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NB/ Ce reportage est le fruit d'un long travail d'enquĂȘte sur le quotidien des famille de dĂ©tenus Ă Varces, effectuĂ© au cours de l'annĂ©e dĂ©nonciation de lâĂ©tat dĂ©plorable des prisons a dĂ©passĂ© le stade des discours dâintention. LâEtat est dĂ©sormais condamnĂ©. Comme le 15 juin dernier Ă Rennes. Mais un pan de lâincarcĂ©ration demeure invisible. Indicible. Celui des familles de dĂ©tenus. Plus de 400 000 personnes ont un proche en prison. La maison dâarrĂȘt de Varces, vĂ©tuste et tristement cĂ©lĂšbre pour le meurtre dâun dĂ©tenu abattu depuis lâextĂ©rieur en 2008, est un exemple symbolique des anciennes prisons. Un univers hostile pour maintenir des liens familiaux. PrĂšs de 2400 proches y passent chaque annĂ©e pour dĂ©poser du linge ou leurs rendre devant les portes de la prison de Varces. Le surveillant appelle les familles, non pas par leur nom, mais par celui de la personne dĂ©tenue quâils vont visiter. Sans nom, les parents, frĂšres, enfants et compagnes sont dĂ©jĂ assimilĂ©s Ă leur proche dĂ©tenu. On est libre sans lâĂȘtre. Parce quâil nâa pas de libertĂ© ni de bien-ĂȘtre, je mâinterdis dâen avoir » confie Martine en parlant de son fils. Son prĂ©nom a Ă©tĂ© changĂ©, non pas Ă sa demande, mais Ă celle des responsables de lâassociation qui accueille les familles de dĂ©tenus Arla, Ă 20 mĂštres des murs de la prison. Entrer en prison, câest mettre entre parenthĂšses son identitĂ© pour les dĂ©tenus, comme pour les parloir ou le partage fugace de la dĂ©tention Quand Pierre a vu pour la premiĂšre fois, il y a six mois, son jeune fils entre ces quatre murs, il a cru exploser Je voulais prendre sa place, ou venir avec mon camion pour dĂ©foncer la porte ». RĂ©voltĂ© par le traitement inhumain » des dĂ©tenus, il a contenu ses drĂŽles dâidĂ©es » mais en parle encore avec une boule dans la gorge. Le choc carcĂ©ral » nâest pas rĂ©servĂ© quâaux y a les films, les fantasmes sur la prison. Et puis la rĂ©alitĂ© des conditions dâenfermement dans une prison construite dans les annĂ©es 1970 et aujourdâhui dĂ©labrĂ©e. Une rĂ©alitĂ© que les familles ne peuvent Ă©viter en se rendant au parloir. La saletĂ©. Câest le premier mot qui vient aux familles pour dĂ©crire les dix box de 3mÂČ oĂč elles rencontrent leur proche. Il y a des odeurs dâurine », des crachats », des dĂ©chets » et la peinture est Ă©caillĂ©e » tĂ©moignent plusieurs mĂšres et compagnes de dĂ©tenus. Une porcherie » lance une mĂšre de prĂ©venu qui dit avoir vu des rats se balader sur les toits Ă proximitĂ© du parloir. Mathilde, collĂ©gienne, raconte que ses petits frĂšres et sĆurs ne veulent plus venir tellement câest sale ».Pourtant Patrick Motuelle, Directeur de la maison dâarrĂȘt, assure que les parloirs ont fait lâobjet dâune rĂ©fection totale il y a deux ans par les dĂ©tenus eux-mĂȘmes » et de nouvelles opĂ©rations lâan dernier par des dĂ©tenus en formation ». Un dĂ©tenu est Ă©galement chargĂ© de nettoyer tous les jours les parloirs . Mais avant le mĂ©nage de fin de journĂ©e, les familles ont le temps de dĂ©grader les espaces de parloirs, selon le Directeur. Une opinion que partage Martine Noally, prĂ©sidente du Relais enfant-parent IsĂšre qui accompagne au parloir avec des enfants dont le pĂšre est incarcĂ©rĂ© Cela ne dĂ©range pas les familles de salir. Câest liĂ© au partie du concept de prison, qui nâest pas lĂ pour ĂȘtre belle et propre ».Outre lâodeur et lâaspect des parloirs, le confinement de la cellule y est reproduit. EnfermĂ© entre deux grilles dans des cabines sans aucune aĂ©ration, le confort est approximatif. En aoĂ»t 2009 lâexpert architecte mandatĂ© par le Tribunal administratif de Grenoble mesurait une tempĂ©rature de 31°C, et une humiditĂ© supĂ©rieure Ă la normale. Il y a quelles annĂ©es un rĂ©amĂ©nagement des parloirs avait Ă©tĂ© envisagĂ©. Le projet est restĂ© dans les tiroirs. Mais une nouvelle Ă©tude est en cours, au niveau de la direction interrĂ©gionale des services pĂ©nitentiaires, pour rĂ©habiliter entre autres, les parloirs de minutes de libertĂ© surveillĂ©e A lâintĂ©rieur de la prison, les familles passent plus de temps sans leur proche quâavec lui. 30 minutes minimum dâattente, de passage un Ă un sous le dĂ©tecteur de mĂ©taux et encore dâattente. 30 minutes avec le dĂ©tenu. 30 minutes pour refaire le chemin en sens inverse. Sans compter le temps de trajet. Martine qui vient du Vaucluse mobilise une journĂ©e pour son fils. Mais elle a lâautorisation de le voir pendant une heure, une fois par mois. Dans lâautre maison dâarrĂȘt isĂ©roise de Saint-Quentin Fallavier, similaire en capacitĂ© dâaccueil, les parloirs durent 45 minutes. A Varces, il est matĂ©riellement impossible de faire plus », Ă cause du manque de salles et du choix de rĂ©server les matinĂ©es aux mineurs et dĂ©tenus hospitalisĂ©s », justifie le ne doit passer non plus par le parloir. Sauf des dessins et photos de famille. JusquâĂ peu, mĂȘme les bouteilles dâeau Ă©taient interdites, il fallait en acheter Ă lâintĂ©rieur de la prison. Des clĂ©mentines, quelques bonbons, un bout de gĂąteau passent quand mĂȘme de temps en temps. Des mini transgressions qui peuvent paraĂźtre insignifiantes, mais qui leurs redonnent peut- ĂȘtre un petit gout Ă la vie » admet Maria, mĂšre dâun condamnĂ©. Des actes en apparence anodins mais qui conduisent Ă des suspensions voire suppression de permis de visite relativement frĂ©quentes » surtout si la personne est de mauvaise foi », selon les mots du des parloirs collĂ©s les uns Ă la suite des autres, oĂč chacun peut entendre la conversation du voisin, lâintimitĂ© nâexiste pas. Elle est mĂȘme taboue. Le rĂšglement interdit tout comportement indĂ©cent », mais certains couples le brave. Comme Nadine, dont le mari est en dĂ©tention depuis 12 mois, et qui, dans le jargon carcĂ©ral, est enceinte dâun bĂ©bĂ© parloir ». Pour arracher ces moments dâintimitĂ© il faut savoir ĂȘtre discret », lĂąche-t-elle. Et avoir repĂ©rĂ© les gardiens conciliants qui acceptent de surveiller de loin les famille, un suspect potentiel Selon le Centre de recherche pour lâĂ©tude des conditions de vie CrĂ©doc auprĂšs de 227 familles 3, 85% dâentre elles se rendent autant quâelles le peuvent au parloir. Mais elles doivent patienter plusieurs semaines voire plusieurs mois avant dâen obtenir lâautorisation. En juillet 2009, le compagnon de Julie est condamnĂ© Ă une courte peine. Ils vivaient ensemble mais nâĂ©taient pas mariĂ©s. Trois mois plus tard, le Directeur de la prison lui dĂ©livre son permis de visite. Parce quâaux yeux de lâadministration, ils ne sont pas suffisamment la police enquĂȘte sur le demandeur de permis. Une enquĂȘte administrative rapide, qui consiste Ă vĂ©rifier si la personne est connue des services de police, mais qui est loin dâĂȘtre une prioritĂ©, de lâaveu mĂȘme de Philippe Malbeck, chef dâĂ©tat major de la police de quand le dĂ©tenu est encore prĂ©venu donc sous le contrĂŽle du juge dâinstruction, la famille peut se trouver sans nouvelle directe de son proche pendant de longues semaines. Bruno Lafay, Chef du Service pĂ©nitentiaire dâinsertion et de probation Spip observe quâil peut se passer un mois entre le moment ou le prĂ©venu envoie un courrier et le moment oĂč il est reçu »4 par sa famille. Alors que ce sont les premiĂšres semaines de lâincarcĂ©ration les plus rudes. Le secret de la correspondance nâexiste pas. Il passe soit pas le juge dâinstruction, soit par lâadministration pĂ©nitentiaire. Seulement depuis dĂ©cembre 2009, les dĂ©tenus ont accĂšs au tĂ©lĂ©phone. Mais la loi autorise seulement les condamnĂ©s Ă sâen servir. Pas les prĂ©venus, qui attendent leur fois le sĂ©same du permis de visite obtenu, il faudra encore rĂ©ussir Ă rĂ©server un parloir. Appeler lâunique surveillant chargĂ© des rĂ©servations entre 8h30 et 9h30. Dâautant plus que les badges, pour rĂ©server les parloirs Ă travers une borne magnĂ©tique installĂ©e Ă en face de la prison, fonctionnent de maniĂšre alĂ©atoire. Mais la solution technique est en marche » affirme Patrick Motuelle, le Directeur de la maison dâarrĂȘt, sans prĂ©ciser de date. La surpopulation de la prison complique aussi les rĂ©servations de parloirs. En moyenne 300 personnes voire 350 Ă certaines pĂ©riodes de lâannĂ©e sont incarcĂ©rĂ©es dans cet Ă©tablissement de 233 places. Alors quâen thĂ©orie les maisons dâarrĂȘts ont Ă©tĂ© conçues pour les personnes en attente de jugement, deux tiers sont des condamnĂ©s. Et comme ces derniers nâont droit quâĂ deux visites par semaine, la file dâattente pour les parloirs sâallonge. famille, une assistante sociale bisCâest la premiĂšre fois que Françoise est confrontĂ©e Ă la prison. Dans le flou carcĂ©ral, elle bataille seule », sans lâaide de ses autres enfants et trĂšs peu du service social de la maison dâarrĂȘt. Jâai envoyĂ© ma demande de permis de visite Ă lâadresse de la cellule mon fils », alors quâil fallait lâadresser au Directeur. Lâassistante sociale ne mâavait rien dit », justifie- t-elle. A cinq conseillers dâinsertion et de probation pour 300 dĂ©tenus, ils nâont pas toujours le temps dâexpliquer chaque dĂ©marche en dĂ©tail. A dĂ©faut, les familles se renseignent auprĂšs des bĂ©nĂ©voles de lâArla, des personnes gĂ©niales et trĂšs disponibles ». Si le maintien des liens familiaux » fait partie des missions du Service pĂ©nitentiaire dâinsertion et de probation SPIP, Bruno Lafay prĂ©cise que leur travail se situe avant tout auprĂšs des condamnĂ©s, sur leurs projets dâamĂ©nagement de peines et activitĂ©s en dĂ©tention ». Pas le temps donc de recevoir les familles. Seulement de les appeler les premiers jours de lâincarcĂ©ration de leur le code de procĂ©dure pĂ©nale, le Spip doit favoriser la rĂ©insertion sociale du dĂ©tenu ». Mais il ne lâaide pas directement dans ses projets de rĂ©insertion professionnelle future. Le Spip renvoie les dĂ©tenus par exemple vers lâAssociation rĂ©gionale pour lâinsertion Arepi, le Pole Emploi et les foyers dâhĂ©bergements ». Des organismes qui interviennent une fois que le dĂ©tenu est sorti ou quand il sait avec certitude quâil va sortir. LâArepi suit une trentaine dâex-dĂ©tenus de Varces et tient une permanence une fois par mois Ă la maison dâarrĂȘt. Une permanence qui sert essentiellement les aider dans leurs dĂ©marches administratives dossiers Caf et RSA.Beaucoup de familles sâinvestissent alors dans la recherche active de promesse dâembauche, qui peut peser en faveur dâun amĂ©nagement de peine. Comme cette compagne de condamnĂ© arrivĂ© Ă mi- peine, qui toutes les semaines Ă©crit des lettres de motivations, trouve les adresses dâentreprises, appelle la mission locale », alors quâelle travaille et poursuit des Ă©tudes en mĂȘme temps. Des efforts redoublĂ©s par le sentiment quâĂ lâintĂ©rieur ils ne font rien pour eux ». Comme tenu du nombre de dĂ©tenus, les travailleurs sociaux fonctionnent sur un systĂšme de demandes dâentretiens. Si le dĂ©tenu nâest pas demandeur, il y a de fortes chances pour quâil ne soit pas vu », regrette Bruno dĂ©tenus nourris, blanchisâŠpar leur famille LogĂ©s dans des cellules de 9mÂČ, les dĂ©tenus sont Ă la charge de leur famille. La prison leur fournit le minimum. La location du frigo et de la tĂ©lĂ©vision leurs coĂ»te 24 euros par mois. Avec seulement quatre machines Ă laver dans la prison pour 300 dĂ©tenus, ce sont les familles qui se chargent de la lessive de leur proche. En plus de ce service, 70% des familles envoient plus de 76 euros par mois Ă leur proche incarcĂ©rĂ© en maison dâarrĂȘt CrĂ©doc. En comptant les frais dâavocats et le coĂ»t des trajets, les familles dĂ©pensent en moyenne 200 euros par mois pour la personne incarcĂ©rĂ©e. Maria, avec un SMIC et un loyer Ă 600euros se prive dĂ©jĂ pour lâaider ». Alors lâinterdiction dâapporter des CD et DVD dĂ©jĂ utilisĂ©s la dĂ©passe. Ils doivent ĂȘtre neufs, dans leur emballage dâorigine. A noĂ«l, les familles ont le droit dâenvoyer un colis. 5kg maximum. Tous les aliments doivent ĂȘtre cuits et les papillotes dĂ©ballĂ©es. Mais rien pour PĂąques, la fĂȘte des pĂšres. DĂ©jĂ quâils perdent leurs repĂšres, ils perdent en plus le goĂ»t ».En lâabsence du dĂ©tenu, certaines familles doivent aussi gĂ©rer le logement vacant et ses factures. Le fils de Françoise est entrĂ© en dĂ©cembre dernier Ă Varces, mais les loyers ont continuĂ© dâĂȘtre dĂ©bitĂ©s automatiquement de son compte et il sâest retrouvĂ© interdit bancaire. Françoise a dĂ» rembourser ses frais de banque et arpenter les mĂ©andres de lâadministration pour obtenir une procuration. Presquâun mois de dĂ©marches et de va-et-vient. Bruno Lafay admet que cet acte relativement simple peut mettre 15 jours, le temps quâil passe par le Spip, le condamnĂ©, le greffe, quâil soit renvoyĂ© Ă la banque et enfin retournĂ© Ă la prison ».Lâimpossible Ă©vasion Toutes les familles ne rendent pas visite Ă leur proche dĂ©tenu. Certaines avaient jurĂ©es quâelle ne mettrait pas les pieds dans la prison, que ça lui servirait de leçon ». Mais rapidement elles sâinquiĂštent, se sentent coupables de le laisser tout seul lĂ -bas ». Une mĂšre et sa fille, assises dans le local de lâArla, plaisantent on est habituĂ©es, tous nos frĂšres sont passĂ©s par lĂ ! » mais sâempressent de rajouter nous sommes plus enfermĂ©es quâeux qui sont derriĂšre les barreaux . » Une maniĂšre de dire que contrairement aux idĂ©es reçues et malgrĂ© les obstacles, la rupture des liens familiaux est plus difficile que son maintien. Pour Maria, câest une question de survie mĂȘme quand il ne va pas bien, il vient [au parloir]. Je le maintiens en vie ».Une sĆur de condamnĂ© ne part plus en vacances , pour ĂȘtre lĂ dĂšs quâil se passe quelque chose. » On est constamment sur le pied de guerre », dit-elle. Le 24 dĂ©cembre 2009 et le 12 janvier 2010, deux dĂ©tenus sont dĂ©cĂ©dĂ©s dans leur cellule. Lâun sâest pendu Ă son radiateur et lâautre est mort par asphyxie, mais lâorigine de lâincendie demeure obscure pour la famille et son avocat. Deux faits qui tĂ©moignent de lâinsĂ©curitĂ© de la maison dâarrĂȘt de Varces et renforcent lâinquiĂ©tude des familles. Pierre, qui a quittĂ© son travail en Italie pour se rapprocher de Grenoble, ne vit pas Ă cause de tout ce qui se passe dans les prisons ». Deux fois son fils nâest pas venu Ă son rendez-vous de parloir, parce quâil Ă©tait en promenade selon le gardien ». La semaine suivante son fils lui explique que le surveillant lui aurait assurĂ© quâil nâavait pas parloir. Impossible de dĂ©mĂȘler le vrai du faux, mais cette opacitĂ© carcĂ©rale nâaide pas Ă trouver le sommeil. PrĂšs dâune personne sur deux, rencontrĂ©es par le CrĂ©doc en 2000, Ă©prouve des troubles de la fatigue et de lâ familles en voie de considĂ©ration Dix ans aprĂšs le rapport du SĂ©nat sur les prisons françaises, qualifiĂ©es dâhumiliation pour la RĂ©publique », le pouvoir politique et lâadministration pĂ©nitentiaire ont reconnu lâimportance du maintien des liens familiaux, avec notamment la crĂ©ation dâUnitĂ© de Vie Familiales UVF. Il en existe dans 10 Ă©tablissements, 17 dâici mi-2012. Sur un total de 203 Ă©tablissements pĂ©nitentiaires. Les UVF ne concernent pas les maisons dâarrĂȘts comme Varces, oĂč les dĂ©tenus ne sont pas censĂ©s rester plus dâun an. Mais câest grĂące Ă la pression du Conseil de lâEurope et du comitĂ© europĂ©en pour la prĂ©vention de la torture CPT que lâEtat français sâest dĂ©cidĂ© Ă autoriser le tĂ©lĂ©phone dans les maisons dâarrĂȘts. Les dĂ©cisions de transferts des dĂ©tenus par lâadministration, tiennent Ă©galement plus compte de lâĂ©loignement de la famille, et surtout peuvent ĂȘtre contestĂ©es devant les la loi prĂ©voit toujours que les familles ne doivent ĂȘtre prĂ©venues quâune fois leur proche transfĂ©rĂ©âŠAu risque quâelles viennent Ă la prison pour rien et en dĂ©pit des recommandations europĂ©ennes. Les nouvelles prisons des annĂ©es 2000 se voulaient novatrices en construisant des locaux dĂ©diĂ©s aux familles. A la maison dâarrĂȘt de Corbas Lyon, qui a ouvert en mai 2003, la maison des familles est sous surveillance vidĂ©o et contrĂŽlĂ©e depuis la prison. Une maniĂšre de leur faire une place au sein de la prison. En les assimilant aux les familles ne sont plus complĂštement ignorĂ©es, leur quotidien reste intimement mĂȘlĂ© Ă la dĂ©tention de leur proche. Pour Martine tout tourne autour de [son] fils. Constamment avec lui par la pensĂ©e, je vis la prison avec lui. » Partager la peine, une forme de rĂ©sistance sourde et quotidienne Ă lâenfermement de son proche. Pas au sien.
Avisité ce lieu plus de 5 fois. Personnel trÚs accueillant, les voisins sont aimables et la bouffe divine. A recommander ! Minimal Nano Septembre 21, 2013. Insalubres laid d'une autre époque honte de la république un établissement comme les autres à raser et reconstruire . 2 Photos. Recherches connexes. maison d'arret de fresnes fresnes ⹠maison d'arret de fresnes fresnes
Surpopulation cĂŽtĂ© dĂ©tenus, sous-effectifs cĂŽtĂ© surveillants. ProlifĂ©ration de rats et de punaises de lit. Climat de violence. Gestion contestable... Le contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des lieux de privation de libertĂ© dresse - aprĂšs une visite de deux semaine par ses inspecteurs - un tableau trĂšs sombre de la maison d'arrĂȘt des hommes du centre pĂ©nitentiaire de Fresnes Val-de-Marne.Un rĂ©quisitoire en rĂšgle. Une charge particuliĂšrement lourde. Dans une recommandation publiĂ©e en urgence ce mercredi matin au Journal officiel, le contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des lieux de privation de libertĂ© CGLPL Ă©trille les conditions d'hĂ©bergement et la gestion de la maison d'arrĂȘt des hommes du centre pĂ©nitentiaire de Fresnes Val-de-Marne. A l'issue d'une visite de deux semaines en octobre, les douze contrĂŽleurs ont constatĂ© un nombre important de dysfonctionnements graves qui permettent de considĂ©rer que les conditions de vie des personnes dĂ©tenues constituent un traitement inhumain ou dĂ©gradant ». La situation se serait sĂ©rieusement dĂ©tĂ©riorĂ©e depuis la derniĂšre visite en consĂ©quences de la surpopulation. En dix ans, le nombre de dĂ©tenus a progressĂ© de 52 % sans que les locaux vĂ©tustes ne soient en mesure d'absorber cette progression. Le taux d'occupation moyen de la maison d'arrĂȘt des hommes est donc de 188%, avec des disparitĂ©s selon les secteurs dans sa rĂ©ponse, le ministĂšre de la Justice Ă©voque mĂȘme un taux d'occupation globale de 202 % au 21 novembre dernier. Les conditions d'encellulement se trouvent dĂšs lors trĂšs dĂ©gradĂ©es », Ă©crit Adeline Hazan, la contrĂŽleure gĂ©nĂ©rale. Alors que la loi pĂ©nitentaire de 2009 avait gravĂ© dans le marbre le principe de l'encellulement individuel dont l'application a Ă©tĂ© plusieurs fois repoussĂ©e depuis, seuls 13% des dĂ©tenus de Fresnes en bĂ©nĂ©ficient. Au contraire, 56% des prisonniers doivent cohabiter dans un espace habitable d'environ 6 m2. Les toilettes, qui ne sont pas totalement isolĂ©es du reste de la piĂšce, le dĂ©labrement de l'immobilier et l'hygiĂšne dĂ©plorable rendent le confinement plus intolĂ©rable encore », insiste le CGLPL enjoint donc l'administration Ă prendre des mesures, en commençant par la suppression immĂ©diate » des encellulements Ă trois. Dans sa rĂ©ponse Ă©crite rĂ©digĂ©e hier, le Garde des Sceaux met de son cĂŽtĂ© en avant les efforts consentis pour le remplacement du mobilier, l'acquisition de nettoyeurs Ă haute pression ou la rĂ©novation des parloirs. Le ministre admet que, compte tenu du taux de suroccupation de l'Ă©tablissement, les cours de promenade sont effectivement devenues exiguĂ«s » mais rappelle ses rĂ©cents engagements pour lutter contre la surpopulation carcĂ©rale par la construction de nouvelles cellule surpeuplĂ©e Ă la prison de Fresnes J-C Hanche pour le CGLPL. L'invasion des rats. C'est l'autre surpopulation Ă Fresnes celle des rongeurs. Un dĂ©sagrĂ©ment aussi bien pour les prisonniers que pour le personnel. Les rats Ă©voluent en masse au pied des bĂątiments, dans les cours de promenade et aux abords des bĂątiments tout au long de la journĂ©e ... L'odeur persistante de leur pelage, de leurs excrĂ©ments et de leurs cadavres, s'ajoute Ă celle des amas d'ordures qui jonchent le pied des bĂątiments ... Il arrive que l'on voie l'urine des rats s'Ă©couler de faux plafonds », dĂ©nonce le compte-rendu de visite des contrĂŽleurs qui raconte que les dĂ©tenus se sont adaptĂ©s » Ă cette cohabitation, en ne s'asseyant plus au sol dans les cours de promenade par situation a des consĂ©quences sanitaires deux cas graves de leptospirose NDLR une maladie bactĂ©rienne qui peut conduire Ă l'insuffisance rĂ©nale ont Ă©tĂ© signalĂ©s. L'Ă©tablissement est Ă©galement infestĂ© par les punaises de lit. Le 3 octobre dernier, saisi par l'observatoire international des prisons OIP, le tribunal administratif de Melun Seine-et-Marne a enjoint l'administration pĂ©nitentiaire Ă prendre des mesures dans les meilleurs dĂ©lais » pour lutter contre cette prolifĂ©ration. La direction de l'Ă©tablissement avait Ă©chappĂ© au carton rouge en arguant des mesures prises pour enrayer ce flĂ©au. Des efforts dont le CGLPL doute pourtant de l'efficacitĂ©. Les mesures prĂ©vues par l'administration ne semblent pas ĂȘtre d'une portĂ©e trĂšs diffĂ©rente de celles qui ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© prises en vain », tacle la haute autoritĂ© qui demande sans attendre des mesures de dĂ©ratisation et de dĂ©sinsectisation d'une ampleur adaptĂ©e Ă la situation, avec obligation de rĂ©sultat ».Jean-Jacques Urvoas prĂ©cise que, depuis la dĂ©cision du tribunal administratif de Melun, un nouveau prestataire a Ă©tĂ© sollicitĂ© pour procĂ©dĂ©r Ă une campagne exceptionnelle de dĂ©ratisation. Mais le ministre rappelle que la principale cause de l'invasion des rongeurs est le jet de dĂ©tritus par les dĂ©tenus. Afin d'y remĂ©dier, aprĂšs consultation d'un comitĂ© restreint de prisonniers, la composition des repas devrait ĂȘtre rats pullulent Ă l'intĂ©rieur de la prison J-C Hanche pour le CGLPLUn manque de personnel adaptĂ©. Toutes les catĂ©gories de personnel sont en sous-effectifs, avance le contrĂŽleur. La situation est notamment problĂ©matique au niveau de l'encadrement. Le contrĂŽleur s'inquiĂšte en outre du manque d'expĂ©rience de la majoritĂ© des surveillants, de trĂšs nombreux stagiaires Ă©tant en poste dans l'Ă©tablissement. Le rapport souligne nĂ©anmoins le travail effrĂ©nĂ© des surveillants soumis Ă une pression constante » et rappelle que les conditions de travail ne leur permettent pas d'effectuer leurs tĂąches correctement. Une situation dont pĂątissent Ă©galement les dĂ©tenus qui ne peuvent pas jouir correctement de leurs droits fondamentaux soins, travail, maintien des liens familiaux, enseignement....Selon le ministĂšre de la Justice, le dĂ©ficit de personnel est moins alarmant que dĂ©noncĂ© par le CGLPLUn climat de violence. C'est l'un des passages les plus acerbes du rapport. Adeline Hazan n'hĂ©site pas Ă faire porter une partie des dysfonctionnements de l'Ă©tablissement au poids insuffisant de la direction ». Et vise notamment la politique disciplinaire Autrefois objective et ferme, elle est devenue illisible et brutale », fustige le compte-rendu de visite. Les contĂŽleurs ont ainsi reçu plusieurs tĂ©moignages, Ă©manant aussi bien de dĂ©tenus que de professionnels, faisant Ă©tat d'un usage banalisĂ© et immĂ©diat de la force sans que la nĂ©cessitĂ© de son utilisation soit toujours avĂ©rĂ©e et sans que des mesures tendant Ă l'Ă©viter aient Ă©tĂ© prises prĂ©alablement ». En clair, en cas d'incident, le recours Ă la coercition serait systĂ©matique et surtout pas des entretiens confidentiels, plus de 10% des dĂ©tenus entendus ont dĂ©noncĂ© des actes de violence de la part du personnel. Le document Ă©voque Ă©galement l'augmentation des violences entre dĂ©tenus mais fait l'impasse sur les agressions de surveillants. Le recours excessif aux fouilles Ă corps est Ă©galement critiquĂ©. Le CGLPL Ă©voque dĂšs lors le climat de violence qui imprĂšgne l'Ă©tablissement ».Dans sa rĂ©ponse, Jean-Jacques Urvoas prĂ©fĂšre mettre l'accent sur les violences commises Ă l'encontre du personnel, en stagnation depuis 2012 et en lĂ©gĂšre baisse depuis le dĂ©but de l'annĂ©e. Il invoque en outre la baisse des actes commis entre dĂ©tenus. Si certains agissements, non reprĂ©sentatifs d'ailleurs du dĂ©vouement quotidien des personnels, s'avĂ©raient relever des mesures disciplinaires, je peux vous assurer que la rĂ©ponse de l'institution serait dĂ©terminĂ©e », conclut le Garde des Sceaux.
LeCGLPL avait rĂ©alisĂ© une deuxiĂšme visite de la maison dâarrĂȘt des homme du centre pĂ©nitentiaire de Fresnes du 3 au 14 octobre 2016. Au regard des constats effectuĂ©s sur place, la ContrĂŽleure gĂ©nĂ©rale avait considĂ©rĂ© Ă©tablie une violation grave des droits fondamentaux des personnes incarcĂ©rĂ©es et publiĂ© au Journal Officiel du 18 novembre 2016 des
Photo de la prison de Fresnes Val-de-Marne prise le 25 novembre 2020 - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFPLa nuit, dans la maison d'arrĂȘt de Fresnes, chaque division, environ 600 prisonniers, est confiĂ©e Ă huit surveillants. Les syndicats dĂ©noncent notamment un problĂšme d' directeur de la maison d'arrĂȘt de Fresnes a assurĂ© lundi Ă la sĂ©natrice Esther Benbassa, qui visitait son Ă©tablissement, avoir rappelĂ© ses surveillants Ă la "rigueur" pendant leurs contrĂŽles, aprĂšs la mort de deux dĂ©tenus en moins d'un premier dĂ©tenu, ThĂ©o, ĂągĂ© de 28 ans, avait Ă©tĂ© retrouvĂ© mort le 11 janvier dans sa cellule de la prison du Val-de-Marne et un autre, SĂ©bastien, 24 ans, l'a Ă©tĂ© le 5 fĂ©vrier. Si les causes de la mort du premier restent mystĂ©rieuses, le second se serait apparemment suicidĂ©."Il n'Ă©tait pas identifiĂ© comme suicidaire"Ces dĂ©cĂšs, qui font toujours l'objet d'enquĂȘtes, ont suscitĂ© une visite de l'Ă©lue, ex-EELV, de Paris dans cette prison construite Ă la fin du XIXe siĂšcle et connue pour sa une source pĂ©nitentiaire, SĂ©bastien "avait Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ© quatre fois pour violences, notamment intrafamiliales. Il Ă©tait libĂ©rable en juin et venait de reprendre une nouvelle peine de trois ans [d'emprisonnement] pour des faits de harcĂšlement commis depuis la dĂ©tention"."Il n'Ă©tait pas identifiĂ© comme suicidaire, il n'avait pas manifestĂ© de vellĂ©itĂ© de passer Ă l'acte", a expliquĂ© devant la cellule, recouverte de scellĂ©s rouges, un surveillant Ă Esther sĂ©natrice avait conviĂ© la presse Ă sa visite mais Ă©tait la seule habilitĂ©e Ă poser des questions aux agents et aux la section oĂč se trouvait SĂ©bastien, deux rondes sont organisĂ©es la nuit une vers 20h, l'autre vers 7h. C'est donc pendant ce laps de temps que le dĂ©tenu est apparemment passĂ© Ă l'acte. Il avait obstruĂ© l'oeilleton de sa cellule, qui permet aux surveillants de vĂ©rifier ce qui se passe dans la cellule."Il nous manque des agents"Dans l'Ă©tablissement, la nuit, chaque division,environ 600 prisonniers, est confiĂ©e Ă huit surveillants."Malheureusement, en service de nuit on ne peut pas ĂȘtre en permanence derriĂšre chaque porte. On a une population qui a le temps d'observer nos pratiques et de connaĂźtre nos rondes. Ils savent quand on va passer", avance Jean-Christophe Petit, reprĂ©sentant local du syndicat Ufap-Unsa Justice."Les agents font leur contrĂŽle correctement, certains le font de maniĂšre un peu superficielle, mais c'est une minoritĂ©", a rassurĂ© Jimmy Delliste, le directeur de l'Ă©tablissement, qui a organisĂ© la semaine derniĂšre une rĂ©union avec ses agents. "La prĂ©vention du suicide, c'est une chose sur laquelle on travaille depuis des annĂ©es", a-t-il ajoutĂ©."Nous avons de plus en plus de personnes Ă©crouĂ©es qui, de notre point de vue, souffrent de troubles psychiatriques ou de troubles du comportement. Ce n'est pas la faute des psychiatres, ils sont peu nombreux", a Ă©galement expliquĂ© M. syndicats dĂ©noncent eux un problĂšme d'effectifs "on rappelle les gens sur leur temps de repos pour venir travailler, il nous manque des agents", dit CĂ©dric Boyer, dĂ©lĂ©guĂ© FO Fresnes, deuxiĂšme plus grosse prison de France, quatre dĂ©tenus se sont ĂŽtĂ© la vie en 2021. InterrogĂ© sur la mort de SĂ©bastien, un de ses voisins de cellule a simplement dĂ©clarĂ© Ă la sĂ©natrice "tout le monde Ă©tait gentil avec lui, il voulait peut-ĂȘtre partir. C'est la prison, c'est normal".
Pourdemander un permis de visite afin de pouvoir voir un dĂ©tenu Ă un parloir de prison, vous devez remplir ce formulaire tĂ©lĂ©chargeable en ligne (formulaire cerfa 13960). Ce document doit ĂȘtre adressĂ© soit au chef d'Ă©tablissement (personne condamnĂ©e), soit Ă un juge (personne en dĂ©tention provisoire ).
Ledirecteur de la maison dâarrĂȘt de Fresnes a assurĂ© lundi Ă la sĂ©natrice Esther Benbassa, qui visitait son Ă©tablissement, avoir rappelĂ© ses surveillants Ă la « rigueur » pendant leurs contrĂŽles, aprĂšs la mort de deux dĂ©tenus en moins dâun mois. Un premier dĂ©tenu, ThĂ©o, ĂągĂ© de 28 ans, avait Ă©tĂ© retrouvĂ© mort le 11 janvier dans sa cellule de la prison du Val-de-Marne et
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