Quiest fidÚle par indifférence, c'est la fidélité la plus sûre ! Charles Régismanset ; Les nouvelles contradictions (1939) L'indifférence est ce que le beau sexe pardonne le moins aux hommes. Henri-Frédéric Amiel ; Journal intime, le 25 juillet 1852. Quand je n'aime plus je deviens méchant.
Le Monde Afrique L’ancienne base militaire est devenue un passage obligĂ© pour toute la jeunesse Ă©rythrĂ©enne, oĂč lui est inculquĂ© l’amour de la patrie. Mohammed-Ali n’a pas pleurĂ© le jour du dĂ©part pour Sawa. Il a vu pourtant les mĂšres secouĂ©es de sanglots et entendu les gĂ©missements des pĂšres quand a sonnĂ© l’heure. Mais le jeune ErythrĂ©en est montĂ© sans une larme dans le bus en compagnie de ses camarades, filles et garçons silencieux qui, comme lui, prenaient le chemin du nord-ouest du pays. Par la vitre, il a regardĂ© s’éloigner la blancheur des maisons du port de Massawa, sa ville natale, et le scintillement de la mer Rouge. Du haut de ses 22 ans, il se disait en ce mois de juillet 2007 qu’il lui fallait en passer par lĂ  » pour servir sa patrie et Ă©pargner sa famille ». Lire aussi Article rĂ©servĂ© Ă  nos abonnĂ©s En ErythrĂ©e, vingt-cinq ans d’indĂ©pendance et autant de crimes contre l’humanitĂ© », selon l’ONU Comme lui, Estifanos a pris ce bus. Le trajet a durĂ© une dizaine d’heures depuis Asmara, raconte-il en retraçant du doigt le voyage sur Internet. Il n’y a rien autour de Sawa, seulement une riviĂšre, et des villages nomades. » C’était une autre annĂ©e, depuis une autre ville, Senafe, mais le rituel est toujours le mĂȘme depuis plus de vingt ans. De ce grand bus qui emmĂšne les enfants de tout le pays Ă  Sawa, chaque ErythrĂ©en, chaque ErythrĂ©enne garde un souvenir singulier. Le camp militaire, situĂ© dans les basses terres de la rĂ©gion de Gash Barka, non loin du Soudan voisin, est la premiĂšre Ă©tape obligatoire du service national que chaque citoyen scolarisĂ© se doit d’accomplir. Aucune dĂ©rogation n’est possible, c’est valable pour les fils des ministres comme pour les autres, prĂ©cise Estifanos. Sawa, c’est le dĂ©but de l’enfer. » Embrigadement d’une population entiĂšre RĂ©habilitĂ© pour accueillir les recrues du service national en 1994, Sawa est un ancien camp d’entraĂźnement du Front populaire de libĂ©ration de l’ErythrĂ©e EPLF qui fut une base militaire durant la guerre entre ErythrĂ©e et Ethiopie. AprĂšs l’indĂ©pendance de mai 1993, l’EPLF a fait de Sawa le symbole de la renaissance de l’Etat-nation Ă©rythrĂ©en, le berceau d’une nouvelle gĂ©nĂ©ration de citoyens, les warsay, qui apprendraient lors de leur service militaire l’amour de la patrie et le sens du service. Lire aussi Atteinte aux droits de l’homme en ErythrĂ©e Le corps des tĂ©moins parle pour eux » Mais la toute jeune ErythrĂ©e change de visage en 2001 aprĂšs la deuxiĂšme guerre avec l’Ethiopie 1998-2000, l’EPLF se mĂ©tamorphose en un parti unique et autoritaire. En 2002, Sawa, l’ancien camp de l’armĂ©e victorieuse, devient le symbole du durcissement du rĂ©gime. Alors que certains commencent Ă  contester l’enrĂŽlement des jeunes, une douziĂšme annĂ©e d’études est officiellement ajoutĂ©e au cursus scolaire Ă©rythrĂ©en, et ces ultimes mois d’études secondaires conduisent automatiquement les jeunes warsay dans la chaleur Ă©touffante de Sawa. L’enrĂŽlement des Ă©tudiants devenus soldats est le dĂ©but d’une conscription Ă  durĂ©e indĂ©terminĂ©e. La menace Ă©thiopienne » est brandie comme prĂ©texte infaillible Ă  l’embrigadement de la population entiĂšre. Mohammed-Ali a dĂ©couvert Sawa Ă  la tombĂ©e de la nuit. Tout le monde est descendu du bus, on s’est mis en file indienne, et ils nous ont fait mettre Ă  genoux, mains derriĂšre la tĂȘte, se souvient le trentenaire aux yeux soudain assombris. Puis ils ont constituĂ© des groupes en sĂ©parant ceux qui se connaissaient. Moi j’ai Ă©tĂ© assignĂ© au bloc 22, je ne connaissais personne, j’ai perdu tous mes amis. » Toujours rivĂ© Ă  l’écran de l’ordinateur, Estifanos fait dĂ©filer sur la carte les baraquements gris impeccablement alignĂ©s au milieu du dĂ©sert. Ici, c’est la cafĂ©tĂ©ria ; lĂ , l’hĂŽpital ; ici, le baraquement des filles, et les champs de tir ; moi je dormais lĂ , sur des lits superposĂ©s, avec mon Ă©quipe », souffle-t-il en dĂ©signant un bĂątiment au toit cylindrique. Estifanos fixe intensĂ©ment les images. Aucun Ă©tranger n’est autorisĂ© Ă  se rendre Ă  Sawa, et l’emblĂšme de l’endoctrinement de la jeunesse Ă©rythrĂ©enne se rĂ©sume dĂ©sormais pour lui Ă  quelques kilomĂštres carrĂ©s de baraquements photographiĂ©s par des satellites. A Sawa, la peur et les brimades n’avaient rien de virtuel. Durant deux mois, les nouveaux conscrits dĂ©couvrent un rythme de vie harassant. RĂ©veillĂ©s dĂšs l’aube au son des sifflets, nourris de lentilles bouillies et de thĂ©, les Ă©tudiants-soldats sont astreints Ă  marcher des heures, avec kalach, sans kalach », Ă  s’entraĂźner au tir sur cible. Les repas sont pris en silence, les feux doivent ĂȘtre Ă©teints dĂšs huit heures. MalgrĂ© tout, avec mes nouveaux amis, on rigolait le soir dans le baraquement », se souvient Mohammed-Ali. VĂȘtu d’un sweat Ă  capuche et d’une chemise en jean, il a des faux airs d’adolescent. “Qui rit ?” a hurlĂ© le militaire de garde. Il nous a emmenĂ©s dehors, et de 22 heures Ă  4 heures du matin, on a dĂ» rester agenouillĂ©s, les mains derriĂšre la tĂȘte. A un moment on s’est mĂȘme endormis comme ça tellement c’était dur. » Des jeunes filles asservies sexuellement Au-delĂ  des rappels Ă  l’ordre, les jeunes conscrits ont peur du pire, et le pire arrive. Beaucoup trop souvent. A la premiĂšre erreur, ils te font courir trente minutes, et Ă  la seconde ils te font courir durant deux heures, Ă  midi, au moment oĂč le soleil est le plus chaud, alors que tu t’entraĂźnes depuis 5 heures du matin, dĂ©crit Mohammed-Ali. Ils peuvent aussi te frapper avec des bĂątons, t’enduire d’eau sucrĂ©e pour que les insectes te piquent. Certains s’évanouissent et tombent malades, et ils ne te soignent pas “On croit aux entraĂźnements, pas aux mĂ©dicaments”, c’est ce qu’ils nous disaient. » Le discret Estifanos, lui, a toujours rĂ©ussi Ă  Ă©viter les punitions. J’ai compris qu’il fallait se tenir tranquille, c’est la seule rĂšgle Ă  retenir en ErythrĂ©e faire ce qu’on t’ordonne. » Lorsque la premiĂšre session d’entraĂźnement s’achĂšve, deux Ă  trois mois aprĂšs leur arrivĂ©e, les jeunes soldats reprennent le chemin de l’école. Ils y sont pour six mois, mais toujours Ă  Sawa. Comme tous les autres, Mohammed-Ali et Estifanos y travaillent l’examen final, l’équivalent du baccalaurĂ©at, unique sĂ©same vers des Ă©tudes supĂ©rieures. Le rĂ©sultat de l’épreuve dĂ©finit la place dans la sociĂ©tĂ© militaire Ă©rythrĂ©enne Ă  laquelle seront affectĂ©s les conscrits. Pour les meilleurs, une porte s’ouvre vers l’institut de May Nefhi, un des Ă©tablissements d’enseignement supĂ©rieur rĂ©gis par l’armĂ©e, tandis que les recalĂ©s rejoignent les casernes ou des postes subalternes. Mais, quels que soient les rĂ©sultats obtenus et les vƓux d’études Ă©mis, l’affectation finale des Ă©tudiants ne dĂ©pend pas de leur volontĂ©. Leur sort, depuis qu’ils ont passĂ© les portes du camp de Sawa, est entre les mains du gouvernement d’Asmara. Une Ă©chappatoire ? Les filles-mĂšres n’étant pas admises Ă  Sawa, beaucoup de jeunes filles choisissent donc le mariage et la maternitĂ© pour y Ă©chapper. Elles n’ont pour la plupart pas 18 ans, parfois beaucoup moins. Celles qui vont Ă  Sawa ont de forts risques d’ĂȘtre exposĂ©es aux agressions sexuelles. Plusieurs sources ont tĂ©moignĂ© au Monde de viols et d’asservissement sexuel de jeunes femmes Ă  l’intĂ©rieur de ces camps, dont Sawa. Les soldats leur font croire qu’ils leur donneront des papiers pour le Soudan ou une permission pour voir leur famille et ils abusent d’elles », explique Estifanos, alors qu’un autre relate sa rencontre avec cette jeune femme en pleurs, devant son baraquement. Elle venait d’ĂȘtre agressĂ©e par un militaire. Lire aussi Nommer le totalitarisme Ă©rythrĂ©en et sortir de l’indiffĂ©rence L’ErythrĂ©e est pourtant un pays qui a beaucoup fait pour l’éducation des jeunes filles et le droit des femmes, dĂ©plore Jennifer Riggan, anthropologue et auteur de The Struggling State. Nationalism, mass militarization and the education of Eritrea Ă©d. Temple University Press, 2016, non traduit. Sawa vient freiner considĂ©rablement cet Ă©lan initiĂ© depuis vingt-cinq ans puisque beaucoup d’adolescentes renoncent Ă  leurs Ă©tudes pour ne pas aller dans ces camps. » Et Mohammed-Ali de confier dans un sourire gĂȘnĂ© Je n’épouserai jamais une fille qui a fait Sawa. » Ton existence appartient au gouvernement » Pourtant, aucune des personnes interrogĂ©es ne veut remettre en question l’existence du camp. Sawa incarne toute l’ambivalence Ă©rythrĂ©enne, l’histoire d’une nation qui a tant sacrifiĂ© pour obtenir son indĂ©pendance, analyse le chercheur David Bozzini, auteur d’En Ă©tat de siĂšge ethnographie de la mobilisation et de la surveillance en ErythrĂ©e Ă©d. UniversitĂ© de NeuchĂątel, 2011. Les gens ne remettent pas en cause le principe du devoir ni le nationalisme officiel, ils remettent en cause la rĂ©alitĂ© du service national avec tout ce que cela implique d’insĂ©curitĂ©, de limitation des libertĂ©s, de frustration et de rĂ©pression. » Ce service, dont Sawa est le prĂ©lude, commence dĂšs la sortie du camp, sans laisser de rĂ©pit aux Ă©tudiants-soldats embrigadĂ©s par le rĂ©gime dictatorial d’Issayas Afeworki, au pouvoir depuis 1993. Quand j’ai quittĂ© Sawa, il m’a semblĂ© que je respirais de nouveau, se souvient Mohammed-Ali. Mais je n’étais pas libre, ça, non ! » Alors qu’il avait demandĂ© de pouvoir suivre des Ă©tudes de sciences politiques, ses rĂ©sultats Ă  l’examen final l’envoient en sociologie. Il sera ensuite assignĂ© Ă  devenir professeur d’histoire, aux antipodes de ses ambitions de jeune warsay. A tous les Ăąges de la vie, tu rĂ©alises qu’aprĂšs Sawa tu n’auras pas de futur, analyse froidement Estifanos. Ton existence ne t’appartient plus, elle appartient au gouvernement. Tu peux devenir n’importe quoi, tu peux rester dans l’armĂ©e six mois comme dix ans, cela ne dĂ©pend plus de toi. » Lire aussi Aux abois, le rĂ©gime Ă©rythrĂ©en bat le rappel de ses soutiens Ă  GenĂšve Sawa reprĂ©sente beaucoup plus aujourd’hui qu’un simple camp, explique Jennifer Riggan, qui a menĂ© de nombreuses enquĂȘtes de terrain en ErythrĂ©e jusqu’au milieu des annĂ©es 2000. Les conditions de vie se sont amĂ©liorĂ©es et les enfants de la diaspora viennent chaque Ă©tĂ© y cĂ©lĂ©brer la fĂȘte nationale en prĂ©sence d’Issayas Afeworki. Au fil des annĂ©es, Sawa est devenu une vitrine du rĂ©gime, mais pour les citoyens Ă©rythrĂ©ens, cette vitrine est aussi le symbole de leur perpĂ©tuelle oppression. » Comme la jeunesse athĂ©nienne livrĂ©e chaque annĂ©e au redoutable Minotaure dans le mythe grec, les jeunes ErythrĂ©ens doivent trouver un moyen de sortir du labyrinthe. Pour Mohammed-Ali, cela a commencĂ© au sein du camp. Wade Tikabo, un chanteur trĂšs connu, est venu donner un concert quand j’étais Ă  Sawa, raconte-il. Sa chanson, “Yigarimena Allo”, veut dire “tu m’impressionnes”, mais nous, on a remplacĂ© ses paroles par “Yimerina Alla”, qui veut dire “nous vivons une situation affreuse”. On l’avait inscrit dans le col de notre chemise, c’était notre seule façon de rĂ©sister. » Lire aussi La vie et les rĂȘves brisĂ©s des jeunes ErythrĂ©ens Comme son frĂšre et sa sƓur avant lui, et comme un tiers de la population Ă©rythrĂ©enne, Mohammed-Ali a fini par trouver son fil d’Ariane et suivre le chemin de l’exil. Il a quittĂ© l’ErythrĂ©e Ă  pied, en pleine nuit, au risque de croiser des soldats qui ont ordre de tirer sur les dĂ©serteurs. DĂ©sormais rĂ©fugiĂ© politique Ă  Paris, Mohammed-Ali n’a pas oubliĂ© Sawa. Ici, Ă  chaque rencontre, les exilĂ©s se prĂ©sentent en donnant leur annĂ©e de leur passage dans le camp, comme un automatisme gravĂ© dans leur chair. Agathe Charnet et Amaury Hauchard Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil Ă  la fois Ce message s’affichera sur l’autre appareil. DĂ©couvrir les offres multicomptes Parce qu’une autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil Ă  la fois ordinateur, tĂ©lĂ©phone ou tablette. Comment ne plus voir ce message ? En cliquant sur » et en vous assurant que vous ĂȘtes la seule personne Ă  consulter Le Monde avec ce compte. Que se passera-t-il si vous continuez Ă  lire ici ? Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connectĂ© avec ce compte. Y a-t-il d’autres limites ? Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant Ă  des moments diffĂ©rents. 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GoldmanfĂȘte ses 70 ans. Sur cette photo, il en avait seulement 35 ans, c’est l’époque de l’album culte Entre gris clair et gris foncĂ©. PHOTO AFP. Par N.G. PubliĂ©: 11 Octobre 2021 Ă 
Chansons fleuves Le FantĂŽme de Pierrot de Maxime Le Forestier auteur et Patrice Caratini compositeur EnregistrĂ©e en Juillet 1976. Paroles de Maxime Le Forestier, musique de Patrice Caratini. Au dĂ©but, la composition musicale ressemble Ă  quelque chose d'Ornette Coleman. Ensuite, elle sonne comme elle pourrait ĂȘtre de Michel Legrand. Coup de chapeau Ă  Le Forestier et Caratini pour cette piĂšce rare. Pour ma part cette remarquable chanson qui dure 11 minutes et 33 secondes m'a donnĂ© envie de rechercher les belles chansons de plus de 7 minutes qu'on pourrait appeler "Chansons fleuves" comme Dick Annegarn a nommĂ© une de ses chansons "Ă  rallonge" on y trouve plusieurs chansons chantĂ©es par Bashung, FerrĂ©, Manset ...et bien d'autres. Posts les plus consultĂ©s de ce blog Le puzzle Perec Tu as tout Ă  apprendre, tout ce qui ne s'apprendre pas la solitude, l'indiffĂ©rence, la patience, le silence.“ — Georges Perec, Un homme qui dort Source Auteur prolifique et touche-Ă -tout, la virtuositĂ© de Georges Perec ne connaĂźt pas d'Ă©gal au vingtiĂšme siĂšcle, cela ne doit pas pour autant occulter les thĂ©matiques, souvent graves, qui traversent son Ɠuvre, ni les ambitions de l'auteur, qui vont bien au-delĂ  de simples jeux sur le langage. Tu as tout Ă  apprendre, tout ce qui ne s'apprendre pas la solitude, l'indiffĂ©rence, la patience, le silence.“ — Georges Perec, Un homme qui dort Source Tu as tout Ă  apprendre, tout ce qui ne s'apprendre pas la solitude, l'indiffĂ©rence, la patience, le silence.“ — Georges Ça sort du cadre ! On imagine parfois que le sujet d'un tableau puisse en sortir tellement il parait rĂ©el ! Faute de savoir faire ou par preuve d'humour, quelques peintres ont contournĂ© cette difficultĂ© tout simplement en mettant rĂ©ellement un personnage hors du tableau. Cette pratique me rappelle cette sĂ©ance de "magie noire" Ă  laquelle j'avais assistĂ© enfant et au cours de laquelle le magicien avait fait sortir rĂ©ellement une jeune femme dessinĂ©e sur un rouleau de papier qu'il avait dĂ©roulĂ© et appliquĂ© au mur !!! Un peintre espagnol a créé cette superbe peinture nommĂ©e "Escapando de la Critica" qui l'a rendu cĂ©lĂšbre en Espagne. Il s'agit du peintre PĂšre BorrĂ©e del Caso ayant vĂ©cu dans son pays de 1835 Ă  1910. D'autres moyens, plus radicaux il est vrai, arrive au mĂȘme rĂ©sultat "Les glaneuses" 1857 de J-François Millet en ont fait les frais de façon parodique ... Ce tableau anonyme a servi de pr Sculptures "fontaines" de Malgorzata Chodakowska L'artiste polonaise Malgorzata Chodakowska , crĂ©e ces belles fontaines en bronze, oĂč l’eau joue un rĂŽle essentiel dans l’ensemble de la structure. L’artiste met entre deux Ă  six mois pour rĂ©aliser une sculpture, en fonction de la complexitĂ© de l’Ɠuvre. Elle commence par rĂ©aliser un modĂšle en argile, qui sert ensuite de moule Ă  la rĂ©alisation finale. Malgorzata sculpte depuis plus de 30 ans. Mes fontaines rĂ©pandent la joie pure de la vie, en combinant l’élĂ©ment de l’eau avec la matiĂšre premiĂšre – le bronze », explique t-elle.
\n chanson l indifférence c est ce silence
Parolesde L'INDIFFÉRENCE par Charles Aznavour: Peu Ă  peu nous a fait sombrer, Dans un monde froid et figĂ©, Sans rĂ©sonance, Que reste-t-il de nos folies, OĂč Home; Chansons . Chansons les plus populaires; Chansons rĂ©cemment ajoutĂ©es; Chansons vedettes. Albums. Albums les plus populaires; Albums rĂ©cemment ajoutĂ©s; Albums rĂ©cemment mis Ă  jour;
1Avec la rĂ©duction du pouvoir temporel de l’Église en France, la chanson anticlĂ©ricale semble n’avoir plus de raison d’ĂȘtre et menace de se folkloriser. Pourtant, loin de mourir, elle se diversifie et gagne en nuances. Perdurant aprĂšs 1968, elle met toujours en cause les institutions religieuses, mais aussi les textes sacrĂ©s eux-mĂȘmes et leurs principaux personnages. Bien que la relative confidentialitĂ© du rĂ©pertoire rende pĂ©rilleuse toute prĂ©tention statistique, il semble que JĂ©sus se voit consacrer un grand nombre de chansons profanes, suivi de loin par Marie, Ève, Joseph, Marie-Madeleine, MoĂŻse ou NoĂ©. La religion reste toutefois un thĂšme rare. L’anticlĂ©ricalisme est souvent le fait d’artistes qui – exigeants ou militants – restent confidentiels. Lorsque des interprĂštes cĂ©lĂšbres s’y essaient, ils ne mettent pas en Ă©vidence ce type de chanson dans leur rĂ©pertoire. 2Plusieurs gĂ©nĂ©rations d’artistes cohabitent sur un marchĂ© en Ă©volution constante, tandis que les enjeux sociaux se modifient, ce qui rend nĂ©cessaire un sommaire rappel historique. Si des Ɠuvres issues de la tradition persistent aujourd’hui dans les marges, la religion catholique est perçue comme moins attentatoire aux libertĂ©s publiques qu’un islam que les artistes hĂ©sitent Ă  attaquer et qui n’a pas, jusqu’aux annĂ©es 90, un impact visible sur les ventes de disque. 3Nous verrons toutefois que l’anticlĂ©ricalisme s’est ramifiĂ©. Georges Brassens a renouvelĂ© le genre. MĂȘlant comme lui irrĂ©ligion, tolĂ©rance et parfois consensus, ses Ă©mules ont offert une place nouvelle au texte biblique Ă  l’intĂ©rieur de leurs Ɠuvres. Autrefois anecdotiques ou limitĂ©es Ă  de rapides mentions, les rĂ©fĂ©rences textuelles se multiplient dans le genre peu lĂ©gitime de la chanson Ă  mesure que le texte se dĂ©sacralise aux yeux de la sociĂ©tĂ© française. La connaissance de la culture religieuse n’étant plus aujourd’hui une Ă©vidence, elle devient une connaissance supposĂ©e commune entre le chanteur et son public, donc une source de connivence. C’est pourquoi, au-delĂ  de la diversitĂ© des Ɠuvres, nous tenterons de vĂ©rifier, en analysant trois types de rapports entre texte chantĂ© et texte sacrĂ©, que la chanson anticlĂ©ricale se veut d’autant moins offensive – voire d’autant plus consensuelle – que l’intertextualitĂ© est forte entre la chanson et les livres saints. Évolution historique de la chanson anticlĂ©ricale De la critique des clercs Ă  la concurrence des idĂ©es 4Comme les fabliaux, les chansons ont jouĂ© leur rĂŽle dans la critique sociale mĂ©diĂ©vale et dans la naissance du protestantisme. Le siĂšcle des LumiĂšres, qui n’a pas Ă©tĂ© avare de caricatures, a produit davantage de chansons concernant le clergĂ© en gĂ©nĂ©ral. L’expression chanson anticlĂ©ricale » Ă©voque surtout les luttes qui, au XIXe siĂšcle, ont opposĂ© les rĂ©publicains de gauche et les catholiques. Cette pĂ©riode a produit de nombreuses Ɠuvres violemment militantes qui n’ont presque pas Ă©tĂ© enregistrĂ©es. À la fin de la premiĂšre guerre mondiale, bien avant que ne se dĂ©mocratisent la radio et les microsillons, le dĂ©bat politique s’était largement dĂ©placĂ©, le patriotisme puis le pacifisme Ă©tant partagĂ©s par les croyants et les militants laĂŻcs. 5Lors de la seconde guerre mondiale, la chanson anticlĂ©ricale n’a pas d’existence officielle, et si la propagande vichyste Ă©voque la foi, la RĂ©sistance prĂ©fĂšre une union sacrĂ©e rĂ©unissant croyants et communistes. AprĂšs la guerre, l’essor des centres de vacances et de loisirs fait l’objet d’une concurrence entre les communistes et les catholiques. Pour la premiĂšre fois dans la chanson enregistrĂ©e, la chanson clĂ©ricale va disposer d’une diffusion commerciale non nĂ©gligeable, mĂȘme si le mĂ©lange des genres tend Ă  amoindrir la portĂ©e religieuse du propos. JĂ©sus revient laĂŻcisĂ© 6Le pĂšre Duval, qui enregistre ses premiĂšres chansons dĂšs 1953, prĂ©cĂšde SƓur Sourire dont le succĂšs s’étend aux États-Unis au dĂ©but des annĂ©es 60. Au mĂȘme moment, Jacques Brel, qui a commencĂ© Ă  se faire connaĂźtre par des textes Ă©difiants s’en prend en 1963 aux Bigotes, qui trouvent que Monsieur le curĂ© » est trop bon avec les crĂ©atures ». Les grenouilles de bĂ©nitiers y sont davantage attaquĂ©es que l’Église. 1 Voir en particulier Johnny Halliday, Jesus Christ est un hippie et Michel Polnareff, On ir ... 7Cette derniĂšre n’est pas reprĂ©sentĂ©e comme une source d’oppression, l’État et la police devenant les cibles privilĂ©giĂ©es des chansons contestataires. Aux cĂŽtĂ©s d’un idĂ©al politique rĂ©volutionnaire, un espoir catholique de changement de la sociĂ©tĂ© est portĂ© par une partie des jeunes, devenus pour longtemps les premiers acheteurs de disques. Cela donne naissance Ă  divers phĂ©nomĂšnes musicaux1. 8Mais pour la plupart des chanteurs, la religion n’est pas un vĂ©ritable enjeu idĂ©ologique. Les rĂ©fĂ©rences bibliques ne tĂ©moignent pas d’un dĂ©sir de polĂ©mique. JĂ©sus Christ super star, comĂ©die musicale de 1971 devenue film en 1973, illustre ce phĂ©nomĂšne dans les sociĂ©tĂ©s anglo-saxonnes. En France, Jean Yanne s’illustre en 1972 avec la bande originale de Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Dans la chanson comme dans le film, le thĂšme religieux, quoi qu’apparemment traitĂ© avec autant d’irrespect que la grammaire, sert davantage de prĂ©texte Ă  la dĂ©nonciation de la sociĂ©tĂ© civile. 9Dans la seconde partie des annĂ©es 1970, alors que les curĂ©s dits Ă  guitare » inspirĂ©s par le pĂšre Duval ont disparu, les personnages bibliques restent prĂ©sents dans la chanson. Les prĂȘtres y sont dĂ©sormais moquĂ©s avec plus d’indulgence, cantonnĂ©s aux chansons comiques Ă  thĂšme grivois. La culture catholique semble donc considĂ©rĂ©e comme partagĂ©e par toute une sociĂ©tĂ©, fut-elle laĂŻcisĂ©e. 10Deux attitudes militantes anticlĂ©ricales perdurent cependant la premiĂšre continue d’opter pour l’agressivitĂ©. C’est avec elle que nous allons terminer notre aperçu historique, pour nous consacrer ensuite Ă  la seconde. Elle est issue de Brassens, qui utilise et dĂ©tourne les symboles chrĂ©tiens. AprĂšs avoir observĂ© son Ɠuvre, nous analyseront la façon dont ses Ă©mules renouvellent le genre en y incluant une intertextualitĂ© riche et parfois ambiguĂ«. Les derniers anticlĂ©ricaux face au catholicisme mourant 11Si l’anticlĂ©ricalisme politique du dix-neuviĂšme siĂšcle a survĂ©cu dans la chanson française jusqu’à nos jours, LĂ©o FerrĂ© y est pour beaucoup. Du fait de la longueur exceptionnelle de sa carriĂšre, il a contribuĂ© Ă  rendre ses idĂ©es actuelles pour plusieurs gĂ©nĂ©rations de crĂ©ateurs. DĂšs 1949, il Ă©tait Ă  la fois l’un des premiers artistes d’aprĂšs-guerre et le dernier des chansonniers Ă  proposer une dĂ©nonciation de l’Église. Monsieur Tout blanc est une accusation contre le silence de Pie XII pendant la guerre. CensurĂ©e, elle n’aura aucun impact Ă  sa crĂ©ation, ni mĂȘme lors de son premier enregistrement. La plupart des chanteurs engagĂ©s des annĂ©es 70 disparaissent avec l’arrivĂ©e de la gauche au pouvoir en 1981 – sans avoir d’ailleurs laissĂ© d’autres chansons anticlĂ©ricales notables que Le Sabre et le goupillon de Jean Ferrat. Seul LĂ©o FerrĂ©, pourtant en retrait, devient une lĂ©gende, notamment pour Bernard Lavilliers. Ces deux artistes forment un pont entre la poĂ©sie engagĂ©e du XIXe siĂšcle et les contestations les plus rĂ©centes – le punk et l’underground des annĂ©es 80, la scĂšne rock des annĂ©es 90 notamment. L’anticlĂ©ricalisme n’est qu’un thĂšme mineur de leur rĂ©pertoire mais il n’a jamais Ă©tĂ© vĂ©ritablement abandonnĂ©. 12Il ne reste guĂšre de traces des productions indĂ©pendantes du dĂ©but des annĂ©es 1980. La plupart des dĂ©marches artistiques novatrices et marginales de l’époque n’ont pas fait l’objet du dĂ©pĂŽt obligatoire auprĂšs de la BibliothĂšque Nationale de France. Le seul artiste engagĂ© dans le combat anticlĂ©rical Ă  bĂ©nĂ©ficier d’une certaine audience reste François Hadji-Lazaro. Il a fondĂ© sa propre maison de disque et créé les groupes Pigalle et Les Garçons Bouchers. Sur l’album François dĂ©texte Topor, paru en 1996, l’interprĂšte met en chanson une sĂ©rie de textes du plasticien, parmi lesquels Cantique, un texte Ă  charge contre les guerres de religion. Dans le mĂȘme temps, les Garçons Bouchers enregistrent Super ce matin j’ai rencontrĂ© Dieu. La critique sociale et politique, familiĂšre Ă  l’auteur, y est retournĂ©e contre le CrĂ©ateur. L’annĂ©e suivante, Crime contre l’humanitĂ© du groupe Pigalle dĂ©nonce le message ambigu du clergĂ© africain contre l’emploi du prĂ©servatif, seul moyen d’enrayer l’épidĂ©mie de SIDA. 13Parmi la gĂ©nĂ©ration scĂ©nique suivante, c’est La Tordue qui exploitera le mieux le thĂšme anticlĂ©rical, y consacrant trois chansons sur ses deux premiers albums. Ces Ɠuvres confirment notre hypothĂšse de dĂ©part, devenant d’autant plus radicales que les rĂ©fĂ©rences bibliques s’y rarĂ©fient. INRI chante l’amertume d’un homme en deuil dĂ©nonçant l’espoir d’une rĂ©surrection Ici pas d’faux dĂ©part 
 Trois jours plus tard et s’en revient ». Il s’agit moins d’une parole d’athĂ©e que d’une rĂ©volte qui semble supposer la foi. Bon dieu, plus traditionnelle, reprend les thĂšmes les plus courants de l’anticlĂ©ricalisme absence de Dieu, dĂ©nonciation des guerres de religion et profession de foi Ă©picurienne de celui qui prĂ©tend trouver le paradis sur terre grĂące aux joies de l’amour physique. Une telle Ɠuvre est encore relativement consensuelle. Plus radicale, Nouveau monde, chantĂ©e sur l’album T’es fou, dĂ©nonce le rĂŽle de l’Église dans la colonisation de l’AmĂ©rique Au nom d’un roi au nom de dieu Ce que l’on peut se rendre odieux BĂ©nir tout en crevant les yeux. 14À l’image du rĂ©pertoire de La Tordue, les chansons anticlĂ©ricales actuelles sont souvent plus ironiques que violentes, et les dĂ©nonciations concernent davantage l’histoire que l’actualitĂ©. 15La dĂ©nonciation de l’intĂ©grisme doit beaucoup Ă  Georges Brassens, qui a rĂ©ussi Ă  concilier le respect des croyants avec la persistance d’une contestation de l’Église. Son Ɠuvre est en effet Ă  l’origine de la chanson anticlĂ©ricale moderne. Le pacifisme, le scepticisme, la tolĂ©rance et les rĂ©fĂ©rences Ă  la culture catholique, omniprĂ©sents dans son Ɠuvre, en ont fait un modĂšle pour les crĂ©ateurs contemporains, initiant un rapport nouveau entre tradition chansonniĂšre et textes religieux. Un anticlĂ©ricalisme moderne et intellectuel Brassens intertextuel la tradition au service de la crĂ©ation 16Georges Brassens n’a jamais fait mystĂšre de son anarchisme mais a su rester consensuel. Il est chantĂ© dĂšs le dĂ©but de sa carriĂšre aussi bien par des scouts que par des animateurs communistes de centres de loisir. Le fait qu’il adopte toujours un ton souriant pour Ă©noncer des propos polĂ©miques n’est qu’une des explications. La principale est sans doute que notre chanteur national compose avec des chansons de plus en plus engagĂ©es une Ɠuvre toute en nuances. 17Celle-ci contient plusieurs dizaines d’occurrences du mot Dieu et de nombreuses allusions Ă  la religion. Un grand nombre d’entre elles sont anecdotiques. Lorsque le sujet religieux est rĂ©ellement abordĂ©, les propos anticlĂ©ricaux sont toujours tempĂ©rĂ©s par des signes de sympathie adressĂ©s aux croyants. DĂšs ses premiĂšres chansons, contemporaines des succĂšs du PĂšre Duval, l’individualisme ainsi que le mĂ©pris des lois et des institutions s’affirment. Toutefois, La Mauvaise rĂ©putation ne suggĂšre l’irrĂ©ligion que par ses allusions aux prophĂštes Pas besoin d’ĂȘtre JĂ©rĂ©mie / Pour d’viner l’sort qui m’est promis » et au Vatican Je ne fais portant de tort Ă  personne / En suivant les chemins qui n’mĂšnent pas Ă  Rome ». Elles ne sont aisĂ©ment comprĂ©hensibles que pour des familiers de la culture judĂ©o-chrĂ©tienne. 18Le second album, avec une chanson dont le titre est voisin, Je suis un voyou, rend plus explosif le mĂ©lange des genres le discours du personnage, accompagnĂ© d’une musique tout aussi allĂšgre, mĂȘle croyance et irrespect total J’lui ai dit de la Madone Tu es le portrait » Le bon Dieu me le pardonne C’était un peu vrai Qu’il me le pardonne ou non D’ailleurs je m’en fous. 19Le mĂ©pris de la religion existe donc dans un contexte oĂč la foi, fut-elle associĂ©e Ă  un ordre social contestĂ©, semble naturelle. Le Ciel et Dieu n’apparaissent souvent qu’en toile de fond. 20Pour aller plus loin dans la critique, Georges Brassens s’abrite d’abord derriĂšre d’autres poĂštes. En 1954, alors qu’il assoit sa popularitĂ© naissante grĂące Ă  la Chanson pour l’Auvergnat, personnage que le narrateur recommande au PĂšre Éternel », il enregistre La PriĂšre, dont le texte est de Francis James. Le titre qui dĂ©nonce les malheurs du monde sous forme d’un rĂ©quisitoire, rendant ironique le refrain je vous salue Marie », se termine sur une action de grĂące. Le sens global de la chanson, qui s’adresse aux chrĂ©tiens par de nombreuses rĂ©fĂ©rences, reste ambigu la rĂ©paration finale n’efface pas l’impression pathĂ©tique laissĂ©e par quatre couplets. Il faut par ailleurs noter que Georges Brassens a Ă©crit sa propre chanson consacrĂ©e Ă  l’existence du mal sur terre, mais ne l’a pas enregistrĂ©e lui-mĂȘme. Dieu s’il existe, dont le refrain Ă©nonce gaiement Dieu s’il existe, il exagĂšre », n’aborde le problĂšme qu’avec une dĂ©sinvolture qui frise l’ironie, les couplets n’évoquant que les malheurs d’une bergĂšre. 21Deux ans plus tard, en s’abritant cette fois derriĂšre Victor Hugo, Georges Brassens dĂ©sormais vedette incontestĂ©e, s’autorise davantage d’impertinence. La LĂ©gende de la Nonne se prĂ©sente comme une histoire Ă©difiante une novice est foudroyĂ©e par Dieu dans la chapelle oĂč elle a pris un rendez-vous galant. Cependant, le dernier couplet prend ses distances avec les vellĂ©itĂ©s moralisantes d’une histoire peu crĂ©dible. Le refrain qui semble peu en rapport avec le reste de la chanson Enfants voici les bƓufs qui passent / Cachez vos rouges tabliers » prend alors tout son sens il s’agit d’associer la crainte d’une vengeance divine Ă  une superstition enfantine. Le ton du MĂ©crĂ©ant, parue en 1960, est nettement plus moqueur J’aimerais avoir la foi, la foi d’mon charbonnier/ Qui est heureux comme un pape et con comme un panier. » En raison d’une diĂ©gĂšse plus comique que vraisemblable et d’allusions grivoises qui lui donnent son attrait, la chanson semble peu idĂ©ologique, si ce n’est dans sa conclusion Si l’Éternel existe, en fin de compte il voit Qu’je m’conduis guĂšre plus mal que si j’avais la foi. 22On retrouve ici l’éthique des chansons de Brassens, mĂ©lange de rectitude morale, d’optimisme et d’indulgence. Il s’agit moins d’une critique de la foi que d’un attachement rĂ©solu au doute, prĂ©sentĂ© ici comme salutaire. Ce n’est pas la religion qui est critiquĂ©e mais les croyants sectaires et un discours affirmant la supĂ©rioritĂ© morale des uns ou des autres. 23L’auteur ne se prive d’ailleurs pas, dans Le Grand Pan, de convoquer le Christ pour critiquer le matĂ©rialisme scientiste qui conduirait Ă  un dĂ©senchantement du monde. Le seul problĂšme de cette position originale est qu’elle ne permet pas forcĂ©ment de produire des Ɠuvres efficaces. Une chanson de trois minutes est moins adaptĂ©e Ă  l’expression du doute et de la nuance qu’à un discours partisan et outrancier, susceptible de combler un public dĂ©jĂ  convaincu. Par ailleurs, aborder le sujet religieux avec une bonne humeur communicative nĂ©cessite une dose de foi ou d’irrespect. 24Georges Brassens va d’abord contourner le problĂšme le thĂšme se fait plus rare et les mĂ©taphores utilisant un vocabulaire ecclĂ©siastique sont plus anodines. À la fin des annĂ©es 60, toutefois, l’affrontement est de retour. Au moment oĂč la libĂ©ration sexuelle lui permet de produire ses plus belles chansons grivoises, la confrontation avec la morale de l’Église est directe. Misogynie Ă  part, et plus encore L’AncĂȘtre, font apparaĂźtre l’opposition entre piĂ©tĂ© et Ă©picurisme. 25La Religieuse, enregistrĂ©e Ă  la mĂȘme Ă©poque, est une nouvelle tentative pour cultiver l’ambiguĂŻtĂ©. Si la morale est sauve Ă  la fin de la chanson, la provocation due au mĂ©lange des registres est rendue peu efficace par la musique, dĂ©pourvue de toute trace d’humour On ne verra jamais la corne au front du Christ Le veinard sur sa croix peut s’endormir en paix Et les enfants de chƓurs se masturber tout tristes. 26Les chansons de Georges Brassens se font alors plus polĂ©miques. Mourir pour des idĂ©es, qui tĂ©moigne d’un nouveau refus de la chanson engagĂ©e, multiplie les mĂ©taphores bibliques et hagiographiques les plus explicites, renvoyĂ©es dos Ă  dos avec les mythes rĂ©volutionnaires comme le grand soir » Les Saint-Jean bouche d’Or qui prĂȘchent le martyre Le plus souvent d’ailleurs s’attardent ici-bas 
 Depuis tant de grands soirs que tant de tĂȘtes tombent Au paradis sur terre on y serait dĂ©jĂ  Mais l’ñge d’or sans cesse est remis aux Calendes. 27Le dernier album de Georges Brassens, paru en 1976, est finalement le plus explicite, rĂ©ussissant le paradoxe d’exprimer le doute avec force. Il contient en effet Ă  la fois deux chansons anticlĂ©ricales et une charge contre l’anticlĂ©ricalisme. MĂ©lanie s’inscrit dans la lignĂ©e des chansons paillardes, et l’auteur, comme pour tempĂ©rer le propos, nous prĂ©vient dĂšs l’abord qu’elle s’inscrit dans une tradition moins militante que culturelle Les chansons de salle de garde ont toujours Ă©tĂ© de mon goĂ»t 
 Pour ajouter au patrimoine folklorique des carabins J’en ai fait une, putain de moine, plaise Ă  Dieu qu’elle plaise aux copains. 28MĂȘme dans un tel contexte, les tribulations comiques du personnage ont tout pour rĂ©jouir le mĂ©crĂ©ant. TempĂȘte dans un bĂ©nitier, chantĂ©e sur le mĂȘme album, est plus offensive encore. L’abandon de la messe en latin fait l’objet d’une controverse qui n’intĂ©resse que les catholiques. La prise de position de Georges Brassens dans ce dĂ©bat anachronique ne peut donc apparaĂźtre que comme ironique, d’autant que le texte utilise les rimes de façon injurieuse O trĂšs sainte Marie MĂšre de Dieu dites Ă  ces putains De moines qu’ils nous emmerdent Sans le latin. 29L’effet de cette chanson est contrebalancĂ© sur le mĂȘme album par La Messe au pendu, un hommage lyrique et solennel rendu Ă  l’action Ă©difiante d’un prĂȘtre. Le tempo lent et l’interprĂ©tation retenue ĂŽtent toute agressivitĂ© Ă  la chanson, qui Ă©voque une messe cĂ©lĂ©brĂ©e en l’honneur d’un condamnĂ©, au nom du refus de la peine de mort. Le dernier couplet montre qu’aucune conviction n’est Ă©branlĂ©e mais le simple fait fait d’exclure un individu de la masse des adversaires contraint l’interprĂšte et son auditoire, si ce n’est au doute, du moins Ă  la nuance AnticlĂ©ricaux fanatiques Gros mangeurs d’ecclĂ©siastiques, Quand vous vous goinfrerez un plat De cureton, je vous exhorte, Camarades, Ă  faire en sorte Que ce ne soit pas celui-lĂ . 30L’Ɠuvre de Georges Brassens pourrait s’arrĂȘter ici, se concluant sur un anticlĂ©ricalisme pacifiste et tolĂ©rant, mais elle est plus riche et plus complexe encore. Un texte posthume – qu’il n’a jamais enregistrĂ© car il attendait pour produire un album d’avoir entiĂšrement Ă©crit le suivant – propose un nouveau rapport de l’auteur au texte biblique. Dans l’AntĂ©christ, Georges Brassens mĂȘle Ă  son commentaire dĂ©sinvolte une réécriture parodique, Ă©voquant le chemin de croix de Ce hĂ©ros qui jadis partit pour aller faire / L’alpiniste avant l’heure en haut du Golgotha ». Le propos devient pourtant sĂ©rieux lors du dernier couplet, ramenant l’auditeur du texte sacrĂ© vers sa condition humaine En se sacrifiant, il sauvait tous les hommes. Du moins le croyait-il ! Au point oĂč nous en sommes, On peut considĂ©rer qu’il s’est fichu dedans. Le jeu, si j’ose dire, en valait la chandelle. Bon nombre de chrĂ©tiens et mĂȘme d’infidĂšles, Pour un but aussi noble, en feraient tout autant. Cela dit je ne suis pas l’AntĂ©christ de service. 31Ce texte fera lui aussi des Ă©mules. La conclusion que nous propose l’auteur – la diffĂ©rence de foi n’exclut pas une communautĂ© de valeurs morales –, trouve son prolongement dans trois catĂ©gories de chansons anticlĂ©ricales, qui sont autant de rapports aux textes sacrĂ©s. 32Les premiĂšres, conformĂ©ment Ă  une tradition ancienne que Georges Brassens a inflĂ©chie, Ă©vitent les textes religieux pour se contenter d’un discours sur les institutions clĂ©ricales. En fonction du message vĂ©hiculĂ©, elles sont considĂ©rĂ©es comme inoffensives – ce qui leur permet de passer Ă  la radio ou Ă  la tĂ©lĂ©vision – ou comme agressives – ce qui entraĂźne de la part des diffuseurs une autocensure prudente. 2 La VĂ©ritable histoire du christianisme 4’58’’, Le Cirque des Mirages, album En public, ... 33D’autres Ɠuvres se servent du texte, enfin dĂ©sacralisĂ©, Ă  des fins burlesques. Elles font un large usage des citations bibliques, soit de maniĂšre exacte Je vous salue Marie » dans La PriĂšre de James dĂ©jĂ  citĂ©e, soit en les dĂ©formant de façon parodique homme de peu de foie »2. Le scandale qu’elles risquent de provoquer tend Ă  limiter leur diffusion au sein des grands mĂ©dias. 34D’autres enfin, se rĂ©fĂšrent au texte en rappelant son contenu moral Ă  des fins rhĂ©toriques. En faisant appel Ă  une communautĂ© de valeurs pour proposer une critique des institutions clĂ©ricales, elles s’avĂšrent parfois capables de toucher les croyants. C’est au sein de cette derniĂšre catĂ©gorie que se trouvent les Ɠuvres les plus marquĂ©es par l’intertextualitĂ©. Leur complexitĂ© limite leur diffusion mais aussi parfois, c’est le risque, leur comprĂ©hension. L’anticlĂ©ricalisme aprĂšs Georges Brassens, une hĂ©rĂ©sie consensuelle et cultivĂ©e L’anticlĂ©ricalisme traditionnel, sans rapport au texte, et ses variantes Ă©purĂ©es 35La critique des institutions religieuses, de la mort de Brassens Ă  nos jours, se concentre, nous l’avons dit, autour d’un nombre rĂ©duit d’arguments. La dĂ©nonciation de la guerre est le plus utilisĂ©. La forme de la chanson se prĂȘte au raccourci historique ou Ă  la narration d’un fait divers. Cela ne signifie pas que le texte soit forcĂ©ment consensuel, mais le passage du temps fait que des vedettes confirmĂ©es peuvent aborder des sujets rĂ©servĂ©s quelques annĂ©es plus tĂŽt Ă  des artistes provocateurs. Ainsi VĂ©ronique Sanson a-t-elle pris de rĂ©els risques et fait l’objet de menaces de mort lorsqu’elle a dĂ©noncĂ© les attentats suicides islamistes dans Allah en 1988, peu aprĂšs la publication des Versets sataniques de Salman Rushdie. Dix ans plus tard, Pierre Perret peut se permettre une dĂ©nonciation plus accusatrice encore des fous de Dieu » dans l’indiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale. Dans le mĂȘme couplet d’Au nom de Dieu, il reprend d’ailleurs le second reproche le plus frĂ©quent de la chanson anticlĂ©ricale contemporaine, qui concerne le discours sur la contraception. Il n’était utilisĂ©, dans les annĂ©es 80, que par les chanteurs polĂ©miques et Underground tels que Pigalle. Ce type de reproche a, au cours des trois derniĂšres dĂ©cennies, remplacĂ© les attaques traditionnelles contre le clergĂ©, en raison de la rarĂ©faction des prĂȘtres en France et de la mĂ©diatisation toujours croissante des hauts dignitaires religieux, en particulier du pape – attaquĂ© au dĂ©tour d’un vers dans de nombreuses chansons politiques. 36La relative raretĂ© de ces nouvelles chansons anticlĂ©ricales ne doit pas masquer le fait qu’elles peuvent produire un certain consensus, tant qu’elles n’attaquent que les fondamentalistes. De mĂȘme qu’Allah a pu servir Ă  lancer l’album de VĂ©ronique Samson, la promotion de La Vie ThĂ©odore d’Alain Souchon, paru en 2006, a Ă©tĂ© assurĂ©e par le titre Et si en plus, il n’y a personne. L’argument est comparable Si ces vies qui chavirent / Ces yeux mouillĂ©s / Ce n’était que le vieux plaisir / De Zigouiller ». Certes, la chanson semble innover en renvoyant toutes les religions dos Ă  dos Abderrahmane, Martin, David / Et si le ciel Ă©tait vide », mais lĂ  encore, nous allons le voir, le risque Ă  Ă©tĂ© pris douze ans auparavant par un artiste plus audacieux. La parodie des formes et des textes sacrĂ©s, forme intellectuelle de l’anticlĂ©ricalisme 37S’il y a plus de profits potentiels que de risques Ă  critiquer le clergĂ©, la chose se complique lorsqu’il s’agit de faire rĂ©fĂ©rences aux textes sacrĂ©s. La connaissance de l’Ɠuvre originale qu’implique toute parodie contraint l’artiste Ă  ne s’appuyer que sur les passages les plus connus. Seuls les auteurs les plus exigeants s’y essaient, Ă  destination d’un public amateur de chansons Ă  texte. Certains atteignent la cĂ©lĂ©britĂ©, Ă  l’image de la chanteuse Juliette, mais leurs textes anticlĂ©ricaux ne sont pas les plus connus. Oraison, par exemple, est condamnĂ©e Ă  demeurer confidentielle en raison mĂȘme de sa forme une chanson de prĂšs de sept minutes accompagnĂ©e d’une musique de stabat mater ne passe guĂšre en radio. 38MĂȘme lorsque l’Ɠuvre est moins difficile, elle suppose une connaissance partagĂ©e de la culture religieuse. Les auteurs anticlĂ©ricaux ayant souvent subi leur Ă©ducation catholique, leurs textes peuvent ĂȘtre particuliĂšrement blasphĂ©matoires. Nous insisterons davantage ici sur une Ɠuvre enregistrĂ©e en 2003 qui, bien que plus consensuelle, nous paraĂźt exemplaire de ce type de rĂ©pertoire, Ma Bible de Bernard Joyet. Il s’agit bien d’une chanson anticlĂ©ricale mais dont les jeux intertextuels parviennent Ă  fĂ©dĂ©rer le public. Tout est en effet conçu pour prĂ©senter la lecture de la Bible comme une expĂ©rience aisĂ©ment partageable, bien qu’elle soit mise Ă  distance par l’humour L’objet, de prime abord, pourrait paraĂźtre austĂšre Aucune illustration pour mettre en appĂ©tit Le titre sur le cuir est en gros caractĂšres HĂ©las, Ă  l’intĂ©rieur, c’est Ă©crit tout petit. 39DĂ©sacraliser le livre, c’est Ă  la fois le mettre Ă  la portĂ©e de tous et le considĂ©rer comme ridicule. Ce qui rapproche l’ouvrage de l’auditeur, c’est son impact sur la sociĂ©tĂ© laĂŻque, qui contribue Ă  le rendre concret DĂšs qu’un drame survient, qu’un incident Ă©clate On peut les repĂ©rer sur le calendrier À chaque Ă©vĂ©nement correspond une date Dans la plupart des cas, c’est un jour fĂ©riĂ©. 40Pourtant c’est cette laĂŻcisation qui permet Ă  la distance et Ă  l’analyse d’inaugurer un nouveau type de comique. Il s’agit de considĂ©rer le Livre avec un dĂ©tachement rĂ©servĂ© aux Ă©crits profanes. Le texte est ramenĂ© au statut de simple rĂ©cit, et les personnages deviennent des outils narratifs ordinaires À peine commencĂ©e, l’histoire tourne mal AprĂšs l’intervention qui perturbe un mĂ©nage D’élĂ©ments extĂ©rieurs, un fruit, un animal. 41Les calembours semblent presque innocents, et l’humour peut se dĂ©placer du texte vers les Ɠuvres qu’il a produites Émules de Manet, Delacroix, VĂ©ronĂšse, / Effacez ce nombril que je ne saurai voir ! ». Dans un tel contexte, aprĂšs plusieurs minutes de bonnes humeur inoffensive, les plaisanteries attendues et vĂ©ritablement blasphĂ©matoires sur la virginitĂ© de Marie ou sur les miracles du Christ perdent en grande partie leur aspect choquant. 42La conclusion insiste sur le caractĂšre fĂ©dĂ©rateur du livre, certes dĂ©sacralisĂ© Mon AmĂ©rique Ă  moi, ma Bible en quelque sorte / Mon guide, mon sauveur, mon livre de chevet », mais devenu par lĂ  un point de contact entre croyants sincĂšres et incroyants qui seraient conscients de sa valeur morale Et si je vous convaincs et vous sensibilise Alors pensez Ă  moi quand vous le dĂ©vorez Je convie les bigots, les grenouilles d’église À lire un exemplaire et Ă  s’en inspirer. 43L’intertextualitĂ© n’est par forcĂ©ment synonyme d’un rapport pacifiĂ© au texte, mais en le ridiculisant, elle contribue Ă  le rendre accessible et Ă  lui reconnaĂźtre un intĂ©rĂȘt culturel, voire civilisateur. De retour Ă  Dieu en passant par le blasphĂšme subtilitĂ©s et risques de l’intertextualitĂ© 44L’anticlĂ©ricalisme, toutefois, n’est pas toujours d’humeur joyeuse et tolĂ©rante, et sait se nourrir de colĂšre. Mais l’intertextualitĂ© est un des biais qui permet de tempĂ©rer le blasphĂšme. Une telle dĂ©marche a Ă©tĂ© proposĂ©e par Allain Leprest – l’une des plus fameuses plumes de la chanson française – dans Je ne te salue pas, enregistrĂ© en 1993. Avec une violence qui peut atteindre les trois monothĂ©ismes on peut trouver des injures telles que coupeur de bites en deux », l’auteur s’en prend Ă  un monde imparfait et Ă  son CrĂ©ateur indiffĂ©rent. Pourtant, dans ce contexte, l’intertextualitĂ© joue un rĂŽle apaisant. D’abord parce que le refrain, en forme de priĂšre inversĂ©e Je ne te salue pas / Toi qui te crois mon dieu », suppose une forme de foi. Ensuite parce que les rĂ©fĂ©rences culturelles introduisent de l’humour dans le rĂ©quisitoire Ève aurait eu le droit de faire des tartes au pommes ». Enfin parce que l’allusion au christianisme permet de remettre le blasphĂ©mateur dans la position du suppliciĂ© et du suppliant Un pĂšre j’en ai d’ja un / Qui arrachait les clous / Quand on clouait mes poings ». Dans une longue sĂ©rie d’invectives, les Ă©lĂ©ments intertextuels sont donc ceux qui permettent au monologue de tendre vers le rĂ©tablissement final d’un dialogue Ce peut-il ĂȘtre sans clocher Une insulte pour t’approcher. 45La prĂ©sence du texte biblique permet ici de tempĂ©rer l’anticlĂ©ricalisme, mais nous ne pouvions pas terminer notre analyse sans Ă©voquer un cas limite, dans lequel elle tend Ă  l’annuler. 46Cette chanson est Ă©crite, composĂ©e et interprĂ©tĂ© par Leny Escudero, chanteur engagĂ© des annĂ©es 70, d’origine espagnole. Ayant connu quelques succĂšs grĂące Ă  des Ɠuvres lyriques lĂ©gĂšres, il a enregistrĂ© des chansons rĂ©volutionnaires et anticlĂ©ricales. Son public est donc a priori composĂ© d’incroyants. Aussi, lorsqu’il interprĂšte JĂ©sus dans un texte Ă©crit Ă  la premiĂšre personne, ne s’attend-t-on pas Ă  une Ɠuvre pieuse. Le titre, La Grande Farce, semble d’ailleurs ne laisser aucun doute sur les intentions de son auteur, mais la chanson est interprĂ©tĂ©e d’une façon troublante. Le texte fait alterner les moments de doute et de foi, d’une intensitĂ© toujours plus grande, la Passion, dans tous les sens du terme, s’exprimant au son d’un tango mĂ©lodramatique. L’acmĂ© de la chanson se situe Ă  la fin. Les Ă©motions les plus violentes se succĂšdent alors, exigeant un interprĂšte exceptionnel Je t’ai suivi en tout, jusqu’au dernier supplice Mais je crie maintenant, mais je crie maintenant Sois maudit, sois maudit jusqu’à la fin des temps ! Oh non, je te le jure, je n’ai pas dit cela Oh non, je t’aime, je t’aime et je n’aime que toi Mais j’ai si peur, mais j’ai si peur et j’ai si froid ! Ainsi parlait JĂ©sus sur son chemin de croix. 47Le public de Leny Escudero ne peut entendre, dans ce monologue d’un homme Ă  qui son Dieu ne rĂ©pond pas, une adhĂ©sion au christianisme. Toutefois, l’interprĂ©tation Ă©lĂ©giaque du texte ne permet pas de lui donner un sens conforme Ă  son titre. La compassion du public pour le personnage de JĂ©sus est d’autant plus rĂ©elle que les prestations scĂ©niques de l’interprĂšte sont gĂ©nĂ©ralement bouleversantes. L’Ɠuvre est saluĂ©e pour ce qu’elle est une performance. La vie de JĂ©sus Ă©chappe au discours thĂ©ologique mais suscite, le temps d’une chanson, l’émotion visĂ©e par le texte originel une adhĂ©sion totale au personnage, qui fait disparaĂźtre toute intention parodique. Conclusion 48La laĂŻcisation de la sociĂ©tĂ©, en rendant la chanson anticlĂ©ricale vindicative moins nĂ©cessaire, aurait pu la faire disparaĂźtre. Mais la possibilitĂ© de citer la Bible comme s’il s’agissait d’un texte profane, dans des Ɠuvres qui ne sont plus uniquement des priĂšres, a permis au genre d’évoluer. En cela, la chanson doit beaucoup Ă  d’autres formes d’art, en particulier au cinĂ©ma. 49L’intertexte religieux, en s’immisçant dans les chansons anticlĂ©ricales, leur a offert de nouveaux artifices rhĂ©toriques. Elles peuvent, comme le fait Bernard Joyet, utiliser les citations bibliques directement contre les bigots. Elles peuvent Ă©galement se livrer Ă  des citations parodiques, l’humour attĂ©nuant par fois l’offense. Elles peuvent enfin, dans une sociĂ©tĂ© laĂŻque, dialoguer avec des croyants dont les pratiques voire les convictions fluctuent mais dont l’attachement aux textes sacrĂ©s demeure. 50La chanson anticlĂ©ricale, comme les autres, reste un art du clichĂ©. Aux injures agressives du dĂ©but du siĂšcle ont succĂ©dĂ© de nouveaux topoĂŻ, qui mĂȘlent doute amusĂ©, sarcasme et appels Ă  la tolĂ©rance. L’intertextualitĂ©, permettant des interprĂ©tations multiples Ă  partir d’un corpus commun qui serait l’occasion d’un dialogue, aurait donc des vertus pacifiantes. Sans doute faudrait-il s’en rĂ©jouir, si cela ne masquait pas que des luttes sociales et idĂ©ologiques se poursuivent. Face Ă  des institutions religieuses qui ne renoncent pas aux luttes rĂ©actionnaires, le combat fĂ©ministe est encore virulent. L’indiffĂ©rence des mĂ©dias, peu sensibles au sort des femmes, s’ajoute au politicaly correct et aux habitudes procĂ©duriĂšres des associations intĂ©gristes, qui voudraient que les religions soient respectĂ©es au prix d’un rĂ©tablissement du dĂ©lit de blasphĂšme. L’auditeur a donc peu de chance d’entendre un jour AgnĂšs Bihl chanter Ă  la radio le refrain de L’Enceinte Vierge Et dis, Monsieur, qu’est-ce qui s’passerait Si la Sainte Vierge elle avortait.
Peuton changer la souffrance. En espoir de dĂ©livrance. Rien qu'en marchant en silence. Au pays des rĂȘves immenses. Dis-moi crois-tu qu'il y ait la moindre chance. Pour que quelque chose change. Une chanson peut faire la diffĂ©rence. Si l'on veut qu'un jour le monde sache. Qu'il y a des enfants qui se cachent.
Voici une chanson qui me met les larmes aux yeux Ă  chaque fois que je l'entends,"l'acteur" de Michel Sardou. Je trouve que cette chanson dĂ©crit bien ce qu'est la vie d'un comĂ©dien ,c'est "vivre et mourir en alternance,vivre et mourir en permanence"car un acteur vit plusieurs vies...De plus, c'estje pense! le rĂȘve de tout acteur de "mourir comme MoliĂšre",sur scĂšne...Paroles de la chansonParoles Jean-Loup Dabadie, Michel Sardou. Musique Jacques Revaux Entrer dans un dĂ©cor immense, Entendre les battements de son cƓur Et lĂ , changer l'indiffĂ©rence En rires et le silence en pleurs. Un jour Don Juan en apparence, Un fou au chĂąteau d'Elseneur, Un jour Lorenzo de Florence, Verser son sang pour le souffleur. Vivre et mourir en alternance, Vivre et mourir en permanence. Il y a des soirĂ©es lĂ©gendaires OĂč la vie se joue toute entiĂšre Des triomphes absolus OĂč aprĂšs les saluts On voit le dĂ©cor Ă  l'envers. Il y a des tournĂ©es de galĂšre, Des couloirs, des villes sans lumiĂšre, Mais le sourire perdu De quelqu'un d'inconnu, Alors le rideau reste ouvert. Vivre et mourir en alternance, Vivre et mourir en permanence. Avoir un soir contre sa bouche L'Ă©toile, la meilleure, la premiĂšre, Pour tant de soirs oĂč l'on se couche Avec une autre partenaire. Un jour, un valet d'insolence, Souffrir comme l'a voulu l'auteur, Se dire que pendant ces absences, Les femmes ont "matinĂ©e" ailleurs. Vivre et mourir en alternance, Vivre et mourir en permanence. Il y a des soirĂ©es singuliĂšres OĂč l'on veut finir comme MoliĂšre, Mais aussi des mardis Et des jeudis maudits OĂč l'on n'veut mĂȘme pas d'un cimetiĂšre. Il y a des idĂ©es passagĂšres, Des colĂšres, des vƓux, des priĂšres, Des Ă©checs imprĂ©vus, Etant bien entendu Que le public est un mystĂšre. Vivre et mourir en alternance, Vivre et mourir en permanence. Entrer dans un dĂ©cor immense, Entendre les battements de son cƓur, Et lĂ , changer l'indiffĂ©rence En rires et le silence en pleurs. Vivre et mourir en alternance, Porter un masque en permanence. Vivre et mourir en alternance, Vivre et mourir en permanence. dites-moi ce que vous en pensez claire LindiffĂ©rence, l'indiffĂ©rence, l'indiffĂ©rence De ce qui est, de ce qui fut Il reste Ă  nos amours perdus Dans leur silence L'indiffĂ©rence Ce qui devait ĂȘtre un chef-d'oeuvre Notre amour Nos Texte par Philippe Boucher Justement parlons-en des gens qui souffrent. En frĂ©quentant assidĂ»ment la BibliothĂšque Nationale, j’ai dĂ» passer par le Square Émilie-Gamelin, ce laboratoire de souffrance Ă  ciel ouvert que l’on Ă©vite du regard. Je reviens Ă  MontrĂ©al. J’ai quittĂ© le doux confort des Laurentides, le son du silence et le bruit du vent pour la tornade montrĂ©alaise. Ouf! Quand je pense au beat » de la chanson d’Ariane Moffat sur le mĂȘme thĂšme, je ne sais oĂč elle a pu trouver dans notre mĂ©tropole le calme qui anime cette magnifique mĂ©lodie! Je reviens Ă  MontrĂ©al. Les sourires charmants du Plateau, les jeunes familles dans Rosemont, le parfum du MarchĂ© Jean-Talon mais aussi les milliers de gens anonymes du mĂ©tro qui contemplent leur tĂ©lĂ©phone esquissant quelques Ă©motions de façon sporadique. Des gens qui rient, des gens qui pleurent, des gens qui souffrent. Justement parlons-en des gens qui souffrent. En frĂ©quentant assidĂ»ment la BibliothĂšque Nationale, j’ai dĂ» passer par le Square Émilie-Gamelin, ce laboratoire de souffrance Ă  ciel ouvert que l’on Ă©vite du regard. Cette micro-sociĂ©tĂ© avec ses propres rĂšgles. Les odeurs de drogue encore illicite qui se mĂ©langent avec l’alcool et la chaleur, le tout accompagnĂ© d’une bonne dose d’ignorance de la part des passants qui prĂ©fĂšrent croire que cette souffrance n’existe pas. Justement parlons-en des gens qui souffrent. En frĂ©quentant assidĂ»ment la BibliothĂšque Nationale, j’ai dĂ» passer par le Square Émilie-Gamelin, ce laboratoire de souffrance Ă  ciel ouvert que l’on Ă©vite du regard. Ces gens qui peuplent ce petit bout du monde sont les enfants de quelqu’un, les parents de quelqu’un. Ils sont anonymes Ă  nos yeux mais ils reprĂ©sentent une source d’inquiĂ©tude pour beaucoup de citoyens qui, de façon tout aussi anonyme, souffrent en silence. Je les comprends. Admettre que ça existe implique que l’on doit faire quelque chose. Admettre que l’on doit faire quelque chose commande qu’on sache quoi faire. Devant l’absence de possibilitĂ©s, la renonciation et l’ignorance demeure la meilleure solution. Or, mĂȘme si c’est difficile, il est temps de se poser la question comment peut-on contribuer Ă  amĂ©liorer le sort de notre prochain? Ces gens qui peuplent ce petit bout du monde sont les enfants de quelqu’un, les parents de quelqu’un. Ils sont anonymes Ă  nos yeux mais ils reprĂ©sentent une source d’inquiĂ©tude pour beaucoup de citoyens qui, de façon tout aussi anonyme, souffrent en silence. Je le sais car au cours de mes diffĂ©rentes marches autour du square, j’ai rencontrĂ© des partenaires que j’ai cĂŽtoyĂ©s en thĂ©rapie. J’avoue, ça fesse. J’en ai rencontrĂ© trois qui Ă©taient des exemples en thĂ©rapie. Des gens qui voulaient s’en sortir, des parents aimants et des enfants remplis d’espoirs. Ils sont lĂ , retournant dans ce carrĂ©, qui est bizarrement une sorte de sĂ©curitĂ© suite Ă  l’échec ou l’abandon de leurs rĂȘves de sobriĂ©tĂ©. Maudit que ça m’écoeure de voir cette souffrance dans le regard de gars que j’aime beaucoup et surtout mon impuissance face Ă  leur choix. Je pense aussi aux personnes qui passent chaque jour devant ce carrĂ© de souffrance dans la pure indiffĂ©rence. Je repense ensuite Ă  la citation de Martin Luther King Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des mĂ©chants ; c’est l’indiffĂ©rence des bons ». Il est temps que les bons se lĂšvent non pas pour se battre contre les mĂ©chants
 mais pour sauver les bons qui meurent dans l’indiffĂ©rence. Cette indiffĂ©rence qui est plus facile Ă  supporter que voir la rĂ©alitĂ©. Cette indiffĂ©rence de gens bien qui aiment se conforter en essayant d’éviter un regard humain sur la toxicomanie et ses impacts. Cette indiffĂ©rence qui rend plus facile d’accepter qu’un membre de notre famille ou un ami proche pourrait un jour vivre cet enfer car oui c’est l’enfer. Vivre dans la rue, esclave de la gĂ©nĂ©rositĂ© et/ou du crime pour survivre dans une jungle Ă  ciel ouvert. Il serait pourtant si facile de donner un coup de pouce pour ne pas dire un coup de pied au cul Ă  des gens qui ont tout pour rĂ©ussir Ă  qui on donne les outils en thĂ©rapie sans donner le coffre nĂ©cessaire. Il est anormal que l’aide aux toxicomanes qui veulent demeurer toxicomane soit plus Ă©levĂ©e que pour celui qui dĂ©sire s’en sortir. Il est anormal que l’on refuse de faire le dĂ©bat sur le fait que 4000 personnes ont trouvĂ© la mort durant la derniĂšre annĂ©e Ă  cause de la crise des opioĂŻdes. Il est anormal que l’on Ă©vite de se questionner comme sociĂ©tĂ© sur le fait que cette crise a tuĂ© davantage de gens l’an dernier que le terrorisme entre le 11 septembre et aujourd’hui! Pourquoi? Il est temps que les bons se lĂšvent non pas pour se battre contre les mĂ©chants
 mais pour sauver les bons qui meurent dans l’indiffĂ©rence. Author Philippe Boucher TonindiffĂ©rence m'est la pire des souffrances. A ce silence. Si tu pars je ne reste pas. Si t'abandonnes, je baisse les bras. Surtout ne m'en veux pas pour tout ce que je n'suis pas. Mais si t'avances, je viens vers toi. Si tu m'entends, rĂ©ponds-moi. Sans toi je ne prends pas cette vie construite pour moi. Paroles de la chanson Dans ce long silence par François Feldman Quand ton absence Se balance avec insistance Rien ne pourra changer le sens Dans ton indiffĂ©rence Quand la distance Qui avance avec insouciance Personne comprend bien la nuance Dans ton indiffĂ©rence Dans ce long silence Je suis peu d'importance Si tu y penses Donne moi encore une chance Dans ce long silence Cauchemar intense Ma confidence C'est que tout recommence Quand ta dĂ©mence Ma relance dans ma somnolence Qui va sentir qu'il y a urgence Dans ton indiffĂ©rence Dans ce long silence Je suis peu d'importance Si tu y penses Donne moi encore une chance Dans ce long silence Cauchemar intense Ma confidence C'est que tout recommence Quand j'y pense J'ai confiance en la tolĂ©rance Sais tu que mon coeur est immense Dans ton indiffĂ©rence SĂ©lection des chansons du moment Les plus grands succĂšs de François Feldman
Cest partout qu’il y a d’l’indiffĂ©rence Sans rien regarder Sans jamais parler Ils passent en silence Sans ce retournĂ©, ni mĂȘme compassion Ils tracent leurs chemins Si vous
Paroles de la chanson L'indiffĂ©rence par Charles Aznavour L’indiffĂ©rence, l’indiffĂ©rence L’indiffĂ©rence C’est tout ce qu’il reste Ă  prĂ©sent De cet amour tendre et violent En alternance L’indiffĂ©rence, l’indiffĂ©rence L’indiffĂ©rence, l’indiffĂ©rence Peu Ă  peu nous a fait sombrer Dans un monde froid et figĂ© Sans rĂ©sonance Que reste-t-il de nos folies OĂč le bonheur jouait sa vie ? Et de nos rires insouciants Qui venaient au premier tourment SĂ©cher les peines Que l’amour traĂźne ? L’indiffĂ©rence, l’indiffĂ©rence, l’indiffĂ©rence De ce qui est, de ce qui fut Il reste Ă  nos amours perdues Dans leur silence L’indiffĂ©rence Ce qui devait ĂȘtre un chef-d’oeuvre Notre amour Je ne sais par quelle manoeuvre Fut un four Nous offrons l’image d’un couple RĂ©signĂ© Nos sentiments flottent en eau trouble AvortĂ©s L’indiffĂ©rence, l’indiffĂ©rence L’indiffĂ©rence, l’indiffĂ©rence Que reste-t-il de nos folies OĂč le bonheur jouait sa vie ? Et de nos rires insouciants Qui venaient au premier tourment SĂ©cher les peines Que l’amour traĂźne ? L’indiffĂ©rence, l’indiffĂ©rence, l’indiffĂ©rence De ce qui est, de ce qui fut Il reste Ă  nos amours perdues Dans leur silence L’indiffĂ©rence

Maistoi, amplifié dans le silence Justifié dans la façon dont tu me fais des bleus Magnifié dans la science Tu as anatomiquement prouvé que tu n'as pas besoin de moi Pourquoi est-ce que je

alpha R artiste RenĂ© Simard titre Tourne la page Les paroles de la chanson Tourne la page »RenĂ© Simard RenĂ© Un oiseau d’acier raie l’horizon de la plageGriffe les nuages avion sauvageIl trace Ă  la craie la derniĂšre ligne de l’histoireSur tableau noir comme au revoirNathalie Un avion dĂ©chire le soirRenĂ© Emporte quelque chose de moiNathalie Un signal dans ta mĂ©moireTourne la page...RenĂ© et Nathalie Tourne la pageNathalie Un avion dĂ©chire le soirRenĂ© Me laisse derriĂšre nuit de l’absenceNathalie C’est comme un cri de dĂ©sespoirRenĂ© Comme le tonnerre dans le silenceNathalie Un avion dĂ©chire le soirRenĂ© Emporte quelque chose de moiNathalie Un signal de ta mĂ©moireRenĂ© et Nathalie Tourne la page, tourne la pageRenĂ© C’est un vol de nuitOĂč s’évanouit ton visageComme un mirageDerniĂšre image lĂ -haut tu t’endorsLe coeur au bord des Ă©toilesDouce et fatale et moi j’ai malNathalie Un avion dĂ©chire le soirRenĂ© Emporte quelque chose de moiNathalie Un signal dans ta mĂ©moireRenĂ© et Nathalie Tourne la page, tourne la pageNathalie Un avion dĂ©chire le soirRenĂ© Me laisse derriĂšre nuit de l’absenceNathalie C’est comme un cri de dĂ©sespoirRenĂ© Comme le tonnerre dans le silenceNathalie Un avion dĂ©chire le soirRenĂ© Et laisse des traces d’indiffĂ©renceNathalie C’est comme un cri de dĂ©sespoirRenĂ© Message d’amour Ă  longue distance

Parolesde "Ce n'est pas de l'amour, ce n'est pas de la haine, c'est juste de l'indiffĂ©rence" de "I Forgot That You Existed" de Taylor Swift ‱ Des millions d'Ɠuvres originales, imaginĂ©es par des artistes indĂ©pendants. Trouvez votre bonheur. Nous vivons sous le mĂȘme soleil Que des ĂȘtres en tous points pareils Qui partagent leur existence Entre lÂŽespoir et la souffrance La TibĂ©taine au cƓur si pur Qui chantait Ă  lÂŽombre des murs Attendra jusquÂŽĂ  ses trente ans Pour revoir le soleil levant Les oubliĂ©s du toit du Monde Nous appellent Ă  chaque seconde Et leur chant se heurte en silence Au vacarme de lÂŽinconscience CÂŽest la voix dÂŽun peuple brisĂ© De ses moines martyrisĂ©s Qui nous offrent en un seul regard Des milliers de vies de mĂ©moire CÂŽĂ©tait hier, cÂŽĂ©tait ailleurs On disait "Plus jamais lÂŽhorreur" CÂŽest lĂ  tout prĂšs, cÂŽest maintenant Et je pleure pour tous ces gens Nous gardons la blessure au cƓur Du chagrin des peuples qui meurent Par la force ou par la violence En perdant jusquÂŽĂ  lÂŽespĂ©rance Cette lignĂ©e, si elle sÂŽĂ©teint Avec le dernier TibĂ©tain, Laisserait pour lÂŽĂ©ternitĂ© Tant de portes Ă  jamais fermĂ©es Les oubliĂ©s du toit du Monde Nous appellent Ă  chaque seconde Mais leurs chants se perdent en silence Au dĂ©sert de lÂŽindiffĂ©rence CÂŽest la voix dÂŽun peuple Ă©puisĂ© De ses femmes paralysĂ©es Qui revivent en un seul regard Tout ce que leur cƓur a pu voir CÂŽĂ©tait hier, cÂŽĂ©tait ailleurs On disait "CÂŽĂ©tait une erreur" CÂŽest lĂ  tout prĂšs, cÂŽest maintenant Et je rĂȘve pour ces enfants DÂŽun pays libre sur la Terre A des milliers dÂŽannĂ©es-lumiĂšre De ces uniformes barbares De la peur et du dĂ©sespoir Pour revivre sous le soleil Une histoire en tous points pareille Et pouvoir enfin raconter Les chapitres inachevĂ©s Il est dit que jamais la flamme De la vĂ©ritĂ© dans nos Ăąmes Ne peut sÂŽĂ©teindre tout Ă  fait Et quÂŽelle nous Ă©claire en secret Comme du miel sur les blessures JÂŽentends toujours la voix si pure De la TibĂ©taine chanter Avec ses sƓurs emprisonnĂ©es Quelque part au-delĂ  des murs JÂŽentends toujours la voix si pure De la TibĂ©taine chanter Leur espoir en la libertĂ© Paroles2Chansons dispose d’un accord de licence de paroles de chansons avec la SociĂ©tĂ© des Editeurs et Auteurs de Musique SEAM qW4OI.
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  • chanson l indiffĂ©rence c est ce silence