Le terme de loup-garou, ou lycanthrope lykĂĄnthrĂŽpos du grec lĂșkos, loup et ĂĄnthrĂŽpos, ĂȘtre humain, dĂ©signe un ĂȘtre humain qui possĂšde la facultĂ© se transformer en loup, volontairement ou involontairement. La mĂ©tamorphose se dĂ©clenche en gĂ©nĂ©ral durant les nuits de pleine lune, obligeant le lycanthrope Ă errer sous sa forme de loup jusquâaux premiers rayons du soleil. Dans sa version moderne, le loup-garou prĂ©sente toutes les caractĂ©ristiques physiques du loup de longs poils lui recouvrent entiĂšrement le corps et il est soudain pourvu dâune fantastique puissance musculaire, de longs crocs et de griffes acĂ©rĂ©es. Le loup-garou hurle Ă la lune comme un loup, et sâil se tient parfois sur deux pattes, comme un homme, ça nâest point une rĂšgle absolue. Lorsquâil change dâapparence, son odorat, son ouĂŻe et sa vision nocturne se dĂ©veloppent. Il devient agile, rusĂ©, et il fait preuve dâune incroyable cĂ©lĂ©ritĂ©. Le loup-garou est un tueur solitaire et impitoyable. Il se montre toujours dâune implacable fĂ©rocitĂ© et il massacre sans distinction les animaux et les hommes quâil croise au hasard de ses sorties nocturnes afin de se repaitre de leur chair. Tout comme les vampires, les loups-garous sont perçus comme des crĂ©atures malĂ©fiques qui sĂšment la mort et la terreur et ils sont rĂ©putĂ©s pour souffrir de la mĂȘme rĂ©pulsion pour les choses sacrĂ©es. Petite Histoire du Loup-Garou Gravures de Charles Lebrun 1806 Il existait autrefois autant de versions diffĂ©rentes du loup-garou que de lĂ©gendes. Son apparence variait selon lâĂ©poque et le pays, mais il Ă©tait souvent dĂ©crit comme difficile Ă diffĂ©rencier dâun loup ordinaire. Le loup-garou Ă©tait pourvu dâune grande gueule, dâun regard Ă©tincelant et de dents crochues. Il Ă©tait parfois prĂ©sentĂ© comme un immense loup, dâautres comme un humain Ă tĂȘte de loup mais il pouvait aussi ressembler Ă notre version moderne du loup-garou. Voici la description quâen faisait Simon Goulard 1543-1628 » Le loup-garou est diffĂ©rent du loup en ce que son pelage nâest pas au dehors, mais entre cuir et chair. Il va aussi vite que le loup, ce qui ne doit ĂȘtre trouvĂ© incroyable, car ce sont les efforts du mauvais dĂ©mon qui les façonnent Ă la guise des loups. En marchant, ils laissent sur la terre la trace de loups. Ils ont les yeux affreux et Ă©tincelants comme des loups, font les ravages et cruautĂ©s des loups, Ă©tranglent chiens, coupent la gorge avec les dents aux jeunes enfants, prennent goĂ»t Ă la chair humaine comme les loups, ont lâadresse et rĂ©solution Ă la face des hommes dâexĂ©cuter tels actes. Et quand ils courent ensemble, ils sont accoutumĂ©s de dĂ©partir de leur chasse les uns aux autres. Sâils sont saouls, ils hurlent pour appeler les autres. » Certains tĂ©moignages affirmaient que les lycanthropes ne possĂ©daient pas de queue, mais quâils gardaient des yeux et une voix humaine. Ainsi, selon certains contes suĂ©dois, le loup-garou pouvait ĂȘtre distinguĂ© dâun loup ordinaire car il ne se dĂ©plaçait que sur trois jambes. Il Ă©tirait la quatriĂšme vers lâarriĂšre afin de la faire ressembler Ă une queue. Si leurs descriptions changeaient, il existait toutefois un point commun que lâon pouvait retrouver chez tous les lycanthropes de lâEurope mĂ©diĂ©vale ils semblaient avoir une nette prĂ©fĂ©rence pour les jeunes enfants et ils dĂ©voraient les cadavres fraichement enterrĂ©s. Les pouvoirs des lycanthropes semblaient sâaccroitre durant la nouvelle lune et au moment des solstices mais certaines fĂȘtes religieuses chrĂ©tiennes semblaient les renforcer tout autant. Ainsi, dans certains textes ainsi, lâon mentionnait des transformations qui avaient durĂ© jusquâĂ douze jours aprĂšs NoĂ«l. Au XXIIIe siĂšcle, Gervais de Tilbury soulignait quâen Angleterre il Ă©tait frĂ©quent de voir les hommes se changer en loup lorsque la lune entamait un nouveau cycle. En 1848, lorsque la lune Ă©tait rousse, lâon pouvait assister Ă des Ă©pidĂ©mies de lycanthropie. Olaus Magnus rapportait quâen Prusse, en Livonie et en Lituanie, les habitants souffraient tout au long de lâannĂ©e de la rapacitĂ© des loups qui dĂ©cimaient leur bĂ©tail mais comme ils Ă©taient dispersĂ©s Ă travers un grand nombre de bois, ils nâĂ©taient pas aussi dangereux que les hommes qui se transformaient en loups. Pour la fĂȘte de la NativitĂ© du Christ, une multitude dâhommes transformĂ©s en loups se rĂ©unissaient en certains endroits pour ensuite propager leur rage et leur incroyable fĂ©rocitĂ© contre des ĂȘtres humains et des animaux domestiques. Les gens originaires de ces rĂ©gions souffraient bien plus de ces loups que des vrais loups car lorsquâils repĂ©raient une habitation isolĂ©e dans les bois, ils lâassiĂ©geaient cruellement, sâefforçant de briser ses portes. Lorsquâils y arrivaient, ils dĂ©voraient tous les ĂȘtres humains et tous les animaux qui se trouvaient Ă lâintĂ©rieur. Ils faisait Ă©galement irruption dans les caves Ă biĂšre, vidaient les tonneaux de biĂšre ou dâhydromel puis ils entassaient les tonneaux vides les uns au-dessus des autres au milieu de la cave, montrant ainsi leur diffĂ©rence avec les vrais loups. Entre la Lituanie, la Livonie et la Courlande, se dressaient les murs dâun vieux chĂąteau en ruines. A cet endroit se rassemblaient des milliers de loups qui essayaient de prouver leur agilitĂ© au saut. Ceux qui se montraient incapables de franchir les murs, comme câĂ©tait souvent le cas avec les plus gros, Ă©taient tuĂ©s sans hĂ©sitation par leur capitaine. Les origines du loup-garou sont anciennes et incertaines. Depuis bien des siĂšcles les spĂ©cialistes sâaffrontent sur le sujet sans parvenir Ă sâaccorder. Bien Ă©videmment, de nombreux facteurs peuvent expliquer les lĂ©gendes sur les lycanthropes mais il reste toutefois une part de mystĂšre irrĂ©solu qui fait que la croyance dans le mythe du loup-garou reste encore Ă©trangement rĂ©pandue. Selon les lĂ©gendes et les Ă©crits qui sont parvenus jusquâĂ nous, il existait autrefois de nombreux moyens qui permettaient de devenir un loup-garou. La lycanthropie pouvait ĂȘtre due Ă la morsure ou Ă la griffure dâun loup ou dâun loup-garou, Ă un rituel satanique, Ă une malĂ©diction, Ă lâabsorption de chair humaine, Ă filtre magique ou Ă un pacte avec le diable mais elle pouvait aussi sâacquĂ©rir Ă la naissance, en revĂȘtant une peau humaine ou en sâexposant aux rayons de la pleine lune durant certaines nuits spĂ©cifiques. La MĂ©tamorphose de Lycaon en Loup La lycanthropie pouvait ĂȘtre le fait dâun chĂątiment divin comme nous lâapprend la lĂ©gende du roi Lycaon, le premier et le plus ancien des loups-garous cĂ©lĂšbres. Dans la mythologie grecque, Lycaon Ă©tait roi dâArcadie. Il Ă©tait connu pour ĂȘtre un roi cruel qui ne respectait rien ni personne et il Ă©tait rĂ©putĂ© pour le mĂ©pris quâil affichait envers les dieux. Afin de le mettre Ă lâĂ©preuve, Zeus, accompagnĂ© dâautres dieux, se prĂ©senta Ă lui sous les traits dâun mendiant. Lycaon, flairant le piĂšge, invita les mendiants Ă manger Ă sa table. Mais, dĂ©sirant vĂ©rifier leur divine nature, il fit tuer son petit-fils, Arcas et lâoffrit aux dieux en guise de repas. Tous les dieux sâen aperçurent immĂ©diatement, sauf DĂ©mĂ©ter, qui mangea par erreur une Ă©paule. IndignĂ©, Zeus foudroya alors les cinquante fils du roi puis il changea Lycaon en loup. Le jeune Arcas fut ressuscitĂ© et Zeus lui offrit le trĂŽne de son grand-pĂšre. Quand Ă son Ă©paule manquante, elle fut remplacĂ© par une Ă©paule dâargent. Suite Ă cette lĂ©gende, le cannibalisme fut Ă©troitement associĂ© Ă la lycanthropie dans la GrĂšce antique oĂč lâon croyait Ă©galement que dĂ©vorer de la chair crue de loup enragĂ© transformait en lycanthrope. Sur le mont Lykaion, lieu de naissance de Zeus, des jeux avaient lieu tous les quatre ans. Ils Ă©taient accompagnĂ©s de banquets en lâhonneur du dieu, durant lesquels les pratiques de cannibalisme Ă©taient courantes. La chair humaine Ă©tait partagĂ©e entre les diffĂ©rents participants qui se trouvaient alors changĂ©s en loups pour neuf ans. Sâils ne consommaient aucune chair humaine durant cette pĂ©riode, ils pouvaient alors retrouver leur forme originelle. Citant Agriopas, Pline lâAncien rapportait lâhistoire de DĂ©mĂ©nĂšte de Parrhasie qui, ayant goĂ»tĂ© des entrailles dâun enfant, immolĂ© lors dâun sacrifice que les Arcadiens avaient fait Ă Jupiter, avait Ă©tĂ© mĂ©tamorphosĂ© en loup. Au bout de dix ans, il Ă©tait revenu Ă sa forme humaine puis il sâĂ©tait rendu aux Jeux, oĂč il avait disputĂ© le prix du pugilat. Il Ă©tait revenu victorieux dâOlympie. Dans ses Ă©crits, Pline lâAncien citait aussi Euanthes, un Ă©crivain grec qui nâĂ©tait pas sans rĂ©putation, qui expliquait que selon les livres des Arcadiens, si un homme de la famille dâun certain Anthus Ă©tait choisi au hasard parmi les siens et quâon le conduisait jusquâĂ un Ă©tang de lâArcadie puis quâil suspendait ses vĂȘtements Ă un chĂȘne avant de traverser lâĂ©tang, alors il se transformait en loup et il vivait avec eux durant neuf ans. Si, durant cette pĂ©riode, il se tenait Ă lâĂ©cart de lâhomme, alors il pouvait retourner Ă lâĂ©tang et aprĂšs lâavoir traversĂ©, il retrouvait sa forme humaine, vieillie de neuf ans. Il indiquait quâil retrouvait mĂȘme ses anciens vĂȘtements. Selon certaines superstitions, voler les vĂȘtements dâun lycanthrope lâempĂȘchait de retrouver sa forme humaine. En France, il existait dâailleurs une lĂ©gende qui rapportait lâhistoire dâun baron de Bretagne qui ne pouvait regagner sa forme originelle aprĂšs que ses vĂȘtements eussent Ă©tĂ© dĂ©robĂ©s. En France, vers 1131, Hugues de Camp dâAvesnes, comte de Saint-Pol, quâon appelait la BĂȘte Canteraine, fut changĂ© en loup-garou par une force divine en raison des crimes Ă©pouvantables quâil avait commis. On le voyait pendant la nuit, parcourir les rues en poussant des hurlements, chargĂ© de chaĂźnes. Les anges, les prĂȘtres et certains saints possĂ©daient apparemment eux-aussi le pouvoir de lancer cette malĂ©diction. Saint-Thomas dâAquin avait dâailleurs une maxime Ă ce sujet » Omnes angeli, boni et Mali, ex virtute naturali habent potestatem transmutandi corpus nostra » Tous les anges, bons ou mauvais ont le pouvoir de mĂ©tamorphoser notre corps. Saint Natalis aurait maudit une famille irlandaise dont tous les membres seraient devenus des loups durant sept ans et Saint Patrick aurait transformĂ© le roi gallois Vereticus en loup. Les excommuniĂ©s de lâĂglise Catholique, quand Ă eux, Ă©taient suspectĂ©s de devenir des loups-garous. En dâautres contes lâintervention divine Ă©tait encore plus directe et en Russie une lĂ©gende racontait que des hommes Ă©taient devenus des loups-garous aprĂšs avoir encouru la colĂšre du diable. MĂ©tamorphose Selon certaines croyances populaires, les sorciers, les dieux et le Diable pouvaient aisĂ©ment changer un homme en loup ou en une bĂȘte sauvage en lui jetant une malĂ©diction. Au Ve siĂšcle avant HĂ©rodote, dans ses Histoires, relatait que les Grecs qui sâĂ©taient Ă©tablis sur les bords de la mer Noire au nord-est de la Scythie considĂ©raient les membres de la tribu des Neures comme des magiciens forts habiles, qui se transformaient tous en loups une fois par an, durant plusieurs jours, avant de reprendre leur apparence humaine. » Les Neures observent les mĂȘmes usages que les Scythes⊠Il parait que ces peuples sont des enchanteurs. En effet, sâil faut en croire les Scythes et les Grecs Ă©tablis en Scythie, chaque Neure se change une fois par an en loup pour quelques jours, et reprend ensuite sa premiĂšre forme. Les Scythes ont beau dire, ils ne me feront pas croire de pareils contes; ce nâest pas quâils ne les soutiennent, et mĂȘme avec serment. » Dans le folklore polonais, si une sorciĂšre jetait une ceinture en peau humaine sur le seuil dâune maison dans laquelle un mariage Ă©tait cĂ©lĂ©brĂ©, alors lâĂ©poux et lâĂ©pouse, les demoiselles et les garçons dâhonneur se transformaient en loups. Au bout de trois ans, la sorciĂšre couvrait la peau de leur cheveux et ils retrouvaient alors leur forme humaine. A ce sujet, une anecdote racontait quâune sorciĂšre ayant jetĂ© une peau de trop petite dimension sur lâĂ©poux, lorsquâil reprit sa forme humaine, il conserva sa queue de loup. Les sorciers Ă©taient capables de jeter une malĂ©diction qui changeaient leurs ennemis en loups-garous, mais le plus souvent, ils se choisissaient de se transformer eux-mĂȘmes dans le but de satisfaire leurs appĂ©tits de chair humaine. Ils effectuaient alors un rituel au cours duquel diverses allĂ©geances sataniques Ă©taient prononcĂ©es. Si le rituel Ă©tait correctement suivi, lâinvocateur pouvait prendre lâapparence du loup en revĂȘtant sa peau. Sous cette forme nouvelle, il sâattaquait aux troupeaux et aux hommes, dont il dĂ©vorait la chair. Il pouvait, bien entendu, retrouver sa forme originelle lorsquâil le souhaitait. Au XIIe siĂšcle, selon Guillaume de Palerme, de nombreux sorciers erraient dans les champs durant les nuits de pleine lune, munis de peaux de loup, afin dâeffrayer les populations. Thievenne Paget, qui Ă©tait une sorciĂšre, se changeait Ă©galement en louve, selon ses propres aveux. Ainsi mĂ©tamorphosĂ©e, elle accompagnait le Diable par monts et par vaux, tuant des vaches et dĂ©vorant des enfants. Claude Isan Prost, une femme boiteuse, Clauda Isan Guillaume et Isan Roquet, qui participĂšrent Ă lâassassinat de cinq enfants, en faisaient apparemment autant. En NorvĂšge, lâon pensait que certaines personnes pouvaient prendre la forme dâun ours ou dâun loup puis retrouver leur forme humaine de leur propre volontĂ©. Cette facultĂ© leur Ă©tait transmise par la Trollmen, et ceux qui la possĂ©daient Ă©taient eux-mĂȘmes appelĂ©s des Trolls. » Dans un hameau, au milieu dâune forĂȘt, un homme nommĂ© Lasse demeurait dans un chalet avec sa femme. Un jour, il sâĂ©tait rendu dans la forĂȘt pour abattre un arbre, mais il avant oubliĂ© de se signer et de dire son Pater, de sorte que certains trolls ou loups-sorciĂšres prirent aisĂ©ment son contrĂŽle et le transformĂšrent en loup. Sa femme le pleura durant de longues annĂ©es, mais, une veille de NoĂ«l, une mendiante vraiment trĂšs pauvre, aux vĂȘtements en lambeaux, vint frapper Ă sa porte. La femme de la maison Ă©tait bonne. AprĂšs lâavoir fait rentrer chez elle, elle la nourrit convenable et la traita avec gentillesse. Avant de partir, la mendiante dĂ©clara Ă la femme quâelle serait probablement heureuse de revoir son mari, car il nâĂ©tait pas mort mais il se promenait dans la forĂȘt comme un loup. A la tombĂ©e de la nuit, la femme se dirigea vers son garde-manger afin de prĂ©lever un morceau de viande pour le lendemain quand soudain, alors quâelle se tournait pour sortir, elle aperçut un loup debout sur ses pattes, qui la regardait dâun air triste et affamĂ©. Voyant ça, la femme sâexclama » Je suis sure que tu Ă©tais mon Lasse, je vais te donner un peu de viande. » A ce moment lĂ , la peau de loup disparut. Devant elle se tenait maintenant son mari, dans les vĂȘtements quâil portait le jour oĂč elle lâavait vu pour la derniĂšre fois . Il est aisĂ© de distinguer dans cette fable moralisatrice, lâavertissement que lâĂ©glise nâa pas pris la peine de masquer. Dans le Satyricon, Niceros racontait quâil Ă©tait Ă©tĂ© invitĂ© au banquet dâun de ses amis et que celui-ci sâĂ©tait brusquement transformĂ© en loup. Selon Niceros » Quand je me suis retournĂ© vers mon ami, je vis quâil sâĂ©tait dĂ©pouillĂ© de ses vĂȘtements et quâil les avait empilĂ©s au bord de la route. Il sâassit dans un cercle autour de ses vĂȘtements, puis, comme ça, se transforma en loup! Il poussa des hurlements de loup puis sâenfuit dans les bois. » Une lĂ©gende du folklore lituanien assurait quâil Ă©tait Ă©galement possible de se transformer en loup-garou en trinquant imprudemment avec un lycanthrope lorsquâil prononçait une formule de transmission. Dans son recueil Chansons du peuple russe, Ralston donnait dâailleurs une incantation qui reste encore de nos jours populaire en Russie. Porter malencontreusement une ceinture en peau de pendu pouvait aussi mener Ă une mĂ©tamorphose. Au IXe siĂšcle, Nennius rapportait dans son Historia Brittonum que certains hommes celtes Ă©taient rĂ©putĂ©s pouvoir prendre la forme dâun loup Ă volontĂ© grĂące Ă une force diabolique issue de leurs ancĂȘtres. Ils sâattaquaient ainsi aux moutons, et lorsque des gens armĂ©s de bĂątons les poursuivaient, ils sâenfuyaient le plus vite possible. Lorsquâils souhaitaient se mĂ©tamorphoser, ils quittaient leur corps humain non sans avoir fermement indiquĂ© Ă leurs proches quâil ne fallait surtout pas les changer de position car, si cela arrivait, ils ne pouvaient plus jamais reprendre forme humaine. Si quelquâun les blessait sous leur forme de loup, la blessure Ă©tait alors visible au mĂȘme endroit sur leur corps humain. Loup-garou Allemand 1722 Si la lycanthropie Ă©tait souvent reliĂ©e au Diable, il existe un conte rare et peu connu, celui dâun vieil homme nommĂ© Thiess. En 1692, Ă Jurgenburg, en Livonie, Thiess tĂ©moigna sous serment que lui et les autres loups-garous Ă©taient les chiens de Dieu. Il affirmait quâils Ă©taient des guerriers qui Ă©taient allĂ©s en enfer en dĂ©coudre avec les sorciĂšres et les dĂ©mons. Leurs efforts avaient assurĂ© que le Diable et ses sbires ne transportent pas le grain des derniĂšres rĂ©coltes en enfer. Thiess Ă©tait ferme dans ses affirmations, il disait que les loups-garous en Allemagne et en Russie avaient Ă©galement combattu les sbires du Diable dans leurs propres versions de lâenfer. Il soutenait que lorsque les loups-garous mouraient, leurs Ăąmes Ă©taient accueillies au ciel en remerciement pour leur service. Thiess avait Ă©tĂ© finalement condamnĂ© Ă dix coups de fouet pour idolĂątrie et croyance superstitieuse. Dans certains pays, les enfants qui avaient des particularitĂ©s physiques ou ceux qui naissaient Ă certaines dates Ă©taient prĂ©disposĂ©s Ă devenir des loups-garous. Les Serbes, les Polonais et les SlovĂšnes affirmaient que les enfants qui naissaient avec des cheveux ou une tĂąche de vin avaient le don le double vue et quâils pouvaient se mĂ©tamorphoser en divers animaux. Le loup Ă©tant, bien entendu, lâanimal quâils prĂ©fĂ©raient. La croyance en ce phĂ©nomĂšne Ă©tait tellement forte quâau XVI e siĂšcle, lâĂglise de Russie se sentit obligĂ©e de la condamner. Selon la tradition galicienne, le septiĂšme fils dâune famille pouvait ĂȘtre normal ou un loup-garou. Sâil Ă©tait normal, lâenfant avait lâimage dâune croix ou de la roue de Sainte-Catherine dans sa bouche, et sâil Ă©tait un loup-garou, il nâavait aucun signe. Quâun frĂšre parraine lâenfant pour son baptĂȘme et sa confirmation pouvait prĂ©venir la mĂ©tamorphose. Si aucun frĂšre nâĂ©tait disponible, alors baptiser lâenfant du nom de Bieito pouvait Ă©galement lâempĂȘcher de devenir un loup-garou. Les enfants nĂ©s durant la pleine lune, ceux qui avaient Ă©tĂ© conçus la veille dâun dimanche ou dâun jour saint, ceux qui naissaient le jour de noĂ«l, ceux qui portaient un embryon de queue et ceux qui naissaient coiffĂ©s avec un morceau de placenta sur la tĂȘte Ă©taient plus susceptibles que dâautres de devenir des loups-garous.. Les enfants de prĂȘtres ou de nonnes Ă©taient, quand Ă eux, condamnĂ©s dĂšs leur naissance Ă se transformer en loup tous les sept ans. Dans le sud de la France, lâon croyait que le destin destinait certains hommes Ă devenir des lycanthropes. Le dĂ©sir de courir leur venait la nuit. Ils quittaient alors leur lit, sautaient par la fenĂȘtre, et plongeaient dans une fontaine. Lorsquâils en ressortaient, ils Ă©taient couverts dâune fourrure dense, marchaient Ă quatre pattes, et partaient errer Ă travers les champs et les prairies, les forĂȘts et les villages, mordant tous les animaux et les ĂȘtres humains quâils trouvaient sur leur chemin. A lâapproche de lâaube, ils revenaient Ă la fontaine, se plongeaient dedans, perdaient leurs peaux Ă fourrure et retrouvaient leurs lits vides. Pour ceux qui souhaitaient se transformer volontairement en lycanthrope, la chose Ă©tait relativement aisĂ©e. Lâun des moyens les plus simples pour se mĂ©tamorphoser en loup pour quelquâun qui nâavait aucune connaissance en magie Ă©tait dâĂŽter ses vĂȘtements, de porter une ceinture en peau de loup ou de se frotter le corps avec divers onguents magiques. En 1603, le juge Henri Boguet dans Le discours des Sorciers, soulignait lâutilisation de tels onguents » Plusieurs confessĂšrent que, pour se mettre en loups, ils se frottaient dâune certaine graisse; quâensuite le diable leur affublait une peau de loup qui leur couvrait tout le corps; aprĂšs quoi, ils se mettaient Ă quatre pattes, et couraient parmi les champs, tantĂŽt aprĂšs une personne, et tantĂŽt aprĂšs une bĂȘte, selon que leur appĂ©tit les guidait ou les transportait. » Il Ă©tait aussi possible de boire de lâeau de pluie dans lâempreinte dans loup ou dâun autre animal sauvage, de boire lâeau dâune source oĂč venaient sâabreuver les loups, de dĂ©vorer la cervelle dâun loup ou de dormir Ă lâendroit oĂč se reposait habituellement la bĂȘte. De la biĂšre mĂȘlĂ©e Ă du sang Ă©tait rĂ©putĂ©e accĂ©lĂ©rer la mĂ©tamorphose recherchĂ©e. Au 16e siĂšcle, lâĂ©crivain suĂ©dois Olaus Magnus affirmait que les loups-garous de Livonie avaient Ă©tĂ© initiĂ©s aprĂšs avoir bu une tasse de biĂšre spĂ©cialement prĂ©parĂ©e en rĂ©pĂ©tant une formule Ă©tablie. En Galice, une personne pouvait devenir un loup-garou en jetant ses vĂȘtements et en quittant son domicile chaque vendredi. Il devait ensuite visiter sept villages, et se vĂȘtir dâune peau dans chacun. Il pouvait retrouver sa forme humaine en brĂ»lant une des peaux quâil portait ou en se faisant saigner. En France, en Italie et en Allemagne lâon pensait que lâhomme pouvait se changer en loup sâil dormait seul dehors au cours de certaines nuits dâĂ©tĂ©, les mercredis et vendredis, et si la pleine lune Ă©clairait directement son visage. En Russie, le loup-garou est appelĂ© un Oborot. Les croyances affirmaient que pour se transformer en Oborot, il fallait suivre le cĂ©rĂ©monial suivant Celui qui veut devenir un Oborot, quâil cherche dans la forĂȘt un arbre de petite taille et quâil le poignarde avec un couteau de cuivre. Il devra ensuite marcher autour de lâarbre, en rĂ©pĂ©tant une certaine incantation puis se jeter trois fois contre lâarbre. Il pourra alors courir dans la forĂȘt, transformĂ© en loup. Au Danemark, il se disait que si une femme Ă©tendait entre quatre bĂątons la membrane qui enveloppe un poulain lors de sa naissance puis se glissait Ă travers elle, nue, alors elle enfanterait sans douleur mais tous les garçons quâelle aurait serait des loups-garous et toutes les filles des maras. Il semblerait que dans certains cas, la lycanthropie ne rĂ©sultait pas dâune mĂ©tamorphose du corps mais dâun voyage de lâĂąme. Lorsquâune Ăąme Ă©tait damnĂ©e, elle ne pouvait trouver le repos et elle sortait parfois de sa tombe sous lâapparence dâun loup. Cette Ăąme partait alors Ă la recherche dâun hĂŽte et il sâen suivait gĂ©nĂ©ralement une lutte farouche entre lâĂąme originelle et lâĂąme damnĂ©e qui cherchait Ă prendre possession de ce corps. Si lâĂąme damnĂ©e lâemportait, alors lâhĂŽte se transformait en loup-garou. Au Ier siĂšcle, ArĂ©tĂ©e de Cappadoce parlait de certains hommes qui Ă©taient persuadĂ©s dâĂȘtre fait de verre. Ils craignaient donc dâĂȘtre cassĂ©s, auquel cas ils se transformaient en loup. Leur comportement devenait semblable en tous points Ă lâanimal Ils sortaient la nuit de prĂ©fĂ©rence, ils hurlaient Ă la mort, et, torturĂ©s par de fĂ©roces appĂ©tits, ils se jetaient sur les troupeaux et les hommes afin de les dĂ©vorer. Le chiffre sept, supposĂ© sacrĂ©, Ă©tait frĂ©quemment associĂ© aux loups-garous. Certains lycanthropes Ă©taient ainsi condamnĂ©s Ă vivre sept ans sous leur forme de loup en expiation de leurs crimes ou pour que cesse le sortilĂšge lancĂ© sur eux. Ils devaient chaque nuit parcourir sept paroisses et faire le tour de sept clochers avant de trouver une place en Enfer. Briser le carĂȘme sept ans dâaffilĂ© menait indĂ©niablement Ă une mĂ©tamorphose. De leurs propres aveux, les lycanthropes sâunissaient souvent Ă des louves, et ils affirmaient que leur plaisir Ă©tait intense. Lorsque la mĂ©tamorphose cessait et que le loup-garou reprenait forme humaine, il se sentait physiquement faible et moralement torturĂ©. Les nombreux rapports existants sur les lycanthropes nous apprennent que les loups-garous sombraient gĂ©nĂ©ralement dans la dĂ©pression ou quâils souffraient dâune grave mĂ©lancolie lorsquâils prenaient conscience de leurs crimes. Reconnaitre un Loup-Garou De part sa nature mĂ©fiante et rusĂ©e, il Ă©tait difficile de reconnaitre un loup-garou lorsquâil Ă©voluait sous sa forme humaine. Pourtant, certains signes Ă©taient rĂ©vĂ©lateurs car les lycanthropes conservaient parfois des caractĂ©ristiques spĂ©cifiques Ă leur mĂ©tamorphose. Des sourcils touffus, des dents rouges, des oreilles implantĂ©es un peu plus bas que la normale et en arriĂšre de la tĂȘte, des mains poilues Ă lâintĂ©rieur des paumes, des doigts plats et palmĂ©s, le majeur et lâindex de mĂȘme longueur, des pouces trapus, des ongles lĂ©gĂšrement rougeĂątres ou recourbĂ©s, une modification de la voix oĂč des yeux, et dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale, des poils sur les mains, les pieds et le dos Ă©taient des signes qui tendaient Ă tĂ©moigner de la vraie nature du suspect. Une Ă©trange fatigue, un air triste ou mĂ©lancolique et un manque dâappĂ©tit soudain Ă©taient Ă©galement des indices Ă ne pas nĂ©gliger. La rumeur prĂ©tendait Ă©galement que sa soif Ă©tait inextinguible et quâil lui Ă©tait quasiment impossible de verser des larmes. Durant la pĂ©riode mĂ©diĂ©vale et la Renaissance, la mĂ©thode classique pour reconnaitre formellement un loup-garou consistait Ă inciser la peau du prĂ©sumĂ© lycanthrope afin de regarder si des poils sây dissimulaient car, selon certaines lĂ©gendes françaises et quĂ©bĂ©coises, lâhomme nâavait quâĂ retourner sa peau pour se transformer en loup-garou, comme en tĂ©moigne cette anecdote » On amena au mĂ©decin Pomponace un paysan atteint de lycanthropie, qui criait Ă ses voisins de sâenfuir sâils ne voulaient pas quâil les mange. Comme ce pauvre homme nâavait rien de la forme dâun loup, les villageois, persuadĂ©s pourtant quâil lâĂ©tait, avaient commencĂ© Ă lâĂ©corcher pour voir sâil ne portait pas le poil sous la peau. Pomponace le guĂ©rit, comme on en eĂ»t guĂ©ri bien dâautres si on nâeĂ»t mieux aimĂ© les brĂ»ler pour Ă©pouvanter les indĂ©vots. » DâaprĂšs une croyance russe, un lycanthrope pouvait ĂȘtre aisĂ©ment dĂ©masquĂ© grĂące aux poils quâil avait sous la langue. Dans le folklore hongrois et celui des Balkans, de nombreux loups-garous Ă©taient dĂ©crits comme des sorciĂšres vampiriques qui devenaient des loups afin de sucer le sang des hommes qui Ă©taient nĂ©s un jour de pleine lune. Sous leur forme humaine, ces loups-garous Ă©taient pĂąles, ils avaient un visage Ă©maciĂ©, des orbites creuses, des lĂšvres gonflĂ©es et des bras flasques. DĂšs que que le lycanthrope Ă©tait formellement identifiĂ©, il Ă©tait possible de lui administrer un remĂšde, de lâenfermer afin de le juger, ou de lâexĂ©cuter. Dans la plupart des lĂ©gendes un loup-garou nâavait aucun moyen de changer sa condition et seule la mort pouvait le dĂ©livrer. Pourtant, diffĂ©rents remĂšdes Ă©taient reconnus comme efficaces pour lutter contre la transformation en loup et il existait de nombreuses maniĂšres de soigner les lycanthropes, qui variaient suivant lâĂ©poque, le pays et le mythe. Dans la majoritĂ© des cas, on supposait que la lycanthropie rĂ©sultait dâune malĂ©diction ou dâune possession et il suffisait donc de pratiquer un exorcisme afin de chasser lâesprit dĂ©moniaque qui sâĂ©tait emparĂ© du corps du malheureux. Dans lâAntiquitĂ©, afin de guĂ©rir les personnes atteintes de lycanthropie, les Grecs et les Romains croyaient en la puissance de lâĂ©puisement. Le lycanthrope Ă©tait alors soumis Ă de longues pĂ©riodes dâactivitĂ© physique dans lâespoir de le dĂ©barrasser de cette maladie. Cette pratique venait du fait que de nombreux loups-garous prĂ©sumĂ©s se sentaient faibles lorsquâils retrouvaient leur forme humaine. En Scandinavie, en Russie occidentale et en Europe centrale, certaines lĂ©gendes du XVe siĂšcle faisaient Ă©tat de lâexistence de philtres magiques pouvant aider les loups-garous Ă retrouver leur aspect originel. Au Danemark une simple rĂ©primande pouvait venir Ă bout de la lycanthropie et dans certaines rĂ©gions dâAllemagne, on affirmait quâun loup-garou pouvait ĂȘtre guĂ©ri si lâon prononçait trois fois son nom de baptĂȘme. Au Moyen-Ăąge, la conversion au christianisme Ă©tait lâune des mĂ©thodes utilisĂ©es et une dĂ©votion Ă Saint-Hubert Ă©tait prĂ©conisĂ©e Ă la fois comme remĂšde et protection. Les lĂ©gendes scandinaves, russes occidentales et dâEurope centrale mentionnaient des philtres magiques qui Ă©taient capables de redonner son aspect humain au lycanthrope. Ces philtres Ă©taient prĂ©parĂ©s avec de lâaconit, une plante Ă©galement connue sous le nom de tue-loup. Si une partie des mĂ©thodes Ă©taient relativement douces, la plupart des remĂšdes prĂ©conisĂ©s par les mĂ©decins mĂ©diĂ©vaux Ă©taient malheureusement fatals aux patients. Afin de redonner son apparence humaine au lycanthrope, il Ă©tait aussi possible de trouver la peau de loup quâil utilisait pour se mĂ©tamorphoser et quâil dissimulait dans un endroit secret, en gĂ©nĂ©ral une souche dâarbre, afin de la brĂ»ler. Le loup-garou souffrait alors terriblement et poussait dâaffreux cris de douleur, mais il Ă©tait par la suite dĂ©livrĂ© Ă tout jamais de sa malĂ©diction. Selon une croyance quĂ©bĂ©coise, il fallait marquer le lycanthrope au fond en gravant une croix Ă lâaide dâun couteau, en souvenir du Christ, ou le piquer et faire couler son sang, en souvenir du martyre du Christ. Une ancienne superstition sicilienne affirmait quâun loup-garou pouvait ĂȘtre guĂ©ri de son mal si on le frappait au front ou au cuir chevelu avec un couteau, ou si lâon perçait ses mains avec des clous. On pouvait aussi lui assĂ©ner des coups avec une clef ou faire couler son sang car quelques gouttes de sang versĂ©es devaient lui faire recouvrer sa forme humaine. Une fois guĂ©ri, un ancien lycanthrope gardait gĂ©nĂ©ralement la facultĂ© de comprendre le langage des loups. Se ProtĂ©ger dâun Loup-Garou Si un lycanthrope rĂŽdait dans les parages, il y avait trĂšs peu de moyens de sâen protĂ©ger efficacement. En Belgique, le sorbier Ă©tait rĂ©putĂ© efficace et lâon pensait quâune maison abritĂ©e par lâombre dâun sorbier Ă©tait un lieu sur. Pour arrĂȘter un loup-garou, il existait un moyen simple, mais hasardeux. Il suffisait de prendre des clefs et les jeter derriĂšre soi tout en faisant face au lycanthrope. On pouvait Ă©galement lâasperger avec de lâeau, ce qui devait logiquement lui faire retrouver forme humaine. En lui jetant de lâeau bĂ©nite, le loup-Garou disparaissait parfois mais il pouvait aussi se transformer en lutin ou en vampire. Toutefois, cette transformation durait de 1 jour Ă 3 semaines, ce qui permettait gĂ©nĂ©ralement Ă la victime de sâenfuir. On pouvait aussi tenter dâempoisonner la crĂ©ature malĂ©fique. Mais câĂ©tait une mĂ©thode relativement risquĂ©e et gĂ©nĂ©ralement dĂ©conseillĂ©e, car le loup-garou, Ă©tant Ă moitiĂ© animal, avait un puissant odorat. Par consĂ©quent, il pouvait aisĂ©ment dĂ©tecter toute substance toxique. Selon certaines croyances, couper la patte dâun loup-garou pouvait dĂ©truire le charme de sa mĂ©tamorphose, lâobligeant ainsi Ă retrouver sa forme humaine, mais avec une main ou un pied tranchĂ©. La sensibilitĂ© des loups-garous aux objets religieux tels que lâeau bĂ©nite et les crucifix est une croyance relativement rĂ©cente. Tuer un Loup-Garou Si toutes les mĂ©thodes pour se protĂ©ger du loup-garou se rĂ©vĂ©laient inefficaces et que personne ne parvenait Ă identifier le responsable, il fallait alors se rĂ©soudre Ă le tuer lors de sa mĂ©tamorphose en loup. Mais les lycanthropes Ă©taient dâadroites crĂ©atures qui Ă©chappaient souvent aux piĂšges et leur peau dâune grande duretĂ© les protĂ©geait efficacement des attaques classiques. Cependant, les blessures faites aux loups-garous lorsquâils Ă©taient sous leur forme animale se retrouvaient gĂ©nĂ©ralement sur leur corps humain, ce qui permettait de les reconnaitre aisĂ©ment par la suite. Les lycanthropes possĂ©daient une grande rĂ©sistance et ils recouvraient rapidement leur intĂ©gritĂ© physique, mĂȘme si leurs membres Ă©taient sectionnĂ©s mais la dĂ©capitation sâavĂ©rait toutefois un moyen incontestable dâen venir Ă bout. Les armes et les objets en argent, comme des lances, des balles, des Ă©pĂ©es, des poignards ou des flĂšches Ă©taient rĂ©putĂ©s efficaces. Il Ă©tait toutefois prĂ©fĂ©rable de bĂ©nir ces armes, et cette bĂ©nĂ©diction devait sâeffectuer la nuit, Ă des heures prĂ©cises. Des objets rares et prĂ©cieux et une chapelle dĂ©diĂ©e Ă Saint-Hubert pouvait encore accentuer lâefficacitĂ© des bĂ©nĂ©dictions. Au XIXe siĂšcle, lorsque la bĂȘte du GĂ©vaudan fut tuĂ©e par une balle en argent, la vulnĂ©rabilitĂ© des loups-garous Ă lâargent devint alors indiscutable. En Bretagne, on prĂ©fĂ©rait dĂ©capiter le lycanthrope Ă la hache ou Ă la faux, avant de jeter son corps dans la riviĂšre. Au Moyen-Ăąge, comme en tĂ©moignent les nombreuses exĂ©cutions pour lycanthropie, le feu et la pendaison Ă©taient aussi des moyens efficaces de mettre un terme aux mĂ©faits de la crĂ©ature malĂ©fique. Dans certains rĂ©gions de lâAllemagne, du nord de la France et de la Pologne, il Ă©tait gĂ©nĂ©ralement admis que les personnes qui mouraient en Ă©tat de pĂ©chĂ© mortel revenaient sous la forme dâun loup afin de boire du sang avant de retourner dans leurs enveloppe corporelle humaine dĂšs les premiĂšres lueurs du soleil. Ces lycanthropes Ă©taient dĂ©capitĂ©s Ă lâarme blanche et exorcisĂ©s par le curĂ© de la paroisse, puis leur tĂȘte Ă©tait ensuite jetĂ©e dans un ruisseau, oĂč le poids Ă©crasant de leurs pĂ©chĂ©s lâentrainait par le fond. Mais mĂȘme aprĂšs leur mort, les lycanthropes pouvaient encore poser problĂšme. Jusquâau 20e siĂšcle les Grecs estimaient que les cadavres de loups-garous qui nâĂ©taient pas dĂ©truits revenaient Ă la vie sous forme de loups, de hyĂšnes ou de vampires et erraient sur les champs de bataille afin de boire le sang des soldats agonisants. Les populations rurales croyaient en lâexistence des loups-garous qui ravageaient les campagnes et sâattaquaient aux animaux comme aux ĂȘtre humains, et lorsquâune personne Ă©tait reconnue lycanthrope, son jugement Ă©tait sans appel. Toutefois, la lycanthropie, en tant que mĂ©tamorphose physique, posa des problĂšmes de part son cĂŽtĂ© surnaturel et suscita une certaine incrĂ©dulitĂ© chez les penseurs et les lettrĂ©s et cela dĂšs la GrĂšce Antique. Pline lâAncien indiquait quâil ne fallait pas y croire et le mĂ©decin grec ArĂ©tĂ©e assimilait la lycanthropie Ă une maladie. De plus, le statut des loups-garous Ă©tait incompatible avec les enseignements de lâĂglise Catholique Romaine car ils Ă©taient considĂ©rĂ©s comme une manifestation dĂ©moniaque. La Bible ne donnait aucune explication Ă leur propos et les thĂ©ologiens furent donc obligĂ©s dâen trouver une par eux-mĂȘmes. Il en ressortit que le dĂ©mon ne pouvait en aucun cas transformer un corps humain en celui dâun loup grĂące Ă ses pouvoirs magiques, car seul Dieu possĂ©dait le pouvoir de crĂ©ation. La thĂ©orie selon laquelle un dĂ©mon ou un sorcier pouvait projeter son Ăąme dans le corps dâun loup fut Ă©galement rejetĂ©e, car leurs pouvoirs ne pouvaient ĂȘtre Ă©quivalents Ă deux de Dieu. Thomas dâAquin, sâappuyant sur les Ă©crits dâAugustin Hippome, affirma que les mĂ©tamorphoses Ă©taient des illusions du Diable qui nâaffectaient ni le corps, ni lâĂąme, mais le phantasticum, une sorte de projection fantomatique de lâhomme. La mĂ©tamorphose en loup Ă©tait donc une illusion. Aux cours des XVIe et XVIIe siĂšcles, les croyances restaient vivaces et les procĂšs pour lycanthropie furent trĂšs nombreux. Ceux qui Ă©mettaient des doutes quand Ă la vĂ©racitĂ© du phĂ©nomĂšne prenaient le risque dâĂȘtre soupçonnĂ©s de sympathie pour les sorciers. Les sceptiques Ă©taient donc peu nombreux et les mĂ©decins se montraient trĂšs discrets. Les loups-garous Ă©taient dĂ©testĂ©s des inquisiteurs qui les pourchassaient impitoyablement. On brĂ»lait tous les jours un grand nombre de malheureux accusĂ©s de lycanthropie et les thĂ©ologiens et dĂ©vots se plaignaient continuellement de ce quâon nâen brĂ»lait pas assez. Henry Boguet, un inquisiteur notoire, eut Ă juger neuf cas impliquant des loups-garous. Il pensait que le loup-garou Ă©tait une manifestation directe du Diable. Selon lui, Satan abandonnait le lycanthrope endormi dans un buisson et en faisait sortir un loup. Lâanimal commettait alors des crimes qui hantaient lâesprit du dormeur et qui troublait son imagination Ă un tel point que le lycanthrope croyait vraiment sâĂȘtre mĂ©tamorphosĂ© en loup. Il pensait donc avoir couru la campagne en massacrant des animaux et des ĂȘtres humains. Bien que la rĂ©alitĂ© de la transformation physique ait Ă©tĂ© remise en cause dans cette thĂ©orie, le loup-garou Ă©tait tout de mĂȘme considĂ©rĂ© comme responsable de ses actes car il avait pactisĂ© avec le dĂ©mon, ce qui constituait un crime extrĂȘmement grave. Delancre rapportait cette anecdote sur un duc de Russie, » lequel, averti quâun sien sujet se changeait en toutes sortes de bĂȘtes, lâenvoya chercher; et, aprĂšs lâavoir enchaĂźnĂ©, lui commanda de faire une expĂ©rience de son art; ce quâil fit, se changeant aussitĂŽt en loup mais ce duc, ayant prĂ©parĂ© deux dogues, les fit Ă©lancer contre ce misĂ©rable, qui aussitĂŽt fut mis en piĂšces . Aristide Dey dĂ©crivait la nature des prĂ©tendus loups-garous ainsi » En des temps reculĂ©s, oĂč rĂ©gnaient lâobscurantisme et les superstitions, des ĂȘtres dĂ©pravĂ©s par la misĂšre, exaltĂ©s hors des voies de lâhumanitĂ© par lâusage de drogues enivrantes, se sont couverts dâune peau de loup, se sont exercĂ©s Ă courir Ă quatre pieds, et, jetant sous ce dĂ©guisement la terreur dans les populations, ont vĂ©cu de dĂ©pradations et sont allĂ©s jusquâĂ se repaĂźtre de chair humaine. » Lycanthropie, Cas et ProcĂšs cĂ©lĂšbres Loup-Garou en Normandie De la fin du Moyen Age Ă la Renaissance, sur un peu plus de cent ans, de nombreux rapports relatant des attaques de loups-garous et prĂšs de 30 000 procĂšs pour lycanthropie furent enregistrĂ©s en France. On estime que le nombre de procĂšs en Europe fut de 100 000 mais selon Collin de Plancy, des dizaines de milliers dâautres personnes soupçonnĂ©es de lycanthropie auraient pĂ©ri sans jugement, victimes de la vindicte populaire. Dans certaines affaires il y avait des preuves de meurtre et cannibalisme, sans association aucune avec des loups, et dans dâautres cas, des gens avaient tout simplement Ă©taient effrayĂ©s par des loups. Les personnes reconnues coupables de lycanthropie Ă©taient brĂ»lĂ©es sur le bĂ»cher ou Ă©corchĂ©es vives, car la lĂ©gende voulait que les poils du loup soient dissimulĂ©s sous sa peau. Et parfois, plus rarement, elles Ă©taient pendues, tout simplement. Au dĂ©but du XVIIe siĂšcle, la sorcellerie fut condamnĂ©e par Jacques Ier dâAngleterre et il fallut attendre le 21 juillet 1682 pour que les procĂšs de sorcellerie soient interdits en France. En 1182, Giraldus affirma avoir dĂ©couvert, en Irlande, un couple de Loups Garous. Mais on nâen sait pas plus sur ce sujet. En 1440, Gilles de Rais fut exĂ©cutĂ© pour actes de barbarie et de lycanthropie. En 1521, Pierre Burgeot et Michel Verdun furent accusĂ©s de lycanthropie par Jean Bodin, le prieur du couvent dominicain de Poligny. Le procĂšs, qui eut lieu Ă Besançon, attira une nombreuse foule de curieux. Les accusĂ©s furent tous deux dĂ©clarĂ©s coupables et brĂ»lĂ©s vifs. Leurs portraits demeurĂšrent affichĂ©s dans lâĂ©glise du village afin de rappeler Ă tous ce les hommes Ă©taient capables de faire lorsquâils Ă©taient sous lâinfluence du Diable. Au cours de la mĂȘme annĂ©es, trois hommes accusĂ©s de lycanthropie furent brĂ»lĂ©s vifs Ă Besançon. Ils avaient avouĂ© quâaprĂšs sâĂȘtre frottĂ©s de graisse ils se changeaient en loups, sâaccouplaient avec des louves et quâils avaient dĂ©vorĂ© plusieurs enfants. En 1541, Ă Pavia, en Italie, un fermier Ă©tait soupçonnĂ© dâavoir dĂ©chiquetĂ© un grand nombre de personnes avec ses dents, alors quâil se trouvait sous la forme dâun loup. AprĂšs sa capture, il affirma que lâunique diffĂ©rence entre un vĂ©ritable loup et lui rĂ©sidait dans la fourrure. Elle poussait vers lâextĂ©rieur pour un loup, et vers lâintĂ©rieur pour lui. En 1542, selon Henry Boguer, cent cinquante loups-garous se rĂ©unirent sur une place de Constantinople. En 1573, durant lâautomne, alors que sĂ©vissait une terrible famine, de nombreux crimes furent commis sur des enfants dont les corps furent retrouvĂ©s dĂ©chiquetĂ©s et dĂ©vorĂ©s. Tout indiquait quâils avaient Ă©tĂ© attaquĂ©s par des loups. Les soupçons se portĂšrent alors sur Gilles Garnier, un ermite qui habitait avec sa famille en plein milieu de la forĂȘt de la Serre, Ă Armange. AprĂšs avoir Ă©tĂ© capturĂ©, les habitants du village le conduisirent au tribunal de Dole. Le 16 janvier 1574, aprĂšs que le suspect ait avouĂ© ses crimes, le tribunal dĂ©livra son verdict. Parmi les charges qui pesaient contre lui, on lui reprochait, entre autres, dâavoir consommĂ© de la viande un vendredi, ce qui Ă©tait formellement interdit. » Gilles Garnier, tombĂ© en sorcellerie, ayant pris et occis plusieurs enfants de 6 Ă 12 ans tant avec ses mains semblant pattes quâavec ses dents, la Cour le condamne Ă ĂȘtre aujourdâhui trainĂ© Ă lâenvers sur une claie depuis la conciergerie de Dole jusquâau tertre de ce lieu et y ĂȘtre brĂ»lĂ© vif⊠» En 1584, Pierre Gandillon et son fils Georges furent arrĂȘtĂ©s et accusĂ©s dâavoir assassinĂ© et dĂ©vorĂ© de nombreux adolescents aprĂšs sâĂȘtre enduit le corps dâun onguent. Leur apparence avait changĂ©, ils se dĂ©plaçaient Ă quatre pattes, ils Ă©taient pourvus dâongles durs, Ă©pais et acĂ©rĂ©s comme des griffes. En 1588 Arline de Barioux fut brĂ»lĂ©e sur la grand-place de Riom. On lâaccusait de se transformer en loup tous les vendredis aprĂšs-midi afin de dĂ©vorer les enfants. En 1598, dans la vallĂ©e de la Loire, Jacques Rollet, un simple dâesprit qui se prenait pour un loup, avait Ă©tĂ© dĂ©couvert Ă proximitĂ© du cadavre ensanglantĂ© dâun adolescent de 15 ans. Jacques Rollet Ă©tait dĂ©jĂ connu sous le nom de loup-garou de Caude. Selon les divers tĂ©moignages, il avait fui le lieu de son forfait avant dâĂȘtre retrouvĂ© Ă moitiĂ© nu dans les bois. Ses longs cheveux et sa grande barbe Ă©taient emmĂȘlĂ©s et ses mains couvertes de sang tenaient encore des morceaux de chair. Lors de son jugement, Jacques Rollet expliqua quâil avait tuĂ© des juges, des avocats et des baillis mais que la chair de ces derniers Ă©tait dure et insipide. La cour lâavait condamnĂ© Ă mort mais il avait Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme mentalement dĂ©ficient et internĂ© dans un asile oĂč il Ă©tait restĂ© durant deux annĂ©es. Peter Stumbb En 1589 eurent lieu le procĂšs et la mise Ă mort de Peter Stumbb, le plus cĂ©lĂšbre tueur des loups-garous prĂ©sumĂ©s. Il Ă©tait connu sous le nom de loup-garou de Bedburg. Lors de son procĂšs, il dĂ©clara que le diable lui avait donnĂ© une ceinture magique qui lui permettait de se mĂ©tamorphoser en » un loup affamĂ©, un loup vorace, fort et puissant, avec de grands yeux qui brillaient comme du feu dans la nuit, une grande bouche pourvue de dents pointues et cruelles, un corps gigantesque et des pattes puissantes. . De la mĂȘme pĂ©riode, lâhistoire dâun tailleur sanguinaire nous est parvenue. Lâhomme se dĂ©guisait en loup et il errait dans les forĂȘts au crĂ©puscule, sâattaquant aux enfants et aux jeunes gens afin de leur ouvrir la gorge. Parfois, il attirait les malheureux dans son Ă©choppe, il les frappait et leur tranchait le cou avant de les dĂ©couper en morceaux, comme de la viande de boucherie. Lors de son exĂ©cution, il ne manifesta aucun remord. Le compte rendu de son procĂšs Ă©tait si horrible que la cour dĂ©cida de ne pas le conserver et ordonna de le dĂ©truire. En 1603, Jean Grenier dâAquitaine, un jeune garçon de treize ou quatorze ans, fut accusĂ© de lycanthropie. Il Ă©tait physiquement retardĂ© et mentalement dĂ©ficient, mais il Ă©tait nĂ©anmoins considĂ©rĂ© comme responsable de disparitions dâenfants, dont celle dâun nourrisson dans son berceau. AprĂšs son arrestation, il affirma quâil Ă©tait le fils dâun prĂȘtre et il admit avoir dĂ©vorĂ© une quinzaine dâenfants. En rĂ©alitĂ©, son pĂšre Ă©tait un valet de ferme qui se montrait si violent envers lui que le jeune garçon sâĂ©tait enfui pour lui Ă©chapper. LivrĂ© Ă lui-mĂȘme, il vivait dâune maniĂšre sauvage, subsistait grĂące Ă la mendicitĂ© et travaillait occasionnellement. Lors de son procĂšs, le juge prit en compte son Ăąge et ses dĂ©ficiences et il ordonna que le jeune garçon soit internĂ© Ă vie dans un cloitre. Sept ans plus tard, lorsque Pierre de Lancre lui rendit visite, on lui expliqua que depuis son arrivĂ©e, Jean Grenier refusait de se nourrir normalement. Il prĂ©fĂ©rait apparemment dĂ©vorer des immondices. Il Ă©tait dâune maigreur maladive, ses yeux Ă©taient enfoncĂ©s et ils brulaient dâune lueur inquiĂ©tante. Ses mains, aux ongles recourbĂ©s, ressemblaient Ă des serres, et ses dents Ă©taient longues et pointues. Il imitait les loups et il se dĂ©plaçait Ă quatre patte avec agilitĂ©. Un an plus tard, Jean Grenier mourait. Lâhistoire de Jean Grenier dâAquitaine influença lâattitude des juges sur les affaires de lycanthropie. Mais les procĂšs, les tortures, et les exĂ©cutions qui en dĂ©coulaient continuĂšrent tout de mĂȘme. En 1605 Henry Gandinn, originaire de Limbourg, fut accusĂ© de se changer en loup-garou en se servant de sorcellerie. Il se transformait en loup en compagnie de deux autres hommes, dont lâun portait le nom de Jan le loup. Henry Gardinn dĂ©clara lors de sa confession que les trois hommes avaient attaquĂ©, tuĂ© et mangĂ© un enfant alors quâils se trouvaient sous la forme dâun loup. Henry Gardinn avait Ă©tĂ© jugĂ© coupable de sorcellerie dans le but de se changer en loup-garou, et condamnĂ© Ă ĂȘtre brĂ»lĂ© vif. Lors de son interpellation, son complice prĂ©sumĂ©, Jan le loup, avait quittĂ© la paroisse, mais il fut arrĂȘtĂ© deux ans plus tard et exĂ©cutĂ© Ă son tour. En 1651, Hans comparut devant le tribunal dâIdavare. On lâaccusait dâĂȘtre un loup-garou depuis ses dix-huit ans. Hans avoua avoir Ă©tĂ© un loup-garou durant deux ans. Il affirma quâil avait obtenu le corps dâun loup par un homme en noir. Lorsque les juges lui demandĂšrent si son corps avait vraiment pris part Ă la chasse, ou si câĂ©tait son Ăąme qui avait Ă©tĂ© transmutĂ©e, Hans rĂ©pondit quâil avait retrouvĂ© sur sa jambe les traces de morsures quâun chien lui avait fait lorsquâil Ă©tait un loup-garou. En 1692, Ă Jurgenburg, en Livonie, Thiess tĂ©moigna sous serment que lui et les autres loups-garous Ă©taient les chiens de Dieu. Il affirmait quâils Ă©taient des guerriers qui Ă©taient allĂ©s en enfer en dĂ©coudre avec les sorciĂšres et les dĂ©mons. Leurs efforts avaient assurĂ© que le Diable et ses sbires ne transportent pas le grain des derniĂšres rĂ©coltes en enfer. Thiess Ă©tait ferme dans ses affirmations, il disait que les loups-garous en Allemagne et en Russie avaient Ă©galement combattu les sbires du Diable dans leurs propres versions de lâenfer. Il soutenait que lorsque les loups-garous mouraient, leurs Ăąmes Ă©taient accueillies au ciel en remerciement pour leur service. Thiess avait Ă©tĂ© finalement condamnĂ© Ă dix coups de fouet pour idolĂątrie et croyance superstitieuse. Entre 1500 et 1700, environ 100 000 personnes furent condamnĂ©es pour lycanthropie et brĂ»lĂ©es vives. Au cours du XVIIe siĂšcle, les explications des mĂ©decins sur la lycanthropie mirent un terme Ă la plupart des tortures et des mises Ă mort. Toutefois, la population demeurait craintive et prĂ©fĂ©rait les explications surnaturelles. De nombreux cas dâattaques dâanimaux sur des troupeaux ou des hommes faisaient inĂ©vitablement ressurgir la lĂ©gende du loup-garou. De nos jours, il existe toujours des personnes qui croient sincĂšrement ĂȘtre des loups-garous et dâautres qui pensent que les lycanthropes existent et que certains ĂȘtres humains se transforment rĂ©ellement en loup. La BĂȘte du GĂ©vaudan En 1764, plus de 300 personnes furent victimes de la BĂȘte du GĂ©vaudan, qui sĂ©vissait en LozĂšre et aux alentours. Elle Ă©tait dĂ©crite comme un loup gĂ©ant ou un loup-garou. Son histoire inspira de nombreuses thĂ©ories. En juillet 1766, la gazette du QuĂ©bec annonçait quâun loup garou courait dans le comtĂ© de Kamouraska. En 1766, la bĂȘte de Sarlat, en Dordogne, massacra une quinzaine de personnes. Vers le milieu du XIXe siĂšcle, dans un petit village de Pologne, un loup-garou enleva la plus jolie fille du village. En 1804, un nommĂ© MarĂ©chal, accusĂ© de lycanthropie, fut condamnĂ© aux galĂšres. En 1853, en Espagne, Manuel Blanco Romasanta admit avoir tuĂ© treize personnes car il souffrait dâune malĂ©diction qui le transformait en loup. En 1887, un coyote sauvage terrorisait les mineurs de Saskatchewan, au Canada. Il fut abattu dâune balle en or, et lâobjet fut extrait de son corps. Lâhistoire fut rapportĂ©e par des mineurs Ă lâĂ©crivain Ed Bodin en 1940. En 1899, en Pennsylvanie, un vieil homme paisible avait la rĂ©putation dâĂȘtre un loup-garou. Peu de temps avant la premiĂšre Guerre Mondiale, trois loups-garous erraient dans les Ardennes belges. A la mĂȘme Ă©poque, en Ăcosse, un berger des environs dâInverness Ă©tait soupçonnĂ© de lycanthropie. En 1925, un jeune garçon dâun village alsacien fut accusĂ© dâĂȘtre un loup-garou. En 1930, un loup-garou sĂ©vissait dans la rĂ©gion de Bourg-la-Reine. En 1946, une crĂ©ature mystĂ©rieuse prĂ©sentant toutes les caractĂ©ristiques du loup-garou sema la terreur dans une rĂ©serve Navajo dâAmĂ©rique du Nord. En 1946-1947 un animal mystĂ©rieux attaqua de nombreux troupeaux dans le canton du Valais, en Suisse. Lâaffaire ne fut jamais Ă©lucidĂ©e. En 1949, Ă Rome, la police dut enquĂȘter sur une Ă©trange affaire tous les mois, Ă la pleine lune, un homme de la ville Ă©tait en proie Ă dâĂ©tranges hallucinations et il poussait des hurlements sinistres. En 1957, les journaux anglais rapportĂšrent la triste histoire dâun jeune homme de dix-sept ans, originaire du village dâEccles hall, qui pensait quâil allait se transformer en loup-garou. Pour mettre fin aux souffrances morales quâil endurait, il sâĂ©tait plongĂ© un couteau dans le cĆur. LâenquĂȘte ouverte aprĂ©s sa mort rĂ©vĂ©la que le malheureux avait tĂ©lĂ©phonĂ© Ă lâun de ses amis avant dâaccomplir son geste » Il mâa dit que son visage et ses mains changeaient de couleurs et quâil Ă©tait en train de devenir un loup-garou . Puis il sâest tu, et jâai alors entendu des grognements. » A Singapour, toujours en 1957, des agressions mystĂ©rieuses dĂ©jouĂšrent les forces de police. La rumeur prĂ©tendait que les agresseurs Ă©taient des loups-garous qui sâattaquaient aux pensionnaires dâun foyer dâinfirmiĂšre. Une nuit, lâune des infirmiĂšres sâĂ©tait rĂ©veillĂ©e en sursaut pour apercevoir » une horrible face bestiale, aux cheveux plantĂ©s si bas sur le front quâils atteignaient la racine du nez et dont la bouche laissait dĂ©passĂ© des crocs acĂ©rĂ©s . Le mystĂšre ne fut jamais Ă©lucidĂ©. En 1975-1976, la BĂȘte des Vosges qui Ă©gorgea de nombreux animaux domestiques ne fut jamais identifiĂ©e. Elle rĂ©apparut en 1994 et elle Ă©gorgea quatre-vingt animaux. En 1978, au sud du BrĂ©sil, Rosario do Sul, une jeune collĂ©gienne de seize ans, Ă©tait en proie Ă des visions dĂ©moniaques. Elle affirmait que lâesprit dâun loup fĂ©roce sâĂ©tait emparĂ© dâelle. En 1982, dans la Creuse, une crĂ©ature carnivore fut Ă lâorigine dâune sĂ©rie dâattaques sur des troupeaux. Les cadavres des animaux, dont un taureau et une gĂ©nisse de 400 kg, Ă©taient horriblement dĂ©chiquetĂ©s. Lors dâune battue organisĂ©e dans la forĂȘt de Noth en novembre 1982, un chasseur prĂ©tendit avoir Ă©tĂ© confrontĂ© Ă lâanimal sans rĂ©ussir Ă lâidentifier. Lâaffaire nâa jamais Ă©tĂ© Ă©lucidĂ©e. En 1988, en Allemagne, prĂšs de Wittlich, une crĂ©ature proche du chien, passa les alarmes dâune base militaire et franchit le mur dâenceinte aprĂšs sâĂȘtre dressĂ© sur ses pattes. Les chiens de la base refusĂšrent de la prendre en chasse. En 2003, en Suisse, un homme fut poursuivi pour avoir massacrĂ© son Ă©pouse Ă coups de couteau. Il affirma, devant le tribunal criminel de Lausanne » Jâai vu ses canines pousser. Elles dĂ©gageaient une odeur Ă©trange. Comme celle dâun loup-garou . Selon lâexpertise psychiatrique, il conservait un contact avec la rĂ©alitĂ©. En 2013, selon certains habitants de VallĂ©e-Pitot, un loup-garou se manifesterait dans des endroits oĂč rĂšgnerait le silence afin dâĂ©pier des femmes lorsquâelles sont sous la douche, ou encore les jeunes filles endormies. Des tĂ©moins affirmaient que la crĂ©ature, prĂ©sentĂ©e comme agile et particuliĂšrement rapide, ferait parfois rĂ©sonner ses pas pesants sur le toit des maisons.
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Cet article concerne la forme animale des humains atteints de la maladie, voir Lycanthropie. Cet article concerne une crĂ©ature d'inspiration rĂ©elle ou mythique. Un loup-garou Angl. werewolf fĂ©minin louve-garou[2] est une crĂ©ature en laquelle se transforme chaque mois un humain atteint de lycanthropie. GĂ©nĂ©ralitĂ©s Apparence Un loup-garou a une apparence trĂšs fortement similaire Ă celle d'un loup normal. Les diffĂ©rences entre eux sont subtiles et rendent difficile le fait de les distinguer physiquement l'un de l'autre. Les seuls signes qui permettent de remarquer l'humanitĂ© d'un loup-garou sont la petitesse de son museau et de ses pupilles ainsi que sa queue moins fournie.[3] Comportement Bien qu'un loup-garou soit physiquement trĂšs semblable Ă un loup commun, son comportement est en revanche trĂšs diffĂ©rent. Un loup n'est pas naturellement agressif et ne s'attaque Ă un humain que lors de circonstances exceptionnelles, tandis qu'un loup-garou se montrera extrĂȘmement agressif et sanguinaire envers les ĂȘtres humains, mais ne s'intĂ©ressera pratiquement jamais aux autres crĂ©atures.[3] Reproduction Il est extrĂȘmement rare qu'un loup-garou mĂąle et un loup-garou femelle se croise au cours d'une nuit de pleine lune et dĂ©cident de se reproduire. Dans ce cas, ils donnent naissance Ă des louveteaux parfaitement semblables Ă de vĂ©ritables bĂ©bĂ©s loups autant dans leur physique que dans leur comportement, mais dotĂ©s d'une intelligence exceptionnelle. Ce fait exceptionnel ne se serait produit que deux fois jusqu'Ă prĂ©sent et l'une de ces portĂ©es a un jour Ă©tĂ© relĂąchĂ©e dans la forĂȘt de Poudlard.[3] Histoire Origine On suppose que les premiers loups-garous sont originaires d'Europe du Nord.[4] 1637 En 1637, le Code de conduite des loups-garous est créé afin de recenser les loups-garous et de les obliger Ă s'engager solennellement Ă ne pas attaquer autrui et Ă s'enfermer une fois par mois, lors de la pleine lune, pour protĂ©ger leur entourage. Cependant, personne n'accepta de signer ce code du fait qu'aucun loup-garou n'Ă©tait disposĂ© Ă rĂ©vĂ©ler sa condition au grand jour. 1947 Quelques siĂšcles plus tard, le Registre des loups-garous Ă©tabli par Newt Scamander en 1947 est confrontĂ© au mĂȘme problĂšme les loups-garous, trop honteux et effrayĂ©s Ă l'idĂ©e d'ĂȘtre rejetĂ©s de la sociĂ©tĂ©, gardent le silence. Quelques-uns acceptent tout de mĂȘme de s'ajouter Ă la liste, mais celle-ci reste tout de mĂȘme incomplĂšte pendant de nombreuses annĂ©es. Au fil des annĂ©es, le DĂ©partement de contrĂŽle et de rĂ©gulation des crĂ©atures magiques transfĂšre Ă plusieurs reprises le cas des loups-garous Ă la Section des animaux puis Ă celle des ĂȘtre et vice-versa, personne ne pouvant s'accorder Ă dire si un loup-garou est un ĂȘtre ou un animal. On prit finalement la dĂ©cision de placer le Registre des loups-garous et l'UnitĂ© de capture des loups-garous dans la Section des animaux et le Bureau d'assistance sociale aux loups-garous dans la Section des ĂȘtres. Mais lĂ encore, aucun loup-garou n'ose faire appel Ă ces services par peur de la rĂ©action de son entourage. InutilisĂ©e, cette structure est finalement abandonnĂ©e.[3] 1993 En 1993, Dolores Ombrage rĂ©dige quelques textes de loi antiloups-garous, leur interdisant presque de trouver du travail.[5] Loups-garous connus Auteur de Gueule de loup, cĆur d'homme Silas Crump Fenrir Greyback Chiara Lobosca Loups-garous interrogĂ©s par Marlowe Loncrocs Loups-garous de Poudlard Loup-garou de Ste Mangouste Loup-garou de Wagga Wagga Remus Lupin Warf Ătymologie Loup-garou » est issu du vieux français leu warou », leu » signifiant loup »[6] et warou » Ă©tant lui-mĂȘme issu de l'ancien bas francique werwolf » signifiant homme loup ».[7] Anecdotes Selon certains loups-garous, la chair des Moldus a un goĂ»t diffĂ©rent de celle des sorciers.[3] Tom Jedusor raconte que Rubeus Hagrid se serait attirĂ© des ennuis lors de sa scolaritĂ© Ă Poudlard en Ă©levant des bĂ©bĂ©s loups-garous sous son lit,[8] ce qui est en fait en mensonge ayant pour but de calomnier Hagrid.[9] Remus Lupin sous la forme d'un loup-garou dans le troisiĂšme film. Dans le film Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, le loup-garou en lequel se transforme le professeur Lupin ne correspond pas Ă la description qui en est fait dans le livre. Alors que les diffĂ©rences entre un loup et un loup-garou sont normalement subtiles, le film prĂ©sente un hybride mi-homme mi-loup qui est trĂšs facile Ă diffĂ©rencier d'un vĂ©ritable loup. La question "Donnez cinq signes permettant d'identifier un loup-garou" a Ă©tĂ© posĂ©e lors des BUSE de 1975.[10] Lorsque Severus Rogue remplace Remus Lupin Ă son poste de professeur de dĂ©fense contre les forces du Mal, il demande deux rouleaux de parchemin sur la façon de reconnaĂźtre et de tuer les loups-garous.[11] Le loup-garou est l'Ă©pouvantard de Penny Haywood.[2] Promenades avec les loups-garous est un livre Ă©crit par Gilderoy Lockhart oĂč il raconte ses soi-disant exploits. Apparitions Liens externes Loup-garou sur WikipĂ©dia version française RĂ©fĂ©rences â Un loup Ă©tant un animal omnivore et l'ĂȘtre humain qui se transforme Ă©tant un omnivore Ă©galement, on peut supposer que le loup-garou dispose Ă©galement de ce rĂ©gime alimentaire. â 2,0 et 2,1 RĂ©f. Harry Potter Secret Ă Poudlard â 3,0 3,1 3,2 3,3 et 3,4 Pottermore Werewolves â RĂ©f. Les Animaux fantastiques â RĂ©f. Percy et Patmol â CNRTL, TLFi - Etymologie de LOUP-GAROU â CNRTL, TLFi - Etymologie de GAROU â RĂ©f. L'hĂ©ritier de Serpentard â RĂ©f. Information donnĂ©e par Rowling "Question In Chamber of Secrets, Hagrid is supposed to have raised werewolf cubs under his bed. Are these the same kind of werewolves as Professor Lupin? RĂ©ponse de Rowling jkrowling_bn no... Riddle was telling lies about Hagrid, just slandering him." Accio Quote - Barnes and Noble & Yahoo! chat with Rowling, 20 October, 2000 â RĂ©f. Le pire souvenir de Rogue â RĂ©f. Sinistre dĂ©faite CrĂ©atures CrĂ©atures magiques Ătres Elfe de maison âą GĂ©ant âą Gobelin âą Harpie âą Nain âą Ogre âą Sorcier âą Vampire âą VĂ©laneAnimaux Abraxan âą Acromentule âą Augurey âą Bandimon âą Basilic âą Bicorne âą Billywig âą Botruc âą Boullu âą Bourdon âą Boursouf âą Boursouflet âą Bousier âą Boutefeu catalan âą Boutefeu chinois âą Centaure âą Chaporouge âą Chartier âą Chauve-souris Poisson âą Cheval ailĂ© âą Chien Ă trois tĂȘtes âą ChimĂšre âą Ciseburine âą Clabbert âą Cocatris âą Cornelongue roumain âą Crabe de Feu âą Crapaud arboricole Ă trois doigts âą Crapaud dragon âą Crapaud violet gĂ©ant âą CrĂ©ature Crevette âą Croup âą Curupira âą Demiguise âą DĂ©monzĂ©merveille âą Dent-de-vipĂšre du PĂ©rou âą Diablotin âą Dirico âą Dissimuleur âą Doxy âą Dragon âą Dukuwaqa âą Erkling âą Ăruptif âą Ethonan âą Ătres de l'eau âą Fangieux âą Farfadet âą FĂ©e âą FlĂ©reur âą FocifĂšre âą Rougarou âą GĂ©nie âą Gnome âą Gobelin buveur de sang âą Goule âą Goule camĂ©lĂ©on âą Gorgone âą Grapcorne âą Griffon âą Grinchebourdon âą Gronian âą Hippocampe âą Hippocampe volant âą Hippogriffe âą Hodag âą Hoo-hoo âą Horglup âą Hydre âą Jackalope âą Jobarbille âą Kappa âą Kelpy âą Licheur âą Licorne âą Limace de feu âą Lutin âą Magyar Ă pointes âą Malagrif tachetĂ© âą Manticore âą Merrow âą Moke âą Monstre du Fleuve Blanc âą Moremplis âą Murlap âą Musard âą Niffleur âą Noir des HĂ©brides âą NorvĂ©gien Ă crĂȘte âą Noueux âą Nundu âą Occamy âą Oiseau-Tonnerre âą Oni âą OpalĆil des antipodes âą Pansedefer ukrainien âą Perruque-de-Troll âą PhĂ©nix âą Pipaillon de nuit âą Porlock âą Portugais Ă museau long âą PoulaintĂȘtard âą Poulet cracheur de feu âą Povrebine âą Puckwoodgenie âą Quintaped âą Re'em âą RĂ©mora âą Runespoor âą Salamandre âą Salamandre d'Amazonie âą Salamandre de glace âą Salamandre du PĂ©rou âą Sasabonsam âą Scroutt Ă pĂ©tard âą Selkie âą Selma âą Serpencendre âą Serpent cornu âą Serpent de mer âą Sharak âą SirĂšne âą Snallygaster âą Sombral âą Sphinx âą Strangulot âą SuĂ©dois Ă museau court âą TĂ©bo âą Triton âą Triton Ă double queue âą Troll âą Troll des montagnes âą Troll de riviĂšre âą Troll des forĂȘts âą Vampirmite âą Veaudelune âą Veracrasse âą Verlieu âą Ver Luisant âą Vert gallois âą Vivet dorĂ© âą Womatou âą YĂ©ti âą YumboeEsprits Caipora âą Chauve-souris spectre âą Cheval fantĂŽme âą Cynospectre âą Esprit animal âą FantĂŽme âą Rat-fantĂŽme âą Rat-fantĂŽme gĂ©ant âą Spectre âą Spectre de la mortNon-ĂȘtres DĂ©traqueur âą Ăpouvantard âą Esprit frappeurStatut inconnu Alizor de Westacottus âą Coco Rumsey Catcher âą Daraliznof Freaazer âą Gringwart Goff âą Limax âą Loup-garou âą Miraf Leldendi âą Nuzzle Mumdhs âą Nymphe âą Petite personne âą Pitiponk âą Sasquatch âą Shelliferous Drogodflikerous âą Troll de Nadroj âą Valcore CrĂ©atures non magiques Abeille âą Aigle âą Aiglefin âą Ăne âą AnĂ©mone de mer âą Antilope âą Ara âą AraignĂ©e âą AraignĂ©e Ă cocons âą AraignĂ©e blanche âą AraignĂ©e gĂ©ante âą AraignĂ©e-naine âą AraignĂ©e piĂ©geuse âą AraignĂ©e rouge âą AraignĂ©e sauteuse âą Asticot âą Asticot gĂ©ant âą Autruche âą Babouin âą Bandicoot âą Belette âą Bernard-l'ermite âą Biche âą Bigorneau âą Bison âą Blaireau âą Boa constrictor âą Buffle âą Bulot âą Busard âą Buse âą Cabai âą Cachalot âą Cafard âą Calmar âą Calmar gĂ©ant âą CamĂ©lĂ©on âą Campagnol âą Canard âą Canari âą Cerf âą Cochon d'Inde âą Chameau âą Chardonneret âą Chauve-souris âą Chauve-souris mortis âą Chauve-souris vampire âą Chat âą Chat blanc âą Chat noir âą Chat roux âą Chat siamois âą Chat tigrĂ© âą Chenille âą Cheval âą Chien âą Chouette âą Chrysope âą Cobra âą Coccinelle âą Cochon âą Colibri âą Corail âą Corbeau âą Couleuvre âą Cloporte âą Crabe âą Crapaud âą Crapaud Ă crĂȘte âą Crapaud Ă grande bouche âą Crapaud arlequin âą Crapaud-buffle âą Crapaud calamite âą Crapaud commun âą Crapaud cornu âą Crapaud de bruyĂšre âą Crapaud vert âą CrĂ©cerelle âą Crevette âą Crocodile âą Cygne âą Dauphin âą Dinde âą Ăcureuil âą ĂlĂ©phant âą Escargot âą Escargot 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Pieuvre âą Pigeon âą Pingouin âą Pintade âą Pivert âą Poisson âą Poisson-diable âą Poisson-hĂ©risson âą Poisson-lanterne âą Poisson rouge âą Poisson-scie âą Porc-Ă©pic âą Poulet âą Puce âą Punaise âą Putois âą Python âą Rat âą Rat albinos âą Rat albinos gĂ©ant âą Rat gĂ©ant âą Raton laveur âą Rat pestifĂ©rĂ© âą Rat pestifĂ©rĂ© gĂ©ant âą Renard âą Requin âą Rouge-gorge âą Roussette âą Sanglier âą Sangsue âą Sardine âą Saumon âą ScarabĂ©e âą ScarabĂ©e bousier âą Seiche âą Serpent âą Serpent Ă sonnette âą Serpent cracheur âą Serpent d'arbre âą Serpent d'eau âą Serpent de marais âą Sphinx tĂȘte-de-mort âą Singe âą Souris âą Taon-du-Troll âą Tatou âą Taupe âą Thon âą Tigre âą Tigre Ă dents de sabre âą Triton âą Truite âą Vache âą Vautour âą Ver âą Ver de terre âą Ver marin âą Veuve noire âą VipĂšre âą Vison CrĂ©atures imaginaires Aquavirius âą Ănormus Ă Babille âą Exploding snabberwitch âą Dabberblimp âą Grenouille lunaire âą HĂ©liopathe âą Joncheruine âą Nargole âą Nessiopalus âą Ronflak 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Une histoire de loup-garou Une histoire de Loup-garou Louvigny de Montigny 1876-1955 â Jâsus pas histoireux, non, vous savez que jâsus pas histoireux, rĂ©pĂ©tait le chasseur Jos. NoĂ«l, chaque fois quâil Ă©tait sollicitĂ© de raconter quelques-unes de ses aventures quâil rapportait volontiers aprĂšs sâĂȘtre fait prier un brin, et quâil exagĂ©rait invariablement Ă chaque rĂ©pĂ©tition. De sorte que ses histoires Ă©taient devenues fameuses et que les Ă©trangers se faisaient un rĂ©gal de les entendre de sa bouche. Et le remarquable, câest que gascon comme Ă peu prĂšs tous les voyageurs canadiens, il finissait par se convaincre de la vraisemblance de ces souvenirs dont lâĂ©vocation lui mettait dans la voix un frisson qui ne manquait pas dâĂ©mouvoir aussi ses auditeurs. Jos. NoĂ«l, câest le braconnier terrible, chassant Ă©galement au poil, Ă la plume, et aussi adroit Ă dĂ©pister le gibier que les garde-chasses. Les paysans, plus attachĂ©s Ă la terre, lâappellent avec mĂ©pris et tout bas un mĂ©tis, comme qui dirait un commencement de sauvage. » Ce qualificatif lâhumilie cependant, car Jos. NoĂ«l sâestime pire quâun sauvage. » Aussi est-il ravissant de le voir rentrer dâune expĂ©dition oĂč il a pu faire cheniquer » les Algonquins qui braconnent comme lui dans la rĂ©gion du lac ThĂ©rien. Notre homme vit en effet pauvrement, si lâon veut, mais librement, Ă la façon des oiseaux. Il a son nid â sa masure â sur le rivage du lac qui Ă©tend soyeusement sa nappe sur les cantons de Preston et de Gagnon, cet immense Ă©largissement de la riviĂšre Petite-Nation que les colons continuent de nommer Lac-Long, bien quâil ait reçu, il y a quelques annĂ©es, le nom du premier pionnier de ce territoire, le vĂ©nĂ©rable abbĂ© AmĂ©dĂ©e ThĂ©rien. Puisque nous y sommes, notons donc en passant lâidĂ©e quâont eue des gens de raison dâĂ©mailler le martyrologue gĂ©ographique quâest notre province de QuĂ©bec, par des dĂ©nominations signifiant enfin quelque chose. Et souhaitons voir bientĂŽt les noms de nos lĂ©gislateurs, de nos poĂštes et de nos philanthropes sâappliquer Ă ces nappes dâeau majestueuses, Ă ces caps altiers, Ă ces monuments impĂ©rissables qui sâaffichent aujourdâhui lacs Tortu, Rond, Long, Bossu, et montagnes Plate, en Ăquerre ou CarrĂ©e. Encore que ces appellations baroques nâont pas toujours la justesse de celles que Jos. NoĂ«l donne aux diffĂ©rents points de sa rĂ©serve. Quand il appelle une montagne Chevreuil, câest qui sây trouve quelques familles ruminant, paisibles, dans la chĂȘnaie ou dans lâĂ©rabliĂšre, mais condamnĂ©es par lui Ă mort, sans espoir de commutation. Quand il nomme un lac Castor, câest quâil sây multiplie quelques castes de ces rongeurs dont la peau est vendue dâavance. Mais lĂ oĂč Jos. NoĂ«l est superbe, câest Ă lâarrivĂ©e en son domaine de sportsmen qui se confient Ă lui pour faire un bon coup de feu. Il se plaĂźt alors Ă dĂ©voiler ses cachettes, Ă indiquer ses ravages » de chevreuils, ses dĂ©barcadĂšres » de loutres et ses battues» de visons, soucieux seulement de faire porter son nom de grand chasseur Ă MontrĂ©al ou Ă Ottawa qui lui semblent la mĂ©tropole et la capitale de lâunivers. Au demeurant, Jos. NoĂ«l est suffisamment assurĂ© quâavec toutes leurs armes Ă rĂ©pĂ©tition les citadins ne feront pas beaucoup de mal Ă ses bĂȘtes. Chaque Ă©tĂ©, avec quelques camarades, jâallais rater quelques belles piĂšces de gibier dans le domaine de Jos. NoĂ«l. Nous le louions pour nous guider, pendant les vacances du temps passĂ© et dĂ©jĂ loin ces annĂ©es que je regrette assurĂ©ment pour leurs soixante jours de libertĂ© franche, mais pas du tout Ă cause de lâinternement de dix mois quâil nous fallait subir sous prĂ©texte de nous instruire et qui nous faisait soupirer comme Ă lâattente dâun hĂ©ritage aprĂšs la sortie du collĂšge. Par un de ces divins crĂ©puscules de juillet, nous revenions dâun campement Ă lâembouchure du lac Poisson-Blanc oĂč nous Ă©tions allĂ©s forcer une pauvre biche que nous ramenions victorieusement dans le canot, avec certaines autres dĂ©pouilles opimes et nos chiens haletants aprĂšs une journĂ©e de course folle. FatiguĂ©s nous aussi de deux heures dâaviron, nous mĂźmes une sourdine Ă notre gaietĂ© lorsquâil sâagit de faire le portage de cinq milles qui nous sĂ©parait du lac ThĂ©rien, et que nous devions cependant accomplir pour atteindre nos quartiers, Ă la station Duhamel. Aussi, proposa-t-on, ayant enfin pris terre, de dresser la tente sur la berge et dâattendre le lendemain pour faire le portage. Au reste, la marche devait ĂȘtre dĂ©licieuse Ă entreprendre par une belle aurore dâĂ©tĂ©. â Iâmouillerait Ă boire deboute, prononça vivement Jos. NoĂ«l, iâ ventrait Ă mâdĂ©visser la tĂȘte de dâsus les Ă©paules, iâ ferait un temps Ă mâvendre au iable que jamais jâpasserai la nuit suâ câchemin-cite. â Et pourquoi ça ? â Pourquoi ?⊠Pourquoi ?⊠Tenez, jâsus pas histoireux, jâpas dâaffaire Ă vous dire pourquoi ; mais croyez-mouĂ© quâon a autant dâacquĂȘt Ă continuer notâ bauche jusquâau boute. Et ayant en un clin dâoeil fait tourner le canot sur ses Ă©paules, le guide cria Ever up ! â celui, dans sa langue hĂ©tĂ©roclite, invitait Ă se mettre en route. Il allait mĂȘme partir lorsque nous lui demandĂąmes de donner au moins des explications ayant la vertu de nous faire oublier la fatigue de nos jambes et de nos bras. â Eh ben, vâlĂ ! Lâloup-garou ravaude toutes les nuits par icite et jâai pas envie de lârencontrer encore une fois. â Tiens, tiens, lâami Jos. NoĂ«l qui a vu le loup-garou. Elle est inattendue, celle-lĂ , et faut nous dire comment cela sâest fait. â Jâsus pas histoireux, mais puisque vous voulez pas vous dĂ©cider Ă partir, Ă©coutez ben et escusez-lĂ . Remettant alors son canot sur la touffe dâaulnettes verdissant le rivage, Jos. NoĂ«l alluma sa pipe et commença dâune voix tremblotante qui enleva tout doute sur sa sincĂ©ritĂ© â Vous allez voir, Ă un mille et quĂšques parches dâicite, le creek DorĂ© qui servait Ă la drave des Edwards, yâ a sept ou huit ans. Câest suâ câcreek que jâai blanchi plus que jâblanchirai pas dans toute ma vie. CâĂ©tait suâ la fin dâfĂ©vrier. Jâvenais dâdĂ©ouacher un ours tout justement au lac Vaseux, Ă la dĂ©charge du Poisson-Blanc, dâous quâon dâsort. CâĂ©tait une fantaisie qui avait pris Ă un big bug dâBytown dâavoir une peau dâours, et jâĂ©tais allĂ© li quâri, Ă la raquette, pendant qui sâsoĂ»lait au village. Jâtrouve mon dormeux dans sa ouache, jâlâassomme et lâemmĂȘne dans ma traĂźne. Le long du châmin, mon chien BoulĂ© fait lever un buck qui passe dret devant mon fusil. Jâle caboche, au vol, et pis lâentraĂźne avec lâautre. Mais on a beau avoir la patte alarte, on traverse point lâPoisson-Blanc et pis on le nâtraverse pas en criant ciseau. Câqui fait quâon arrivait su la breunante quand jâlĂąchai lâlac pour prendre le portage, en plein ous quâon est dans lâmoment dâĂ câte heure. La noirceur timbe tout dâun coup ; lâtemps sâbrumasse, sâpesantise et iâ commence Ă neiger, Ă mouiller, pis au bout dâune minute iâ timbait pus inque dâla pluie, Ă siaux. Comme jâvoulais pas rester suâ la route, Ă pas plus dâhuit milles de chez nous, jâpoigne mes jambes et jâme mets Ă marcher, mais au bout dâun mille, ça marchait pus, pantoute. Ăa calait comme une swamp, la traĂźne collait Ă terre, jâĂ©tais trempe comme anâ lavette et au bout dâmon respire. Statue noire dâun loup Black Statue of a Wolf. Image © Megan Jorgensen Allons, Seigneur ! quoi faire ! Ăa a lâair pas mal chânu dârester en chemin⊠Dâun autre cĂŽtĂ©, jâvoulais pas mâen aller allĂšge Ă la maison et laisser mes deux animaux dans lâbois ousque les loups ou les renards les auraient Ă©tripĂ©s. Jâavais peur itou de câsauvage de Tanascon, de câtrigaudeux qui passe son temps Ă ravauder pour faire des canailleries. Pis jâpense aussi tout dâun coup quâon sâtrouvait faire suâ lâMardi Gras et quâil allait y avoir du fun avec queque chose Ă boire au village⊠Jâme rattelle, mais ça pouvait plus avancer. Toujours quâpour lorse jâgagne lâvieux chanquier, qui avait Ă©tĂ© abandonnĂ© lâprintemps dâavant, pour passer la nuit Ă lâabri, ou tant seulement me râniper un pâtit brin et attendre quâla pluie soit passĂ©e. Mais vous savez si câest dâmeure, ces pluies dâhiver quand ça commence, ça finit pus. Jâfume trois, quatre pipes en faisant sĂ©cher mes hardes contre la cambuse ousque jâavais allumĂ© une bonne attisĂ©e aprĂšs avoir eu une misĂšre de cheval maigre pour trouver des Ă©copeaux sĂšches. Et comme jâĂ©tais Ă moquiĂ© mort dâĂ©reintement et que jâcognais des clous dâsix pouces et demi, jâme rĂ©sine donc, en sacraillant ben un peu, Ă passer la nuit dans un chanquier. Jâaccote la porte avec une bonne bĂ»che, jâĂ©tends quĂ©ques branches de cĂšdre su lâbed quâles hommes du chanquier avaient laissĂ© correct, jâplie mon capot dâsus, jâsnob mon fusil Ă la tĂȘte, et dors garçon !⊠Ben sĂ»r plusieurs heures plus tard, â parce que lâfeu Ă©tait Ă©teindu, â mon chien BoulĂ©, qui sâĂ©tait couchĂ© avec mouĂ©, mârĂ©veille en grognant⊠JâĂ©coute et ça rĂŽdait autour du chanquier. Jâentendais rouler les quarts vides qui avaient Ă©tĂ© laissĂ©s lĂ par les raftmen, comme si quĂ©que finfin avait essayĂ© dâfaire des belles gestes avec⊠Et pis les archements sâapprochent, et tout au ras dâla porte, jâentends un tas de râniflages avec des grognements dâours. Jâcompte ben quâcâest pas la peine dâvous dire si iâ faisait noir, en grand, dans notâ sacrĂ©e cabane pas dâfeu, par câte nuit mouillĂ©e. Jâme dis Câest drĂŽle quâun ours ait sorti de sa ouache de câtemps-cite ; mais lâcrapet a pâtâĂȘtre ben cru que câĂ©tait lâprintemps, rapport Ă la pluie, et fatiguĂ© de se licher la patte, iâaurait aussi ben voulu recommencer Ă manger pour tout de bon. Toujours que jâmâassis su lâbed, jâdĂ©croche mon tisonnier, jây rentre deux balles par-dessus la charge de posses quâi avait dĂ©jĂ et jâme dis quâsi lâvingueux venait roffer trop proche, jây vrillerais un pruneau qui y ferait changer les idĂ©es. Jâme disais JâvouĂ© rien, câest ben clair, mais si lâours rentre dans lâchanquier ousquâiâ sent son pareil et pis lâchevreux mort, iâ pourra pas faire autrement que dâfaire canter la porte et jâwatcherai lâmoment dâle garrocher. Ben, jâavais pas aussitĂŽt dit ça quâlâanimal Ă©tait entrĂ© dans la cabane sans quâla porte eusse cantĂ© dâune ligne. Ăa bite le iable ! que jâdis. Et jâĂ©tais ben sĂ»r quâiâĂ©tais rentrĂ©, par câquâi marchait en faisant craquer lâplancher comme si un animal de deux cents se sârait promenĂ© suâ lâside walk⊠La peur, ça mâconnaĂźt pas, mais jâvous persuade quâjâaurais une tapĂ©e mieux aimĂ© mâvoir Ă danser quelque rigodon dâMardi Gras et Ă passer la diche avec mes voisins du lac Long. Pis, câĂ©tait dâvoir mon BoulĂ© ; lui quâiâ aurait pas kickĂ© dâsâengueuler avec un cocodrile enragĂ©, le vâlĂ qui sâracotille, qui sâcolle su mouĂ©, la queue entour les jambes, et si Ă©biscaillĂ© quâiâ devait pus avoir formance de chien en toute. Jâle poigne pour tĂącher dâle sacrer en bas, dâle soukser, pas dâaffaire. Iâsâgrippe aprĂšs mouĂ©, et sâmet Ă siller comme un chien quâiâ aurait attrapĂ© lâaspe et quâil aurait senti sa mort. Tandis câtemps-lĂ , lâanimal qui tournaillait dans la place, nous avait aperçus, et jâme trouve tout dâun coup face Ă face avec une paire de zâyeux dâflammes, qui remuaient, tenez, pareils Ă des trous dâfeu dans une couverte de laine ; câĂ©tait pas des yeux dâours, câest mouĂ© qui vous lâdis. Le vâlĂ qui sâmet Ă grogner, pis Ă rire, pis Ă brailler, pis Ă sârouler suâlâdos, Ă planter lâchĂȘne, Ă swingner qui timbe dans son jack. Iâ achevait pus dâculbuter, lâmaudit. DĂ©barque donc, vĂ©reux dâchien, que jâdis Ă BoulĂ©. Mais iâĂ©tait collĂ© au bed, iâ tremblait comme une feuille avec pus une coppe de coeur⊠Vous pensez quâjâĂ©tais pas gros, mouĂ© non plus, avec câte gibier dans câte noirceur dâenfer⊠Jâavais les cheveux dret suâ la tĂȘte ; lâeau mâcoulait dans lâdos et mĂȘme que jâme tenais la gueule pour empĂȘcher mes dents dâfaire du train⊠à la fin, yâa un sacrĂ© boute, que jâdis. Jâgriffe mon fusil et jâvise lâanimal dans ses yeux de feu Vâlan ! Lâcoup part pas⊠Ah ben, ça y est, câest lâiable qui nous a ensorcelĂ©s. Mais avant dâme laisser emporter tout rond par le gripet, jâvoulais au moins essayer lâautâcoup, et pour pas lâmanquer, jâattends que lâanimal arrive au ras mouĂ©. Comme si iâavait divinĂ© mon idĂ©e, le vâlĂ qui arrive aussitĂŽt⊠Ah ! mon blasphĂšme ! que jâdis, puisque tâen veux, poigne-le. Et, mes vieux, câcoup-lĂ partit en faisant un Ă©clair qui mâfit voir une bĂȘte effrayante avec un corps dâours, une grande queue et haut su pattes comme un veau. Mais aussitĂŽt lâĂ©clair passĂ©, vâla-t-i pas que jâentends appeler mon nom, oui Jos. NoĂ«l ! Jos. NoĂ«l ! et par une voix que jâconnaissais dâpuis des annĂ©es, par Ti-Toine Tourteau. LĂ , jâvous lâdis, jâai eu peur, un peu croche. Et, ma foi dâgueux ! jâaurais aimĂ© mieux mâvoir entourĂ© dâune gang de chats tigrĂ©s en furie que dâme savoir face Ă face avec câpendard, câvendu au mistigris, câtâĂ©tripeur dâpoules noires, câte chasseur de galeries⊠câte tout câque vous voudrez dâmaudit. On rencontre pas des Ă©glises Ă tous les pas dans lâbois et pis on nâa pas toujours le temps dâfaire ses dĂ©votions all right ; mais jâvous dis que câpendard-lĂ nous escandalisait tous et quâpas un chrĂ©tien voulait y parler sans avoir quĂ©que mĂ©daille bĂ©nite dans lâgousset un sacreur qui faisait lever les poĂȘles⊠câest bien simple, un sorcier qui mĂ©ritait dâĂȘtre cruxifiĂ© suâ un poteau de tĂ©lĂ©graphe. CâĂ©tait lui, lâpossĂ©dĂ©, qui mâparlait, sĂ»r comme vous ĂȘtes lĂ , avec unâ voix dâmourant â Tu mâas tuĂ©, Jos. NoĂ«l, tu mâas tuĂ©, mon Dieu, mon Dieu. â Pardon⊠â Hein, câtây touĂ©, Ti-Toine, câtây touĂ© ? quâ jây criais quasiment plus mort que lui. Mais lĂšve-toi donc, animal, es-tu mort ?⊠BatĂšme ! rĂ©pond donc ; as-tu envie que lâiable mâemporte avec touĂ© ? Iâ continuait Ă sâlamenter â Jâvas mourir, jâvas mourir. â Torrieux dâsarpent, veux-tu mâfaire mourir de peur ? RĂ©ponds donc une bonne fois. Câtây touĂ©, Ti- Toine Tourteau ? â Oui,⊠oui,⊠tu mâas tuĂ©,⊠jâvas mourir. â Ous tu dâviens ?⊠Iâ rĂ©pondait pus, mais jâlâentendais qui gigotait comme un croxignole dans la graisse bouillante. Jâai pâtâ-ĂȘtre ben rĂȘvĂ©, que jâme dis, en fin dâcompte ; lâgars est pâtâĂȘtre ben malade ; ça sâpeut ben que jâme trouve chez lui⊠Quoi penser dans un ravau pareil ? Jâessaye dâallumer une allumette, mais iâsâcassaient Ă mesure que jâles frottais suâ lâmur. Ah ben, yâa des sacrĂ©es imites, que jâdis. Jâsaute en vas du lite pour voir si câĂ©tait du lard ou du cochon, mais vâlĂ que jâtimbe suâ un corps Ă©tendu contâ la cambuse. Des grands doigts fretes comme dâla glace mâattrapent le poignet et me mettent la main dans une mare chaude et collante comme du sang. â Tu mâas tuĂ©, soupirait-il encore, tu mâas tué⊠Fallait inque mâĂ©gratigner⊠une goutte de sang. Ah ! sainte bĂ©nite ! jâme rappelle tout dâun coup quâon dĂ©livre les loups-garous en les grafignant, en leur faisant sortir une goutte de sang, et jây dâmande ben vite â Tâes-tu loup-garou ? IârĂ©pĂ©tait â Tu mâas trop fait mal, tu mâas tué⊠oui, jâsus loup-garou⊠Câest tout câque jâai entendu parce que je revins Ă mouĂ© inque le sourlendemain, ou plutĂŽt le lendemain, puisque câravau-lĂ sâĂ©tait passĂ© lâmercredi des Cendres. Depuis sept ans que câpendard de Tourteau faisait pas ses pĂąques, iâavait virĂ© en loup-garou Ă la premiĂšre heure du huitiĂšme carĂȘme qui iâallait encore commencer comme un chien. Câest lâmatin du jeudi quâjâai Ă©tĂ© trouvĂ© Ă la porte du chanquier par Tanascon qui sâvante encore dâmâavoir sauvĂ© la vie, parce que câjour-lĂ iâ mâa volĂ© mon chevreux pis mon ours⊠â Et Ti-Toine Tourteau ? demandĂąmes-nous sans rire Ă Jos. NoĂ«l qui ne parlait plus. â On lâa jamais râvu. â Et le chantier en question, il doit ĂȘtre fort intĂ©ressant Ă visiter⊠â Pour ça, yâa pas dâtrouble, vous lâvoirez point. La premiĂšre chose que jâai faite a Ă©tĂ© dây mettre une allumette qui a pris celle-lĂ , jâen rĂ©ponds⊠Voyant que nous nâallions pas rĂ©ussir Ă dĂ©cider notre guide, nous fĂźmes le sacrifice de notre nuit en forĂȘt, dĂ©dommagĂ©s dâailleurs par la narration qui avait dissipĂ© notre lassitude. Et Jos. NoĂ«l, morne encore du souvenir Ă©voquĂ©, recoiffa son canot et reprit le portage qui fut franchi dâune haleine, dans le silence de la veillĂ©e fraĂźchissante que nous nous gardions aussi de troubler, les oreilles Ă la confidence des oiseaux commençant Ă rĂȘver, les yeux au ciel oĂč fuyaient des petits nuages, comme un troupeau de grands cerfs blancs, poursuivis par les archanges qui leur lançaient des Ă©toiles. Ă lire Ă©galement La vengeance dâune femme Sujets reliĂ©s
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