d'amour si remplie et si vide, Et que ta main peuplait des oublis de ton cœur ! XLI Trois mille noms charmants ! Trois mille noms de femme ! Pas un qu'avec des pleurs tu n'aies balbutié ! Et ce foyer d'amour qui dévorait ton âme, Qui lorsque tu mourus, de tes veines de flamme Remonta dans le ciel comme un ange oublié, De ces trois mille amours pas un qui l'ait noyé ! XLII Elles t'aimaient pourtant, ces filles insensées Que sur ton cœur de fer tu pressas tour à tour ; Le vent qui t'emportait les avait traversées ; Elles t'aimaient, don Juan, ces pauvres délaissées Qui couvraient de baisers l'ombre de ton amour, Qui te donnaient leur vie, et qui n'avaient qu'un jour ! XLIII Mais toi, spectre énervé, toi, que faisais-tu d'elles ? Ah ! massacre et malheur ! tu les aimais aussi, Toi ! croyant toujours voir sur tes amours nouvelles Se lever le soleil de tes nuits éternelles, Te disant chaque soir Peut-être le voici Et l'attendant toujours, et vieillissant ainsi ! XLIV Demandant aux forêts, à la mer, à la plaine, Aux brises du matin, à toute heure, à tout lieu, La femme de ton âme et de ton premier vœu ! Prenant pour fiancée un rêve, une ombre vaine, Et fouillant dans le cœur d'une hécatombe humaine, Prêtre désespéré, pour y chercher ton Dieu. XLV Et que voulais-tu donc ?-Voilà ce que le monde Au bout de trois cents ans demande encor tout bas Le sphinx aux yeux perçants attend qu'on lui réponde Ils savent compter l'heure, et que leur terre est ronde Ils marchent dans leur ciel sur le bout d'un compas' Mais ce que tu voulais, ils ne le savent pas. XLVI Quelle est donc, disent-ils,. cette femme inconnue, Qui seule eût mis la main au frein de son coursier ? Qu'il appelait toujours et qui n'est pas venue ? Où l'avait-il trouvée ? où l'avait-il perdue ? Et quel nœud si puissant avait su les lier, Que, n'ayant pu venir, il n'ait pu l'oublier ? XLVII N'en était-il pas une, ou plus noble, ou plus belle, Parmi tant de beautés, qui, de loin ou de près, De son vague idéal eût du moins quelques traits ? Que ne la gardait-il ! qu'on nous dise laquelle. Toutes lui ressemblaient, — ce n'était jamais elle, Toutes lui ressemblaient, don Juan, et tu marchais ! XLVIII Tu ne t'es pas lassé de parcourir la terre ! Ce vain fantôme, à qui Dieu t'avait envoyé, Tu n'en as pas brisé la forme sous ton pied ! Tu n'es pas remonté, comme l'aigle à son aire Sans avoir sa pâture, ou comme le tonnerre Dans sa nue aux flancs d'or, sans avoir foudroyé ! XLIX Tu n'as jamais médit de ce monde stupide Qui te dévisageait d'un regard hébété ; Tu l'as vu, tel qu'il est, dans sa difformité ; Et tu montais toujours cette montagne aride, Et tu suçais toujours, plus jeune et plus aride, Les mamelles d'airain de la Réalité. L Et la vierge aux yeux bleus, sur la souple ottomane, Dans ses bras parfumés te berçait mollement ; De la fille de roi jusqu'à la paysanne Tu ne méprisais rien, même la courtisane, À qui tu disputais son misérable amant ; Mineur, qui dans un puits cherchais un diamant. LI Tu parcourais Madrid, Paris, Naple et Florence ; Grand seigneur aux palais, voleur aux carrefours ; Ne comptant ni l'argent, ni les nuits, ni les jours ; Apprenant du passant à chanter sa romance ; Ne demandant à Dieu, pour aimer l'existence, Que ton large horizon et tes larges amours. LII Tu retrouvais partout la vérité hideuse, Jamais ce qu'ici-bas cherchaient tes vœux ardents, Partout l'hydre éternel qui te montrait les dents ; Et poursuivant toujours ta vie aventureuse, Regardant sous tes pieds cette mer orageuse, Tu te disais tout bas Ma perle est là dedans. LIII Tu mourus plein d'espoir dans ta route infinie, Et te souciant peu de laisser ici-bas Des larmes et du sang aux traces de tes pas. Plus vaste que le ciel et plus grand que la vie, Tu perdis ta beauté, ta gloire et ton génie Pour un être impossible, et qui n'existait pas. LIV Et le jour que parut le convive de pierre, Tu vins à sa rencontre, et lui tendis la main ; Tu tombas foudroyé sur ton dernier festin Symbole merveilleux de l'homme sur la terre, Cherchant de ta main gauche à soulever ton verre Abandonnant ta droite à celle du Destin ! LV Maintenant, c'est à toi, lecteur, de reconnaître Dans quel gouffre sans fond peut descendre ici-bas Le rêveur insensé qui voudrait d'un tel maître. Je ne dirai qu'un mot, et tu le comprendras Ce que don Juan aimait, Hassan l'aimait peut-être ; Ce que don Juan cherchait, Hassan n'y croyait - Chant deuxième Poèmes de Alfred de Musset Citations de Alfred de MussetA quoi passer la nuit quand on soupe en carême ? Ainsi, le verre en main, raisonnaient deux amis. Quels entretiens choisir, honnêtes et permis, Mais gais, tels qu'un vieux vin les conseille et les aime ? RODOLPHE Parlons de nos amours ; la joie et la beauté Sont mes dieux les plus chers, après la liberté. Ébauchons, en trinquant, une joyeuse idylle. Par les bois et les prés, les bergers de Virgile Fêtaient la poésie à toute heure, en tout lieu ; Ainsi chante au soleil la cigale-dorée. D'une voix plus modeste, au hasard inspirée, Nous, comme le grillon, chantons au coin du feu. ALBERT Faisons ce qui te plaît. Parfois, en cette vie, Une chanson nous berce et nous aide à souffrir, Et, si nous offensons l'antique poésie, Son ombre même est douce à qui la sait chérir. RODOLPHE Rosalie est le nom de la brune fillette Dont l'inconstant hasard m'a fait maître et seigneur. Son nom fait mon délice, et, quand je le répète, Je le sens, chaque fois, mieux gravé dans mon coeur. ALBERT Je ne puis sur ce ton parler de mon amie. Bien que son nom aussi soit doux à prononcer, J e ne saurais sans honte à tel point l'offenser, Et dire, en un seul mot, le secret de ma vie. RODOLPHE Que la fortune abonde en caprices charmants Dès nos premiers regards nous devînmes amants. C'était un mardi gras dans une mascarade ; Nous soupions ; - la Folie agita ses grelots, Et notre amour naissant sortit d'une rasade, Comme autrefois Vénus de l'écume des flots. ALBERT Quels mystères profonds dans l'humaine misère ! Quand, sous les marronniers, à côté de sa mère, Je la vis, à pas lents, entrer si doucement Son front était si pur, son regard si tranquille ! , Le ciel m'en est témoin, dès le premier moment, Je compris que l'aimer était peine inutile ; Et cependant mon coeur prit un amer plaisir À sentir qu'il aimait et qu'il allait souffrir ! RODOLPHE Depuis qu'à mon chevet rit cette tête folle, Elle en chasse à la fois le sommeil et l'ennui ; Au bruit de nos baisers le temps joyeux s'envole, Et notre lit de fleurs n'a pas encore un pli. ALBERT Depuis que dans ses yeux ma peine a pris naissance, Nul ne sait le tourment dont je suis déchiré. Elle-même l'ignore, - et ma seule espérance Est qu'elle le devine un jour, quand j'en mourrai. RODOLPHE Quand mon enchanteresse entr'ouvre sa paupière, Sombre comme la nuit, pur comme la lumière, Sur l'émail de ses yeux brille un noir diamant. ALBERT Comme sur une fleur une goutte de pluie, Comme une pâle étoile au fond du firmament, Ainsi brille en tremblant le regard de ma vie. RODOLPHE Son front n'est pas plus grand que celui de Vénus. Par un noeud de ruban deux bandeaux retenus L'entourent mollement d'une fraîche auréole ; Et, lorsqu'au pied du lit tombent ses longs cheveux, On croirait voir, le soir, sur ses flancs amoureux, Se dérouler gaiement la mantille espagnole. ALBERT Ce bonheur à mes yeux n'a pas été donné De voir jamais ainsi la tête bien-aimée. Le chaste sanctuaire où siège sa pensée D'un diadème d'or est toujours couronné. RODOLPHE Voyez-la, le matin, qui gazouille et sautille ; Son coeur est un oiseau, - sa bouche est une fleur. C'est là qu'il faut saisir cette indolente fille, Et, sur la pourpre vive où le rire pétille, De son souffle enivrant respirer la fraîcheur. ALBERT Une fois seulement, j'étais le soir près d'elle ; Le sommeil lui venait et la rendait plus belle ; Elle pencha vers moi son front plein de langueur, Et, comme on voit s'ouvrir une rose endormie, Dans un faible soupir, des lèvres de ma mie, Je sentis s'exhaler le parfum de son coeur. RODOLPHE Je voudrais voir qu'un jour ma belle dégourdie, Au cabaret voisin de champagne étourdie, S'en vînt, en jupon court, se glisser dans tes bras. Qu'adviendrait-il alors de ta mélancolie ? Car enfin toute chose est possible ici-bas. ALBERT Si le profond regard de ma chère maîtresse Un instant par hasard s'arrêtait sur le tien, Qu'adviendrait-il alors de cette folle ivresse ? Aimer est quelque chose, et le reste n'est rien. RODOLPHE Non, l'amour qui se tait n'est qu'une rêverie. Le silence est la mort, et l'amour est la vie ; Et c'est un vieux mensonge à plaisir inventé, Que de croire au bonheur hors, de la volupté ! Je ne puis partager ni plaindre ta souffrance Le hasard est là-haut pour les audacieux ; Et celui dont la crainte a tué l'espérance Mérite son malheur et fait injure aux dieux. ALBERT Non, quand leur âme immense entra dans la nature, Les dieux n'ont pas tout dit à la matière impure Qui reçut dans ses flancs leur forme et leur beauté. C'est une vision que la réalité. Non, des flacons brisés, quelques vaines paroles Qu'on prononce au hasard et qu'on croit échanger, Entre deux froids baisers quelques rires frivoles, Et d'un être inconnu le contact passager, Non, ce n'est pas l'amour, ce n'est pas même un rêve, Et la satiété, qui succède au désir, Amène un tel dégoût quand le coeur se soulève, Que je ne sais, au fond, si c'est peine ou plaisir. RODOLPHE Est-ce peine ou plaisir, une alcôve bien close, Et le punch allumé, quand il fait mauvais temps ? Est-ce peine ou plaisir, l'incarnat de la rose, La blancheur de l'albâtre et l'odeur du printemps ? Quand la réalité ne serait qu'une image, Et le contour léger des choses d'ici-bas, Me préserve le ciel d'en savoir davantage ! Le masque est si charmant, que j'ai peur du visage, Et même en carnaval je n'y toucherais pas. ALBERT Une larme en dit plus que tu n'en pourrais dire. RODOLPHE Une larme a son prix, c'est la soeur d'un sourire. Avec deux yeux bavards parfois j'aime à jaser ; Mais le seul vrai langage au monde est un baiser. ALBERT Ainsi donc, à ton gré dépense ta paresse. O mon pauvre secret ! que nos chagrins sont doux ! RODOLPHE Ainsi donc, à ton gré promène ta tristesse. O mes pauvres soupers ! comme on médit de vous ! ALBERT Prends garde seulement que ta belle étourdie Dans quelque honnête ennui ne perde sa gaieté. RODOLPHE Prends garde seulement que ta rose endormie Ne trouve un papillon quelque beau soir d'été. ALBERT Des premiers feux du jour j'aperçois la lumière. RODOLPHE Laissons notre dispute et vidons notre verre. Nous aimons, c'est assez, chacun à sa façon. J'en ai connu plus d'une, et j'en sais la chanson. Le droit est au plus fort, en amour comme en guerre, Et la femme qu'on aime aura toujours Poèmes de Alfred de MussetCitations de Alfred de Musset DH4X9i.
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  • poeme je te quitte pour ne plus souffrir